Réforme du baccalauréat général et technologique (réforme Blanquer)
Suppression des filières S, ES et L au profit de spécialités au choix, introduction du grand oral et du contrôle continu à 40 % dans le baccalauréat.
Initiative politique : présidentielle
Acteurs et rôles documentés : Emmanuel Macron, président de la République, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, Pierre Mathiot, chargé de la consultation préparatoire.
Macron fixe l’objectif d’un baccalauréat resserré autour de quatre épreuves et du contrôle continu. Mathiot prépare le cadre et Blanquer conduit la concertation et la mise en œuvre.
- Éducation — communication en Conseil des ministres sur la réforme du baccalauréat
Paraphrase : La communication relie la réforme à la volonté du président de resserrer l’examen sur quatre épreuves et précise que la consultation Mathiot en a fixé le cadre.
Attribution revue le 2026-10-12.
Description
La réforme du baccalauréat, portée par le ministre Jean-Michel Blanquer à la suite du rapport Mathiot remis en janvier 2018, constitue la transformation la plus profonde de l'examen depuis la création du bac moderne en 1808. Les trois filières générales S (scientifique), ES (économique et social) et L (littéraire), instaurées en 1995, sont supprimées et remplacées par un tronc commun renforcé (français, philosophie, histoire-géographie, langues vivantes, enseignement scientifique, EPS) complété par le choix de trois spécialités en Première, ramenées à deux en Terminale, parmi treize options possibles. Le contrôle continu représente désormais 40 % de la note finale (dont 10 % pour les bulletins scolaires et 30 % pour les épreuves communes de contrôle continu).
Contexte
Le baccalauréat français, passé par 740 000 candidats chaque année, est critiqué depuis des décennies pour sa lourdeur organisationnelle et la hiérarchie implicite des filières. La filière S est devenue une voie généraliste d'excellence, vidant les filières L et ES. La réforme Parcoursup (2018) a transformé l'accès à l'enseignement supérieur, rendant nécessaire une refonte du lycée pour assurer la cohérence du continuum bac-3/bac+3.
Texte officiel consolidé
Vérifié le 13 avril 2026- Identifiant Légifrance
- LEGITEXT000038665813_22-06-2019
- Publication au JORF
- 22 juin 2019
Chaîne d'impact
Réforme
Réforme du baccalauréat Blanquer
juillet 2019
Promesse d'origine
« Réformer le baccalauréat pour en réduire le nombre d'épreuves terminales à quatre matières et un grand oral. »
Source : Programme En Marche!, éducation, 2017
Écart entre promesse et réalisation
La promesse de quatre épreuves terminales a été tenue (français, deux spécialités, philosophie, grand oral). Le contrôle continu va au-delà de ce qui était initialement annoncé.
Effets mesurés
Effets positifs
2Fin de la hiérarchie implicite des filières et possibilité pour les élèves de construire des parcours personnalisés combinant sciences, lettres et sciences sociales
Fiabilité hauteMesure : 2021-06Fanny Thomas — Le baccalauréat 2021 - Session de juin agent en rechercheCréation du grand oral valorisant les compétences d'expression et d'argumentation, compétences transversales jugées essentielles pour l'enseignement supérieur et la vie professionnelle
Fiabilité moyenneMesure : 2021-06Ministère de l'Éducation nationale — Direction générale de l'enseignement scolaire (Dgesco) — Présentation du Grand oral
Effets négatifs
2Inégalités territoriales dans l'offre de spécialités : les lycées ruraux et de petite taille ne peuvent proposer les treize spécialités, limitant les choix des élèves
Nombre moyen de spécialités proposées par lycéeFiabilité hauteMesure : 2020-09Sénat, commission de la culture, de l'éducation et de la communication — rapporteur Max Brisson — Rapport d'information n° 543 (session 2021-2022) — Bilan du quinquennat en matière de politique éducative (chapitre V : « La réforme du lycée : une réforme au milieu du gué »)Perte de lisibilité du diplôme : les combinaisons de spécialités rendent difficile l'évaluation du niveau des candidats par les formations supérieures et les employeurs
Effets de bord
1Effondrement du choix de la spécialité mathématiques en Première après sa sortie du tronc commun, conduisant le ministère à réintroduire 1h30 de maths dans le tronc commun en 2022
Part des élèves choisissant la spécialité maths100 % (par rapport à l'ancienne filière S+ES)59 % (par rapport à l'ancienne filière S+ES)Fiabilité hauteMesure : 2021-09Laurence Dauphin (DEPP-B1) — Des choix de spécialités plus classiques en première comme en terminale pour les élèves d'origine sociale favorisée — Résultats de la première cohorte du nouveau baccalauréat général agent en recherche
Analyses contradictoires
Pour
La réforme met fin à une fiction : la filière S n'était plus une filière scientifique mais une voie de sélection des meilleurs élèves. Le nouveau système permet des parcours sur mesure, valorise les humanités, et le grand oral prépare à l'enseignement supérieur. C'est la modernisation la plus ambitieuse du baccalauréat depuis sa création.
Contre
La réforme a remplacé une hiérarchie explicite et lisible par une hiérarchie implicite et opaque, où le choix des spécialités reproduit les inégalités sociales et territoriales. Les élèves des milieux favorisés, mieux informés, choisissent les combinaisons les plus cotées. Le contrôle continu détruit l'égalité républicaine devant l'examen. La complexité organisationnelle est ingérable pour les établissements.
Sources
- [1]
Décret n° 2019-614 du 21 juin 2019 relatif aux épreuves du baccalauréat général et technologique
Source officielleBiais : institutionnel - [2]Source officielleBiais : institutionnelPierre Mathiot (mission animée par), avec le soutien de Souâd Ayada, Stéphane Kesler, Christine Szymankiewicz, Johan Yebbou
Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources