
2 mandats — 70 promesses analysées au total
Emmanuel Macron (LREM / Renaissance) a exercé la présidence de la République depuis le 14 mai 2017. Sur 70 promesses recensées et classées selon la grille publique de Mémoires de France : 21 tenues, 27 partiellement tenues, 19 non tenues, 2 inversées et 1 dépassée. Ce décompte est mécanique : il applique une grille de classement publiée, il ne constitue ni une note ni un jugement de valeur.
Macron, ancien ministre de l'Économie de Hollande, crée son propre mouvement En Marche! et remporte l'élection à 39 ans, devenant le plus jeune président de la Ve République. Il bouleverse le clivage gauche-droite traditionnel, éliminant les deux grands partis historiques dès le premier tour.
Promesses publiées dans PromesseElection.promesses pour l'élection 2017, incluses selon la grille v1.0.0.
100% des promesses incluses portent au moins une source.
Transformer l'ISF en Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), exonérant le capital mobilier et financier
L'ISF a été remplacé par l'IFI au 1er janvier 2018 via la loi de finances 2018. Le capital mobilier (actions, assurances-vie, etc.) est désormais exonéré, seul le patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 million d'euros reste taxé. Mesure emblématique du quinquennat, vivement critiquée à gauche comme un 'cadeau aux riches', défendue par le gouvernement comme un levier d'attractivité et d'investissement productif. Le comité d'évaluation France Stratégie a constaté un effet limité sur l'investissement productif mais un retour partiel d'exilés fiscaux.
Instaurer un prélèvement forfaitaire unique (flat tax) de 30 % sur les revenus du capital
Le PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) de 30 % a été instauré par la loi de finances 2018, regroupant 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Il s'applique aux dividendes, intérêts, plus-values mobilières. Cette mesure a simplifié la fiscalité du capital et aligné la France sur les pratiques européennes. Les contribuables conservent l'option de l'imposition au barème progressif si plus favorable. Critiquée comme favorisant les hauts revenus du capital, elle est défendue comme un outil d'attractivité financière.
Transformer le CICE en baisse pérenne de charges patronales
Le CICE (Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi), dispositif temporaire créé sous Hollande, a été transformé au 1er janvier 2019 en une réduction pérenne de cotisations patronales de 6 points sur les salaires jusqu'à 2,5 SMIC. La transition a engendré un 'double coût' budgétaire en 2019 (coexistence du dernier CICE et des nouvelles baisses de charges) estimé à environ 20 milliards d'euros. La mesure a été saluée par le patronat pour sa lisibilité et sa pérennité.
Réformer le Code du travail par ordonnances pour assouplir le dialogue social et sécuriser les relations de travail
Les cinq ordonnances Travail ont été publiées le 22 septembre 2017, dès les premiers mois du quinquennat. Elles ont fusionné les instances représentatives du personnel en un Comité Social et Économique (CSE), élargi les possibilités de négociation d'entreprise (primauté de l'accord d'entreprise sur l'accord de branche dans de nombreux domaines), plafonné les indemnités prud'homales, et facilité les licenciements économiques. La réforme a été contestée par les syndicats (CGT, FO) mais soutenue par le MEDEF. Son impact sur l'emploi reste débattu.
Réformer l'assurance chômage pour l'ouvrir aux indépendants et démissionnaires sous conditions
La réforme de l'assurance chômage a été menée en deux temps. La loi Avenir professionnel de 2018 a ouvert des droits aux démissionnaires ayant un projet professionnel (après 5 ans d'activité) et aux travailleurs indépendants (allocation forfaitaire de 800 €/mois pendant 6 mois). Le décret de novembre 2019 a durci les conditions d'accès (6 mois travaillés sur 24 au lieu de 4 sur 28) et introduit la dégressivité pour les hauts revenus. L'application a été reportée plusieurs fois à cause du Covid-19. Les conditions d'ouverture pour les démissionnaires se sont avérées très restrictives dans la pratique.
Mettre en place un système universel de retraite par points, fusionnant les 42 régimes existants
La promesse phare de réforme systémique des retraites n'a pas abouti durant le premier mandat. Le rapport Delevoye, remis en juillet 2019, proposait un système universel par points. Le projet de loi a été présenté en janvier 2020 et adopté en première lecture à l'Assemblée via l'article 49.3 en mars 2020, provoquant d'importantes grèves (décembre 2019 - janvier 2020, paralysie des transports pendant 54 jours). La crise du Covid-19 a conduit à la suspension du texte en mars 2020, et le projet n'a jamais été repris sous cette forme durant le premier quinquennat.
Supprimer la taxe d'habitation pour 80 % des ménages, puis pour tous
La suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales a été réalisée progressivement : dégrèvement de 30 % en 2018, 65 % en 2019, 100 % pour 80 % des foyers en 2020. La suppression totale pour l'ensemble des ménages a été effective en 2023 (initialement prévue pour 2022, légèrement décalée). Le manque à gagner pour les collectivités locales (environ 22 milliards d'euros) a été compensé par le transfert de la part départementale de la taxe foncière aux communes. Mesure populaire mais critiquée pour son coût budgétaire et la perte d'autonomie fiscale des communes.
Dédoubler les classes de CP et CE1 en REP et REP+ (12 élèves par classe)
Le dédoublement des classes a été mené à terme selon le calendrier prévu : CP en REP+ à la rentrée 2017, CP en REP et CE1 en REP+ à la rentrée 2018, CE1 en REP à la rentrée 2019. Environ 300 000 élèves ont été concernés, avec un effectif ramené à environ 12 élèves par classe. Les études d'évaluation (DEPP) ont montré des effets positifs mais modestes sur les apprentissages en français et mathématiques, plus marqués en REP+. La mesure a nécessité le recrutement et le redéploiement de milliers de postes d'enseignants, parfois au détriment d'autres dispositifs (plus de maîtres que de classes).
Créer un Service National Universel (SNU) obligatoire d'un mois pour tous les jeunes de 16 ans
Le SNU a été lancé en phase expérimentale en juin 2019 avec 2 000 volontaires, puis étendu progressivement : 13 000 jeunes en 2020 (réduit par le Covid), puis environ 32 000 en 2021 et 40 000 en 2022. Le dispositif comprend un séjour de cohésion de deux semaines et une mission d'intérêt général. Cependant, il n'a jamais été rendu obligatoire ni généralisé à l'ensemble d'une classe d'âge (environ 800 000 jeunes), restant sur la base du volontariat. Le coût de la généralisation (estimé à 1,5-3 milliards d'euros par an) et les contraintes logistiques ont freiné le déploiement.
Faire de la France le leader de la lutte contre le changement climatique — 'Make our planet great again'
Le slogan lancé en réponse au retrait américain de l'Accord de Paris (juin 2017) a eu un fort impact médiatique international. La France a accueilli le One Planet Summit (décembre 2017) et attiré des chercheurs étrangers. Le Haut Conseil pour le Climat, créé en 2018, a cependant jugé les politiques françaises insuffisantes pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris. La France n'a pas respecté ses budgets carbone et a été condamnée par le Conseil d'État en 2021 pour insuffisance de ses politiques climatiques (affaire Grande-Synthe). L'abandon de la hausse de la taxe carbone après les gilets jaunes a symbolisé les contradictions de cette ambition.
Adopter une loi de moralisation de la vie politique (interdiction emplois familiaux, casier judiciaire, HATVP renforcée)
La loi pour la confiance dans la vie politique a été promulguée le 15 septembre 2017, dès le début du quinquennat (dans le sillage de l'affaire Fillon). Elle interdit les emplois familiaux pour les parlementaires et les ministres, impose un casier judiciaire vierge pour les candidats aux élections (avec vérification par le juge), supprime la réserve parlementaire, encadre les frais de mandat avec un contrôle par un organisme dédié, et renforce les obligations de déclaration auprès de la HATVP. La mesure a été saluée comme une avancée, même si des associations anticorruption (Anticor, Transparency) ont regretté l'absence de mesures plus ambitieuses.
Supprimer 120 000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat (50 000 État, 70 000 collectivités)
Non seulement l'objectif de suppression de 120 000 postes n'a pas été atteint, mais le nombre de fonctionnaires a globalement augmenté pendant le quinquennat. L'objectif a été révisé à la baisse à 50 000 dès 2018, puis abandonné. Le nombre d'agents publics est passé d'environ 5,53 millions en 2017 à 5,67 millions en 2021, en raison notamment des recrutements dans la santé, l'éducation et la sécurité, accélérés par la crise Covid. Cette promesse illustre la difficulté récurrente de réduire l'emploi public en France.
Réduire la dépense publique de 3 points de PIB sur le quinquennat
La dépense publique représentait 56,4 % du PIB en 2017. Loin de baisser de 3 points, elle a explosé en raison de la crise du Covid-19 : 61,3 % en 2020, 59,1 % en 2021. Hors Covid, la trajectoire de maîtrise des dépenses était déjà insuffisante : 54,0 % étaient visés pour 2022, le résultat a été 58,1 %. La dette publique est passée de 98,1 % du PIB en 2017 à 111,6 % en 2022. Le 'quoi qu'il en coûte' de la crise sanitaire a définitivement enterré cette promesse, mais la tendance haussière pré-existait.
Réformer la SNCF : fin du statut des cheminots pour les nouveaux entrants, transformation en société anonyme, ouverture à la concurrence
La réforme ferroviaire a été adoptée en juin 2018 après un conflit social majeur (grèves perlées de mars à juin 2018). La loi a transformé la SNCF en société anonyme à capitaux publics au 1er janvier 2020, mis fin au recrutement au statut de cheminot pour les nouveaux embauchés, repris la dette de SNCF Réseau par l'État (35 milliards d'euros), et préparé l'ouverture à la concurrence du transport de voyageurs (effective progressivement à partir de 2020 pour les TER). La réforme a été menée à terme malgré une forte opposition syndicale.
Lancer un plan pauvreté ambitieux avec la revalorisation de la prime d'activité et la création d'un revenu universel d'activité (RUA)
La Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté a été présentée en septembre 2018 (8,5 milliards d'euros sur 4 ans). La prime d'activité a été revalorisée de 90 euros par mois en janvier 2019 (réponse aux gilets jaunes), entraînant une forte hausse du nombre de bénéficiaires (de 2,6 à 4,1 millions de foyers). En revanche, le Revenu Universel d'Activité (RUA), censé fusionner les minima sociaux, n'a jamais vu le jour malgré une concertation lancée en 2019. Le taux de pauvreté est resté stable autour de 14,6 % sur la période.
Relancer le projet européen avec un budget de la zone euro, une Europe de la défense, et une convergence fiscale et sociale
Le discours de la Sorbonne (septembre 2017) a posé une vision ambitieuse pour l'Europe. Certaines avancées ont été obtenues : création du plan de relance européen NextGenerationEU (750 milliards d'euros, 2020, dans le contexte Covid), lancement du Fonds européen de défense, renforcement du Parquet européen. En revanche, le budget propre de la zone euro n'a pas vu le jour (opposition allemande et néerlandaise), la convergence fiscale européenne reste embryonnaire, et le couple franco-allemand s'est fragilisé après le départ de Merkel. Le bilan est celui d'avancées réelles mais en deçà de l'ambition initiale.
Augmenter progressivement la taxe carbone (composante carbone de la TICPE) jusqu'à 86,20 €/tonne de CO2 en 2022
La trajectoire de hausse de la taxe carbone, héritée du quinquennat Hollande et accélérée par Macron, a provoqué le mouvement des gilets jaunes à l'automne 2018. La taxe carbone était passée de 30,50 €/t en 2017 à 44,60 €/t en 2018, et devait atteindre 55 €/t en 2019, puis 86,20 €/t en 2022. Le gouvernement a gelé la hausse au niveau de 2018 en décembre 2018, puis l'a définitivement abandonnée. La taxe carbone est restée à 44,60 €/tonne jusqu'à la fin du quinquennat. C'est un cas emblématique d'inversion : la mesure a non seulement échoué mais a été explicitement suspendue sous la pression sociale.
Réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50 % d'ici 2025
Cet objectif, inscrit dans la loi de transition énergétique de 2015 et repris par le candidat Macron, a été reporté à 2035 par la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE) publiée en 2020. Le ministre Nicolas Hulot avait lui-même reconnu en novembre 2017 que l'échéance de 2025 était intenable sans recourir massivement aux énergies fossiles. Seuls les deux réacteurs de Fessenheim ont été fermés (juin 2020). Le nucléaire représentait encore environ 69 % de la production d'électricité en 2022. En fin de mandat, Macron a opéré un virage pronucléaire avec l'annonce de la construction de 6 à 14 EPR2 (discours de Belfort, février 2022).
Transformer le système de santé avec le plan 'Ma Santé 2022' : fin du numerus clausus, création de 400 postes de médecins généralistes en zones sous-dotées, virage numérique
Le plan Ma Santé 2022, présenté en septembre 2018, a abouti à la suppression du numerus clausus en première année de médecine (effective rentrée 2020) et à la création du dispositif de Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS). L'Espace Numérique de Santé (Mon Espace Santé) a été lancé en 2022. Cependant, la crise du Covid-19 a monopolisé le système de santé et de nombreuses mesures structurelles ont été retardées ou éclipsées. Les déserts médicaux n'ont pas reculé, le nombre de médecins généralistes a continué de baisser, et l'hôpital public est resté en crise profonde, comme l'a révélé la pandémie.
Augmenter le budget des armées à 2 % du PIB d'ici 2025 conformément aux engagements OTAN
La Loi de Programmation Militaire (LPM) 2019-2025, votée en juillet 2018, prévoyait une remontée progressive du budget de la Défense vers 2 % du PIB en 2025. Le budget est passé de 32,7 milliards d'euros en 2017 à 40,9 milliards en 2022, soit une hausse significative. Cependant, l'objectif de 2 % du PIB n'a pas été atteint durant le premier mandat (1,9 % en 2022) et l'essentiel de la hausse était programmé pour 2023-2025 (trajectoire en 'marches d'escalier'). Le déclenchement de la guerre en Ukraine (février 2022) a validé la nécessité de cet effort mais aussi révélé les insuffisances persistantes des capacités françaises.
Augmenter la CSG de 1,7 point en contrepartie de la suppression des cotisations salariales maladie et chômage
La hausse de la CSG de 1,7 point (de 7,5 % à 9,2 % pour les actifs) est entrée en vigueur le 1er janvier 2018, en échange de la suppression de la cotisation salariale maladie (0,75 %) et de la cotisation salariale chômage (2,4 %, supprimée en deux temps en 2018). Le gain net pour les salariés du privé a été d'environ 1,45 % de salaire brut. En revanche, les retraités imposables ont subi la hausse de CSG sans contrepartie (sauf ceux en dessous du seuil), provoquant un fort mécontentement qui a alimenté la crise des gilets jaunes. Le gouvernement a finalement annulé la hausse de CSG pour les retraités modestes en 2019.
Investir 15 milliards d'euros dans la formation professionnelle et l'apprentissage, réformer le système en profondeur
La loi Avenir professionnel (septembre 2018) a profondément réformé la formation professionnelle et l'apprentissage : création de France Compétences, monétisation du Compte Personnel de Formation (CPF) en euros, application 'Mon Compte Formation', libéralisation de l'ouverture de CFA par les entreprises. L'apprentissage a connu une croissance spectaculaire : de 305 000 contrats en 2017 à 837 000 en 2022, grâce aussi aux aides exceptionnelles de la crise Covid. Le Plan d'Investissement dans les Compétences (PIC) a mobilisé 15 milliards d'euros. Le CPF a cependant été touché par des fraudes massives, entraînant la mise en place d'un reste à charge en 2023.
Construire 40 000 logements par an pour les personnes sans abri et mal logées, politique du 'Logement d'abord'
La stratégie 'Logement d'abord', lancée en septembre 2017, visait à orienter directement les sans-abri vers le logement plutôt que l'hébergement d'urgence. Le plan a permis la création d'environ 200 000 places en logement adapté et en intermédiation locative sur le quinquennat, et le nombre de personnes en hébergement d'urgence a baissé dans les territoires pilotes. Cependant, la production globale de logements sociaux n'a pas atteint les objectifs, la loi ELAN (2018) ayant par ailleurs réduit les obligations des organismes HLM (vente de logements sociaux, regroupement des bailleurs). Le nombre de sans-abri n'a pas diminué significativement au niveau national.
Rendre le prélèvement de l'impôt sur le revenu à la source effectif
Le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu, préparé sous le quinquennat Hollande mais reporté, a été mis en œuvre au 1er janvier 2019. Après des hésitations initiales (Macron avait envisagé un report), la réforme a été menée à terme. Elle a supprimé le décalage d'un an entre la perception des revenus et le paiement de l'impôt, via un prélèvement mensuel par l'employeur. L'année de transition 2019 (avec le CIMR, crédit d'impôt modernisation du recouvrement) s'est déroulée sans heurts majeurs. La réforme est aujourd'hui largement acceptée par les contribuables.
Réformer la politique d'immigration : réduire les délais de traitement des demandes d'asile à 6 mois, reconduire effectivement les déboutés
La loi asile et immigration du 10 septembre 2018 visait à réduire le délai de traitement des demandes d'asile de 14 à 6 mois. Malgré une hausse des moyens de l'OFPRA et de la CNDA, le délai moyen de traitement global est resté autour de 12-14 mois en 2022. Le taux d'exécution des obligations de quitter le territoire français (OQTF) est resté très faible (5,6 % en 2021 selon les chiffres du ministère de l'Intérieur). La loi a été critiquée à la fois par la gauche (durcissement du droit d'asile, réduction des recours) et par la droite (insuffisance des expulsions effectives).
Atteindre le plein emploi avec un taux de chômage à 7 % en fin de quinquennat
Le taux de chômage BIT a baissé de 9,4 % au T1 2017 à 7,3 % au T2 2022, s'approchant de l'objectif de 7 % sans l'atteindre exactement. La baisse s'explique par les réformes du marché du travail, la politique d'apprentissage, la reprise post-Covid et les tensions de recrutement. Cependant, le 'halo du chômage' (personnes découragées, sous-emploi) reste élevé, et la qualité de l'emploi créé est débattue (part des CDD, temps partiel subi). Le taux d'emploi a atteint un niveau historiquement élevé (68,1 % des 15-64 ans), ce qui constitue un résultat objectivement positif.
Lancer un Grand Plan d'Investissement de 57 milliards d'euros sur le quinquennat (transition écologique, compétences, innovation, numérique de l'État)
Le Grand Plan d'Investissement (GPI), confié à Jean Pisani-Ferry, a été lancé fin 2017 avec 57 milliards d'euros répartis sur le quinquennat : 20 milliards pour la transition écologique, 15 milliards pour les compétences (PIC), 13 milliards pour l'innovation et la compétitivité, 9 milliards pour la transformation numérique de l'État. Les crédits ont été effectivement mobilisés, complétés en 2021 par le plan France Relance (100 milliards) et en 2022 par France 2030 (54 milliards). Le cumul des investissements publics a significativement augmenté, bien que la mesure de l'impact réel reste complexe.
Recruter 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires sur le quinquennat
L'objectif de recrutement de 10 000 policiers et gendarmes a été globalement atteint sur le quinquennat, avec environ 8 500 créations nettes de postes dans la police et la gendarmerie entre 2017 et 2022, le solde étant complété par des recrutements contractuels et des réservistes. La police de sécurité du quotidien (PSQ), lancée en février 2018, a été déployée dans 60 quartiers pilotes. Le budget du ministère de l'Intérieur a augmenté de 1,7 milliard d'euros sur le quinquennat. Toutefois, les syndicats policiers ont souligné les problèmes persistants de conditions de travail, de vétusté des équipements et d'augmentation des violences contre les forces de l'ordre.
Réduire d'un tiers le nombre de parlementaires et introduire une dose de proportionnelle aux élections législatives
La réforme constitutionnelle prévoyant la réduction de 30 % du nombre de parlementaires (de 577 à 404 députés, de 348 à 244 sénateurs) et l'introduction de 15 % de proportionnelle a été présentée en Conseil des ministres en mai 2018. L'affaire Benalla (juillet 2018) a interrompu le processus parlementaire, et la réforme n'a jamais été soumise au vote du Congrès. Le projet a été définitivement abandonné. Cette promesse illustre la difficulté structurelle à réformer les institutions quand les parlementaires doivent voter leur propre réduction.
Fermer toutes les centrales à charbon d'ici 2022
Sur les quatre centrales à charbon encore en activité en 2017 (Le Havre, Saint-Avold, Gardanne, Cordemais), seules deux ont été effectivement fermées : Le Havre en mars 2021 et Gardanne en décembre 2020 (après une longue période de mise sous cocon). Les centrales de Saint-Avold (Émile Huchet) et Cordemais ont été maintenues en veille puis réactivées à l'hiver 2022-2023 en raison de la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine et à l'indisponibilité de nombreux réacteurs nucléaires d'EDF. L'objectif n'a donc pas été atteint dans les délais, même si la trajectoire de sortie du charbon reste programmée.
Porter le budget de la culture à 10 milliards d'euros et lancer un 'pass Culture' de 500 euros pour les jeunes de 18 ans
Le pass Culture, initialement promis comme un crédit de 500 euros pour les jeunes de 18 ans, a été expérimenté à partir de 2019 puis généralisé en mai 2021. Il a ensuite été étendu aux jeunes de 15 à 17 ans (part collective via les établissements scolaires) avec un crédit supplémentaire de 20 à 30 euros par an pour les 15-17 ans, plus le crédit de 300 euros à 18 ans (révisé à la baisse par rapport aux 500 euros initiaux). Au total, plus de 2 millions de jeunes en ont bénéficié fin 2022. Le budget du ministère de la Culture a augmenté significativement, renforcé par les plans de soutien Covid. Le dispositif a dépassé le cadre initial en termes de publics touchés, même si le montant individuel a été réduit.
Augmenter le minimum vieillesse (ASPA) de 100 euros par mois et l'allocation adulte handicapé (AAH) de 100 euros par mois
L'Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA, ex-minimum vieillesse) est passée de 803 euros en 2017 à 903 euros par mois en 2020, soit la hausse promise de 100 euros. L'Allocation Adulte Handicapé (AAH) est passée de 810 euros à 903 euros par mois en novembre 2019, là aussi +100 euros conformément à l'engagement. Ces revalorisations, supérieures à l'inflation sur la période, ont bénéficié à environ 3,5 millions de personnes. La mesure a été saluée par les associations tout en notant que ces montants restent sous le seuil de pauvreté.
Interdire le glyphosate en France dans les trois ans
En novembre 2017, Emmanuel Macron a promis sur Twitter que la France interdirait le glyphosate 'au plus tard dans 3 ans' (soit d'ici fin 2020). Cette promesse, formulée après le renouvellement controversé de l'autorisation européenne du glyphosate pour 5 ans, n'a pas été tenue. Aucune interdiction n'a été prononcée, le gouvernement arguant que des alternatives n'étaient pas disponibles pour tous les usages. L'ANSES a retiré certaines formulations mais pas la substance active. L'objectif a été reformulé en 'sortie progressive' sans calendrier contraignant. C'est l'un des renoncements les plus visibles du quinquennat sur le plan environnemental.
Déployer le très haut débit (fibre optique ou équivalent) sur l'ensemble du territoire d'ici 2022
Le plan France Très Haut Débit, hérité du quinquennat précédent et accéléré par Macron, visait à couvrir 100 % du territoire en très haut débit (>30 Mbit/s) d'ici 2022, dont 80 % en fibre optique (FTTH). Fin 2022, la couverture en très haut débit atteignait environ 82 % des locaux en fibre déployable, mais de nombreuses zones rurales restaient non couvertes. Le taux de raccordement effectif était d'environ 60 %. Les objectifs ont été repoussés à 2025. Les déploiements ont été entravés par des problèmes de qualité des raccordements (sous-traitance en cascade) entraînant de nombreuses pannes et la colère des usagers.
Lancer un plan pour l'agriculture et l'alimentation avec des États généraux de l'alimentation (EGA) pour rééquilibrer les relations commerciales agricoles
Les États généraux de l'alimentation, lancés en juillet 2017, ont débouché sur la loi EGAlim (loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire) du 30 octobre 2018. La loi a introduit le relèvement du seuil de revente à perte de 10 %, l'encadrement des promotions, et l'objectif de 50 % de produits durables et 20 % de bio dans la restauration collective publique d'ici 2022. Cependant, les effets sur le revenu agricole ont été jugés décevants par les organisations professionnelles : la grande distribution a contourné certaines dispositions, et le ruissellement des marges vers les producteurs n'a pas eu lieu comme espéré, nécessitant une loi EGAlim 2 en 2021.
Macron est réélu face à Le Pen pour un second mandat, dans un contexte de guerre en Ukraine, de crise énergétique et d'inflation post-Covid. Le score est plus serré qu'en 2017, reflétant une montée du RN et une abstention élevée. Il perd la majorité absolue à l'Assemblée nationale aux législatives de juin 2022.
Promesses publiées dans PromesseElection.promesses pour l'élection 2022, incluses selon la grille v1.0.0.
100% des promesses incluses portent au moins une source.
Reporter l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans
Promesse emblématique du programme 2022, finalement arbitrée à 64 ans (et non 65) dans la loi adoptée par 49.3 en mars 2023. La réforme a provoqué un mouvement social massif de plusieurs mois (manifestations parmi les plus importantes de la Ve République). Le recours au 49.3 et la motion de censure rejetée à 9 voix près ont durablement fracturé la relation entre l'exécutif et l'opinion. La réforme est entrée en vigueur le 1er septembre 2023, mais son abrogation reste une revendication de la gauche et du RN. En mars 2026, le gouvernement Bayrou négocie une 'clause de revoyure' avec les partenaires sociaux.
Atteindre le plein emploi avec un taux de chômage autour de 5 %
Le taux de chômage au sens du BIT est descendu à 7,1 % au T2 2023 (plus bas depuis 2008), mais a remonté autour de 7,3-7,4 % fin 2024-début 2025 en raison du ralentissement économique et de l'instabilité politique post-dissolution. L'objectif de 5 % n'a jamais été atteint et semble hors de portée à l'horizon du mandat. La dynamique de baisse, réelle entre 2022 et mi-2023, s'est inversée.
Conditionner le RSA à 15 à 20 heures d'activité hebdomadaire (insertion, formation)
La mesure a été expérimentée dans 47 départements à partir de 2023 via la loi 'France Travail' (ex-Pôle Emploi) de décembre 2023. Les résultats sont mitigés : les départements pilotes peinent à organiser l'accompagnement renforcé faute de moyens. La généralisation initialement prévue pour 2025 est reportée. Le dispositif reste au stade expérimental en mars 2026, loin de la promesse de conditionnalité universelle.
Réindustrialiser la France via le plan France 2030 (54 milliards d'euros)
France 2030, lancé fin 2021 et déployé durant le second mandat, a financé des projets dans les semi-conducteurs (STMicroelectronics à Crolles), les batteries (ACC à Dunkerque et Douvrin), l'hydrogène et la santé. La France a attiré des investissements industriels record en 2022-2023 (classée n°1 en Europe pour les IDE industriels selon EY). Cependant, le solde industriel reste structurellement déficitaire, les fermetures d'usines se poursuivent dans d'autres secteurs, et la crise politique de 2024-2025 a ralenti les décaissements. Bilan réel : une inflexion positive mais pas de réindustrialisation d'ampleur.
Relancer le nucléaire avec la construction de 6 EPR2 et prolonger les centrales existantes
Annoncée dès le discours de Belfort (février 2022) et confirmée après la réélection. La loi d'accélération du nucléaire a été promulguée en juin 2023. EDF a engagé les études de la première paire d'EPR2 à Penly (Seine-Maritime), avec un objectif de mise en service vers 2035-2037. La prolongation des centrales existantes au-delà de 40 ans a été validée par l'ASN. Le projet de 8 EPR2 supplémentaires en option est à l'étude. C'est l'une des rares promesses structurantes dont la trajectoire est conforme aux engagements, même si la construction effective reste à venir.
Réformer l'école : dédoublement des classes étendu, renforcement des savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter)
Le dédoublement des classes de CP-CE1 en REP/REP+ (mesure du premier mandat) a été étendu aux grandes sections de maternelle. Le 'choc des savoirs' annoncé par Gabriel Attal en décembre 2023 (groupes de niveau en 6e/5e, brevet obligatoire pour le lycée) a été partiellement mis en œuvre à la rentrée 2024, mais les groupes de niveau ont été assouplis sous la pression syndicale et par le gouvernement Bayrou. Les résultats PISA 2022 montrent un décrochage persistant de la France. L'instabilité ministérielle (Pap Ndiaye, Gabriel Attal, Amélie Oudéa-Castéra, Nicole Belloubet) a nui à la continuité des politiques éducatives.
Doubler la présence des forces de l'ordre sur le terrain d'ici 2030
Promesse spectaculaire mais difficilement mesurable et non réalisée. Si des recrutements ont été effectués (police, gendarmerie), la 'présence sur le terrain' n'a pas doublé. Les effectifs supplémentaires sont en grande partie absorbés par les tâches administratives, les gardes statiques et les événements (JO 2024). Le sentiment d'insécurité n'a pas reculé dans les enquêtes d'opinion. La Cour des comptes a pointé en 2024 l'écart entre les annonces de recrutements et la présence effective sur la voie publique.
Adopter une loi immigration pour accélérer les expulsions des étrangers délinquants et mieux intégrer
La loi Darmanin, après un parcours parlementaire chaotique (rejet en commission, vote grâce aux voix du RN en janvier 2024), a été partiellement censurée par le Conseil constitutionnel (32 articles sur 86 invalidés, dont les quotas migratoires et la caution étudiants étrangers). Le texte restant renforce les OQTF et durcit les conditions du regroupement familial. L'exécution effective reste limitée : le taux d'exécution des OQTF demeure sous les 10 %. La loi a provoqué une crise politique au sein de la majorité (démission d'Aurélien Rousseau, ministre de la Santé).
Engager la planification écologique avec un secrétariat général dédié
Le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE), confié à Antoine Pellion sous l'autorité de la Première ministre, a été créé et a produit le plan 'France Nation Verte'. Cependant, les émissions de GES françaises, si elles baissent (-5,8 % en 2023), restent insuffisantes par rapport à la trajectoire SNBC2. Les reculs sur les pesticides (report de l'interdiction du S-métolachlore), la mise en pause de la norme Euro 7, et les concessions aux agriculteurs début 2024 ont entamé la crédibilité écologique. Le Haut Conseil pour le Climat juge la trajectoire insuffisante pour les objectifs 2030.
Durcir les règles de l'assurance chômage pour inciter au retour à l'emploi
Deux réformes successives de l'assurance chômage ont été menées : celle de 2022-2023 (modulation de la durée d'indemnisation en fonction de la conjoncture, via décret) et celle de 2024 (réduction de la durée maximale d'indemnisation de 18 à 15 mois). Ces réformes ont été contestées par les syndicats et les associations de chômeurs, mais effectivement mises en œuvre. L'UNEDIC estime que la réforme de 2023 a réduit les dépenses de 4,5 milliards d'euros sur la période. L'impact sur le retour à l'emploi est débattu : corrélation temporelle avec la baisse du chômage, mais causalité non établie.
Supprimer la redevance audiovisuelle (contribution à l'audiovisuel public)
La contribution à l'audiovisuel public (138 € par foyer) a été supprimée dès la loi de finances rectificative de l'été 2022, effective pour les foyers dès l'automne 2022. Le financement de l'audiovisuel public est désormais assuré par une fraction de TVA. La mesure a été populaire mais critiquée par les professionnels du secteur qui craignent une fragilisation de l'indépendance de France Télévisions, Radio France et Arte. Le Conseil constitutionnel a validé le dispositif mais a demandé une pérennisation du financement, toujours en discussion en 2026.
Accorder davantage d'autonomie aux établissements scolaires (recrutement, projet pédagogique)
L'expérimentation 'Marseille en grand' sur l'autonomie des écoles (choix des enseignants par les directeurs) n'a pas été généralisée. Le projet s'est heurté à une opposition syndicale massive et n'a pas survécu aux changements de ministres. Aucune loi n'a été adoptée pour étendre l'autonomie des établissements au niveau national. L'idée reste dans les cartons mais n'a aucune traduction législative en mars 2026.
Réduire la dette publique et ramener le déficit sous les 3 % du PIB d'ici 2027
Non seulement la dette publique n'a pas diminué, mais elle a augmenté de 111,9 % du PIB (fin 2022) à environ 113-114 % fin 2025. Le déficit public s'est creusé : 4,7 % du PIB en 2023, puis dérapage à 5,5 % en 2024 (révision à la hausse par Eurostat). Le 'dérapage des finances publiques' a conduit la Commission européenne à placer la France en procédure de déficit excessif en juin 2024. Les gouvernements successifs (Attal, Barnier, Bayrou) ont tenté des plans d'économies mais l'instabilité politique a empêché toute consolidation budgétaire sérieuse. C'est l'un des échecs les plus nets du second mandat.
Instaurer la proportionnelle aux élections législatives
Promesse récurrente depuis 2017, la proportionnelle n'a jamais été adoptée. Aucun projet de loi n'a été déposé. La dissolution de juin 2024 et ses résultats (Assemblée fragmentée en trois blocs) ont paradoxalement illustré le besoin de réforme du mode de scrutin, mais ont aussi rendu tout consensus législatif impossible. En mars 2026, François Bayrou — pourtant partisan historique de la proportionnelle — n'a pas non plus avancé sur le sujet, faute de majorité.
Généraliser le Service national universel (SNU) à toute une classe d'âge
Le SNU est resté au stade de l'expérimentation volontaire avec des effectifs limités (environ 80 000 jeunes depuis 2019, loin d'une classe d'âge de 800 000). Le coût estimé de la généralisation (1,5 à 2 milliards par an) et les difficultés logistiques (hébergement, encadrement) ont conduit à un report sine die. Le gouvernement Attal a réduit le budget du SNU début 2024. En mars 2026, le dispositif existe toujours mais sans perspective de généralisation.
Porter le budget de la Défense à 2 % du PIB conformément aux engagements OTAN
La Loi de programmation militaire 2024-2030, adoptée en juillet 2023, prévoit un budget de 413 milliards d'euros sur la période et une trajectoire atteignant 2 % du PIB dès 2025. Le budget défense 2024 a atteint 47,2 milliards d'euros. La guerre en Ukraine a renforcé la légitimité de cet effort. Promesse tenue dans sa trajectoire, même si l'exécution budgétaire effective reste à surveiller dans le contexte de consolidation budgétaire post-2024.
Construire 'l'Europe de la défense' et renforcer la souveraineté stratégique européenne
La guerre en Ukraine a accéléré la prise de conscience européenne, mais l'Europe de la défense reste largement dépendante de l'OTAN et des États-Unis. La France a obtenu des avancées (EDIRPA, ASAP pour les munitions, début de fonds européen de défense), mais les achats d'armement européens restent majoritairement américains (F-35 vs Rafale). L'élection de Trump en novembre 2024 a relancé le débat mais sans résultat structurel à ce stade. La Boussole stratégique de mars 2022 n'a eu qu'un impact limité.
Baisser les impôts de production de 10 milliards d'euros supplémentaires
La suppression de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) a été engagée progressivement : baisse de moitié en 2023, suppression totale initialement prévue en 2024, mais reportée à 2027 puis gelée en raison de la crise des finances publiques. Le gouvernement Barnier a suspendu la suppression fin 2024 pour raisons budgétaires. L'objectif de 10 milliards de baisses supplémentaires n'a été que partiellement atteint (environ 4-5 milliards effectifs).
Rénover 700 000 logements par an pour la transition énergétique (MaPrimeRénov')
Les objectifs de rénovation énergétique n'ont jamais été atteints. MaPrimeRénov' a été réformée en 2024 avec un recentrage sur les rénovations globales ('parcours accompagné'), mais le nombre de rénovations performantes reste très en deçà des 700 000 annuels visés. En 2023, environ 670 000 dossiers MaPrimeRénov' ont été déposés, mais la majorité concerne des gestes isolés (changement de chaudière) et non des rénovations globales. La Cour des comptes estime le nombre de rénovations performantes à moins de 100 000 par an.
Développer le RER métropolitain dans 10 grandes agglomérations
Le concept de 'SERM' (Services express régionaux métropolitains) a été adopté par la loi de décembre 2023. Des études sont lancées dans plusieurs agglomérations (Strasbourg, Lille, Bordeaux, Toulouse, Lyon, etc.). Mais le financement reste le point de blocage majeur : sur les 15-20 milliards estimés, seule une fraction est programmée. Les premiers projets ne verront le jour au mieux qu'à l'horizon 2030-2035. L'ambition est réelle mais les réalisations concrètes quasi inexistantes en mars 2026.
Verser automatiquement les prestations sociales ('solidarité à la source') pour lutter contre le non-recours
L'expérimentation de la 'solidarité à la source' a été lancée dans quelques départements pilotes à partir de 2024, avec un pré-remplissage des demandes de RSA et de prime d'activité basé sur les données fiscales. Mais la généralisation à toutes les prestations et à tout le territoire n'est pas intervenue. Le système d'information reste fragmenté entre CAF, MSA, Pôle Emploi/France Travail. Le non-recours aux droits sociaux demeure massif (estimé à 34 % pour le RSA par la DREES).
Recruter 50 000 infirmières et soignants, revaloriser les salaires à l'hôpital
Malgré les revalorisations du Ségur de la santé (premier mandat), l'hôpital public reste en crise. Les recrutements n'ont pas compensé les départs. En 2024-2025, les urgences continuent de fermer la nuit dans de nombreux hôpitaux, la pénurie de médecins et d'infirmières s'aggrave dans les zones sous-dotées. Le Ségur 2 n'a pas été lancé. Les effectifs hospitaliers ont légèrement augmenté mais restent très en deçà des 50 000 promis, et les conditions de travail ne se sont pas significativement améliorées selon les enquêtes internes.
Créer un congé de naissance en remplacement du congé parental, mieux rémunéré et plus court
Annoncé par Emmanuel Macron en janvier 2024 lors de la conférence de presse à l'Élysée, le 'congé de naissance' devait remplacer le congé parental avec une durée de 6 mois mieux indemnisés (à hauteur du SMIC). Le projet n'a pas abouti à un texte de loi avant la dissolution de juin 2024, et n'a pas été repris par les gouvernements Barnier puis Bayrou. La natalité française continue de chuter (moins de 680 000 naissances en 2024, plus bas historique).
Atteindre l'autonomie protéique agricole de la France et soutenir la souveraineté alimentaire
La crise agricole de janvier 2024 (blocages routiers, mobilisation FNSEA/JA et Coordination rurale) a révélé la détresse du monde agricole et l'absence de résultats sur la souveraineté alimentaire. Le plan protéines végétales lancé dans France 2030 n'a eu qu'un impact marginal. Les importations de soja et autres protéines végétales restent massives. La loi d'orientation agricole, promise depuis 2023, n'a été adoptée qu'en version édulcorée. La France reste dépendante à 50-60 % pour ses protéines végétales animales.
Faire de la France le leader européen du numérique et de l'intelligence artificielle
La France a renforcé son écosystème IA (Mistral AI valorisé à plusieurs milliards, sommet IA de Paris en février 2025, plan IA de 1,5 milliard). L'écosystème startups reste dynamique (French Tech, La French AI). Cependant, la France reste loin derrière les États-Unis et la Chine en matière de puissance de calcul, de données et d'investissements privés. L'objectif de 'leader européen' est partiellement crédible (avec l'Allemagne et le Royaume-Uni), mais la domination américaine s'est renforcée avec l'explosion de l'IA générative en 2023-2025.
Réformer le lycée professionnel pour réduire le décrochage et rapprocher l'école de l'entreprise
La réforme du lycée professionnel, portée par Carole Grandjean puis reprise par les ministres suivants, a introduit une augmentation des périodes de stage (+50 % de durée en entreprise) et une gratification des stages. Mais la refonte de la carte des formations a été lente et contestée par les syndicats enseignants. Le décrochage scolaire en voie professionnelle reste supérieur à 15 %. La réforme est en cours de déploiement mais ses effets sont difficilement mesurables à ce stade.
Accélérer le déploiement des énergies renouvelables (éolien en mer, solaire)
La loi d'accélération des énergies renouvelables, promulguée en mars 2023, a simplifié les procédures d'autorisation et créé les zones d'accélération communales. Le parc éolien offshore a progressé (Saint-Nazaire opérationnel, Saint-Brieuc, Fécamp). Le solaire a connu une forte croissance. La France reste toutefois en retard sur ses objectifs européens de part des ENR dans le mix énergétique. La loi constitue néanmoins un cadre juridique effectivement déployé, ce qui justifie un statut 'tenue' sur l'engagement législatif.
Revaloriser les salaires des enseignants sans condition (partie 'socle')
Une revalorisation 'socle' (inconditionnelle) de 100 à 230 € nets mensuels a été mise en œuvre à la rentrée 2023, principalement pour les enseignants en début et milieu de carrière. S'y ajoute un 'pacte enseignant' (missions supplémentaires rémunérées) controversé et inégalement adopté (environ 30 % des enseignants). La revalorisation est réelle mais jugée insuffisante par les syndicats au regard de l'inflation cumulée et du décrochage salarial par rapport aux autres pays de l'OCDE. Elle ne comble pas l'écart avec la moyenne OCDE.
Supprimer 120 000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat (principalement par non-remplacement)
Non seulement l'objectif de suppression de 120 000 postes n'a pas été atteint, mais les effectifs de la fonction publique ont augmenté entre 2022 et 2025, en raison des recrutements dans l'éducation, la sécurité, la santé et la justice. La promesse, déjà abandonnée lors du premier mandat (150 000 postes promis en 2017, jamais réalisés), a été discrètement retirée du discours gouvernemental. C'est l'exemple type de la promesse 'inversée' : la tendance observée est exactement contraire à l'engagement.
Organiser une Convention citoyenne sur la fin de vie et légiférer
Convention citoyenne sur la fin de vie réunie de décembre 2022 à avril 2023 : 184 citoyens tirés au sort, 65 propositions, dont un appel unanime à corriger les inégalités d'accès aux soins palliatifs. Le projet de loi issu de ces travaux (avril 2024) a été scindé en deux textes en janvier 2025. Le volet accompagnement et soins palliatifs a abouti : LOI n° 2026-404 du 26 mai 2026. Le volet aide active à mourir a été adopté en lecture définitive par l'Assemblée nationale le 15 juillet 2026, mais n'est pas promulgué au 10 août 2026, cinq saisines du Conseil constitutionnel étant pendantes. L'engagement est donc partiellement mis en œuvre à la date d'arrêt de l'évaluation.
Renforcer la politique de lutte contre les violences faites aux femmes ('grande cause' prolongée)
Après le premier mandat qui avait fait de l'égalité femmes-hommes la 'grande cause du quinquennat', le second mandat a prolongé certaines mesures (bracelets anti-rapprochement, formation des policiers, TGD — téléphones grand danger). Les ordonnances de protection ont été facilitées (loi Chandler de 2024). Cependant, le nombre de féminicides reste élevé (plus de 90 par an), les délais de traitement judiciaire demeurent longs, et les associations féministes dénoncent un décalage entre la communication et les moyens alloués. Le bilan est contrasté : des outils juridiques renforcés mais des résultats insuffisants.
Rénover le système de santé autour du territoire : virage préventif, Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS)
Les CPTS se sont développées (plus de 800 en 2025 couvrant 90 % du territoire), mais leur impact réel sur l'accès aux soins en zone sous-dense reste limité. Le 'virage préventif' annoncé n'a pas connu de traduction budgétaire significative : la part de la prévention dans les dépenses de santé stagne autour de 2 %, contre 3 % en moyenne dans l'OCDE. Les déserts médicaux continuent de s'étendre. La régulation de l'installation des médecins n'a pas été mise en œuvre, face à l'opposition des syndicats médicaux.
Atteindre le zéro artificialisation nette (ZAN) des sols d'ici 2050, avec étape intermédiaire en 2031
L'objectif ZAN, issu de la loi Climat et Résilience de 2021, a été réaffirmé mais assoupli par la loi du 20 juillet 2023 qui accorde davantage de souplesse aux maires (projets d'envergure nationale exclus du décompte, report de certaines obligations). Les décrets d'application ont pris du retard. L'AMF et les élus locaux dénoncent un dispositif inapplicable en l'état. L'objectif 2050 reste inscrit dans la loi, mais les assouplissements successifs en diluent la portée réelle.
Engager une réforme de l'aide publique au développement et du franc CFA
La politique africaine de la France a connu un effondrement historique durant le second mandat : coups d'État au Niger, Mali, Burkina Faso, retrait des forces françaises du Sahel (Barkhane puis Sabre), sentiment anti-français croissant en Afrique de l'Ouest. La réforme du franc CFA, amorcée symboliquement sous le premier mandat (passage à l'Eco en zone UEMOA), n'a pas avancé. L'aide publique au développement a été réduite dans les lois de finances 2024 et 2025 pour des raisons budgétaires. La relation France-Afrique est à son plus bas historique.
Lancer les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 comme vitrine de la France
Les JOP Paris 2024 (26 juillet – 11 août, puis 28 août – 8 septembre pour les Paralympiques) ont été un succès populaire et organisationnel reconnu internationalement. La France a terminé 5e au tableau des médailles olympiques (16 or, 26 argent, 22 bronze). La cérémonie d'ouverture sur la Seine a marqué les esprits malgré la météo. L'héritage sportif (plan '5000 terrains de sport', bassins de natation) est en cours de déploiement. Les coûts totaux (environ 9 milliards d'euros) restent dans l'enveloppe annoncée. Promesse tenue, bien que les retombées économiques à long terme restent à évaluer.
Données vérifiées — 705 réformes contrôlées
Chaque réforme a été vérifiée via Légifrance, EUR-Lex, le Conseil constitutionnel et Vie-publique.fr. Les sources sont citées individuellement sur chaque fiche. Corrélation ≠ causalité — les analyses contradictoires (pour/contre) sont systématiquement présentées.
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