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Ordonnances réformant le Code du travail (ordonnances Macron)

Cinq ordonnances réformant en profondeur le Code du travail : primauté de l'accord d'entreprise, fusion des instances, plafonnement des indemnités prud'homales, facilitation du licenciement.

Rattachement présidentiel : Emmanuel Macron
Gouvernement de rattachement : Édouard Philippe

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : Emmanuel Macron, président de la République, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, Édouard Philippe, Premier ministre, Partenaires sociaux et Parlement, concertation.

Les ordonnances traduisent l’engagement présidentiel de réformer le dialogue social ; Pénicaud et le gouvernement les construisent après concertation.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

Les cinq ordonnances du 22 septembre 2017, préparées par la ministre du Travail Muriel Pénicaud après une concertation estivale avec les partenaires sociaux, constituent la première réforme structurante du quinquennat Macron. Elles modifient en profondeur l'architecture du droit du travail français selon trois axes majeurs. Premier axe : la primauté de l'accord d'entreprise sur l'accord de branche est étendue à de nombreux domaines (primes, temps de travail, mobilité), consacrant l'« inversion de la hiérarchie des normes » amorcée par la loi El Khomri de 2016. Deuxième axe : les instances représentatives du personnel (CE, DP, CHSCT) sont fusionnées en un Comité social et économique (CSE), simplifiant le dialogue social mais réduisant le nombre de représentants.

Contexte

Le taux de chômage français stagne autour de 9,5 % début 2017, bien au-dessus de la moyenne européenne. Les entreprises citent la rigidité du Code du travail et l'imprévisibilité des prud'hommes comme freins à l'embauche. La loi El Khomri de 2016, adoptée via le 49.3, avait amorcé le mouvement mais restait jugée insuffisante par le patronat. Macron, alors ministre de l'Économie, en avait été l'un des inspirateurs.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000035608834_24-09-2017
Publication au JORF
24 septembre 2017
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Ordonnances Travail

septembre 2017

Chaînage législatif

Modifie également

loi-el-khomri-2016 → (fiche non identifiée)

Promesse d'origine

« Donner plus de place à la négociation d'entreprise, plafonner les indemnités prud'homales, simplifier les instances représentatives du personnel. »

Source : Programme En Marche!, « Libérer le travail », 2017

Écart entre promesse et réalisation

Réforme globalement conforme au programme, avec un barème prud'homal plus contraignant qu'annoncé (obligatoire et non indicatif).

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Baisse du taux de chômage de 9,5 % (T1 2017) à 7,1 % (T4 2019), même si d'autres facteurs y contribuent (conjoncture européenne, CICE)

    Taux de chômage BIT
    9.5 %7.1 %
    Fiabilité hauteMesure : 2019-12INSEE — Au quatrième trimestre 2019, le taux de chômage passe de 8,5 % à 8,1 % — Informations rapides n°36 du 13 février 2020 (résultats de l'enquête emploi) agent en recherche
  • Forte hausse des accords d'entreprise signés (+30 % entre 2017 et 2019), signe d'une dynamique de négociation décentralisée

    Fiabilité hauteMesure : 2019-12Direction générale du travail / DARES, ministère du Travail — Bilan de la négociation collective en 2019 (éd. 2020, DGT/DARES, ministère du Travail) agent en recherche

Effets négatifs

2
  • Réduction du nombre de représentants du personnel avec la fusion en CSE, affaiblissant la capacité de défense des salariés dans les PME

    Fiabilité hauteMesure : 2020-01Comment évoluent l'implantation et l'organisation de la représentation des salariés depuis la création des comités sociaux et économiques (CSE) ? agent en recherche
  • Le barème prud'homal réduit les indemnisations pour les salariés ayant peu d'ancienneté, contesté par plusieurs conseils de prud'hommes

    Fiabilité hauteMesure : 2019-06Cour de cassation, assemblée plénière — Cass., avis, 17 juill. 2019, nos 15012 et 15013 (formation plénière) agent en recherche

Effets de bord

2
  • Disparition du CHSCT comme instance dédiée à la santé et sécurité au travail, lacune révélée lors de la crise Covid-19

    Fiabilité moyenneMesure : 2020-03Charlotte Lecocq, Bruno Dupuis, Henri Forest, Hervé Lanouzière — Santé au travail : vers un système simplifié pour une prévention renforcée agent en recherche
  • La primauté accordée à l'accord d'entreprise sur l'accord de branche a créé un effet de fragmentation du droit du travail : dans un même secteur, les conditions de travail et de rémunération peuvent désormais varier considérablement d'une entreprise à l'autre. Les grandes entreprises, disposant de syndicats structurés et de marges de manœuvre financières, négocient des accords favorables, tandis que les PME, où la représentation syndicale est faible ou inexistante, tendent à négocier des accords moins protecteurs. Cette asymétrie a renforcé les inégalités entre salariés de grandes et de petites entreprises, contribuant à la dualisation du marché du travail français.

Analyses contradictoires

Pour

La flexibilisation du droit du travail et le plafonnement des indemnités prud'homales ont redonné confiance aux entreprises pour embaucher, en rendant le coût du licenciement prévisible. La primauté de l'accord d'entreprise permet aux PME de s'adapter plus rapidement aux fluctuations économiques. La baisse du taux de chômage de 9,5 % à 7,1 % entre 2017 et 2019 valide cette approche, même si d'autres facteurs y contribuent. La fusion des instances en CSE simplifie un dialogue social auparavant éclaté entre trois instances aux compétences chevauchantes. La France se rapproche enfin du modèle de flexisécurité qui a fait ses preuves au Danemark et aux Pays-Bas.

MédiaPosition de IFRAP, exposée dans « Ordonnances sur le Code du travail : un vrai progrès qui en appelle d'autres » agent en recherche(droite)

Contre

Les ordonnances affaiblissent structurellement les protections des salariés sans véritable contrepartie en termes de sécurisation des parcours professionnels. Le volet « sécurité » de la flexisécurité promise est largement absent : pas de sécurité sociale professionnelle, pas de véritable droit à la reconversion. Le barème prud'homal plafonne les indemnités des salariés injustement licenciés et prive le juge de son pouvoir d'appréciation. La fusion en CSE réduit de moitié le nombre de représentants du personnel et fait disparaître le CHSCT, instance dédiée à la santé au travail dont la crise Covid a révélé l'utilité. L'inversion de la hiérarchie des normes permet aux accords d'entreprise de déroger aux accords de branche dans un rapport de force défavorable aux salariés.

Chaînage législatif

Modifie les réformes suivantes

  • loi-el-khomri-2016 (fiche non identifiée)

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources