StructuranteLoiEmploi & Travail

Première loi Aubry sur la réduction du temps de travail à 35 heures

Fixation de la durée légale du travail à 35 heures hebdomadaires, loi d'orientation incitant les entreprises à négocier la RTT.

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Lionel Jospin

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Lionel Jospin (Premier ministre), Gouvernement Jospin (préparation).

Mesure explicitement définie dans le pacte politique de Jospin du 19 juin 1997.

Attribution revue le 2026-10-11.

Cohabitation — gouvernement Lionel Jospin. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi du 13 juin 1998, dite loi Aubry I, constitue le premier volet de la réforme emblématique du gouvernement Jospin. Elle fixe le principe du passage de la durée légale du travail de 39 à 35 heures hebdomadaires au 1er janvier 2000 pour les entreprises de plus de 20 salariés, et au 1er janvier 2002 pour les autres. Cette première loi est essentiellement incitative : elle propose des aides financières aux entreprises qui anticipent la réduction du temps de travail en signant des accords créateurs d'emplois. Le dispositif prévoit une aide forfaitaire de 9 000 francs par salarié la première année, dégressive ensuite. Le gouvernement espère créer 700 000 emplois par un partage du travail.

Contexte

La France connaît un chômage de masse persistant (12,5 % en 1997). L'idée de partage du travail par la réduction du temps de travail est portée depuis les années 1980 par la gauche et les syndicats. La loi Robien de 1996 avait déjà expérimenté des aides à la RTT. La conjoncture économique mondiale est favorable (reprise américaine, préparation de l'euro). Le CNPF est vent debout contre le projet.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 6
  • Durée dépôt → promulgation : 185 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, échec
  • CMP en échec — l'Assemblée a statué en dernier
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

10 juin 1998Conforme

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 12 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000005625952_24-12-2000
Publication au JORF
14 juin 1998
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

35 heures (loi Aubry I)

juin 1998

Promesse d'origine

« Réduire la durée légale du travail à 35 heures pour créer des emplois »

Source : Programme de la gauche plurielle, 1997 ; engagement personnel de Lionel Jospin

Écart entre promesse et réalisation

La réduction est bien mise en œuvre en deux lois mais les créations d'emplois restent en deçà des 700 000 annoncés. L'objectif de partage du travail est partiellement atteint.

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

2
  • Forte tension sur l'organisation du travail dans les PME et les hôpitaux, difficultés de mise en œuvre pratique, gel des salaires dans de nombreuses entreprises

    Fiabilité hauteMesure : 2000-06-01Gilbert Cette, Dominique Taddei — Temps de travail, modes d'emploi — La Découverte, 1994, 240 p. · ISBN 9782707123060 référence bibliographique
  • Coût budgétaire considérable des allègements de charges compensatoires : environ 10 à 12 milliards d'euros par an à terme

    Coût annuel des allègements 35h

Effets de bord

2

Analyses contradictoires

Pour

Les 35 heures ont créé des centaines de milliers d'emplois dans un contexte de chômage de masse, amélioré la qualité de vie de millions de salariés, et prouvé que le partage du travail est possible. La France a connu sous Jospin la plus forte baisse du chômage de son histoire. La RTT a aussi stimulé la productivité horaire française, devenue l'une des plus élevées au monde. [Données factuelles : Création estimée de 350 000 emplois directement liés aux 35 heures entre 1998 et 2002, selon les évaluations convergentes : 0 → 350000 emplois.]

Contre

Les 35 heures sont une aberration économique qui a détruit la compétitivité française, alourdi le coût du travail, et gelé les salaires pendant des années. Les emplois prétendument créés l'auraient été de toute façon par la croissance mondiale. Le coût budgétaire colossal des allègements compensatoires a creusé le déficit pour des décennies. La rigidité imposée aux entreprises a freiné l'investissement et l'innovation. [Données factuelles : Coût annuel des allègements 35h : 11 milliards d'euros.]

MédiaPosition de Institut Montaigne, exposée dans « Setting the Record Straight on Working Time in France / prises de position répétées d'Institut Montaigne contre les 35 heures » agent en recherche(droite)

Chaînage législatif

Modifiée par

  • complément
    35 heures (loi Aubry II)

    La loi Aubry II fixe les modalités définitives d'application et le régime des heures supplémentaires.

  • assouplissement
    Assouplissement 35 heures

    La loi Fillon sur le temps de travail assouplit les 35 heures en augmentant le contingent d'heures supplémentaires et en unifiant le SMIC.

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources