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Loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité

Reconnaissance par la France de la traite négrière et de l'esclavage comme crimes contre l'humanité, première loi mémorielle de cette ampleur.

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Lionel Jospin

Initiative politique : parlementaire

Acteurs et rôles documentés : Christiane Taubira-Delannon (députée), Députés cosignataires de la proposition n° 1297.

Le texte original de la proposition n° 1297 identifie Taubira-Delannon et les députés cosignataires ; son exposé des motifs demande la reconnaissance de la traite et de l’esclavage. La genèse proposée est parlementaire et collective, sans créditer le président de rattachement.

Attribution revue le 2026-10-11.

Cohabitation — gouvernement Lionel Jospin. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

La loi du 21 mai 2001, dite loi Taubira, du nom de la députée de Guyane Christiane Taubira qui en est l'instigatrice, reconnaît la traite négrière transatlantique et dans l'océan Indien ainsi que l'esclavage pratiqué à partir du XVe siècle contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes comme des crimes contre l'humanité. C'est la première fois qu'un État reconnaît l'esclavage comme un crime contre l'humanité par voie législative. La loi prévoit que les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l'esclavage la place conséquente qu'ils méritent. Elle institue un comité de personnalités qualifiées chargé de proposer des lieux et des actions de mémoire.

Contexte

Le 150e anniversaire de l'abolition de l'esclavage (1998) a relancé les demandes de reconnaissance venant des outre-mer et des associations afrodescendantes. En 1998, lors de la commémoration, une marche silencieuse de 40 000 personnes a lieu à Paris. La question des réparations pour l'esclavage est posée au niveau international. La France est le premier État à légiférer en la matière, précédant le Royaume-Uni et les États-Unis.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 4
  • Durée dépôt → promulgation : 1147 jours
  • Commission mixte paritaire : non réunie
  • Accord des chambres en navette simple
  • Dossier législatif (senat.fr)

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000005630984_23-05-2001
Publication au JORF
23 mai 2001
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Loi Taubira esclavage

mai 2001

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

1

Effets de bord

1
  • La loi Taubira relance le débat sur les « lois mémorielles » et la légitimité du Parlement à écrire l'histoire, culminant avec la controverse sur la loi de février 2005 sur le « rôle positif de la colonisation »

    Fiabilité hauteMesure : 2005-02-23Pierre Nora, Françoise Chandernagor — Liberté pour l'histoire — CNRS Éditions, 2008, 58 p. · ISBN 978-2-271-06684-8 · notice référence bibliographique

Analyses contradictoires

Pour

La loi Taubira est un acte de justice historique qui reconnaît enfin l'un des plus grands crimes de l'humanité. La France, qui a été l'une des principales puissances négrières, se devait de regarder son histoire en face. Cette reconnaissance est indispensable pour la cohésion nationale et pour les outre-mer qui portent encore les séquelles de l'esclavage.

Source académiqueFrançoise Vergès — La mémoire enchaînée : questions sur l'esclavage — Albin Michel, 2006 · notice référence bibliographique(gauche)

Contre

Le Parlement n'a pas vocation à écrire l'histoire ni à qualifier juridiquement des événements vieux de plusieurs siècles. La loi Taubira instaure une concurrence mémorielle préjudiciable à la cohésion nationale et ouvre la voie à des demandes de réparations financières aussi injustes qu'ingérables. L'histoire doit rester le domaine des historiens, pas des législateurs.

Source académiquePierre Nora, Françoise Chandernagor — Liberté pour l'histoire — CNRS Éditions, 2008, 59 p. · ISBN 978-2-271-06684-8 · notice référence bibliographique(centre)

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources