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Loi constitutionnelle puis loi organique sur la parité hommes-femmes en politique

Obligation de parité dans les candidatures aux élections, avec pénalités financières pour les partis ne la respectant pas.

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Lionel Jospin

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Lionel Jospin — Premier ministre, choix et arbitrages du dispositif, Jean-Pierre Chevènement — ministre de l’Intérieur, conception et défense, Nicole Péry — secrétaire d’État aux droits des femmes, Élisabeth Guigou — garde des Sceaux, participation aux débats préparatoires.

Pour la loi ordinaire du 6 juin 2000, Péry désigne le choix du Premier ministre ; Guigou retrace les débats gouvernementaux et les arbitrages de Jospin sur les 50 % et les modes de scrutin. La révision constitutionnelle de 1999, préalable distinct, n’est pas confondue avec cette loi.

Attribution revue le 2026-10-12.

Cohabitation — gouvernement Lionel Jospin. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi du 6 juin 2000 tendant à favoriser l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives traduit en droit positif la révision constitutionnelle du 8 juillet 1999 qui a ajouté à l'article 3 de la Constitution la phrase : « La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives. » La loi impose la stricte parité (50/50) sur les listes de candidats aux élections au scrutin de liste (municipales dans les communes de plus de 3 500 habitants, régionales, sénatoriales proportionnelles, européennes), avec alternance homme-femme.

Contexte

La France est l'un des pays européens les plus en retard en matière de représentation féminine : en 1997, les femmes ne représentent que 10,9 % des députés et 5,6 % des sénateurs. Le Conseil constitutionnel a censuré les quotas par sexe en 1982, nécessitant une révision constitutionnelle préalable. Le mouvement pour la parité, porté depuis les années 1990, culmine avec l'appel « Au pouvoir, citoyennes ! » signé par dix femmes politiques de tous bords.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 4
  • Durée dépôt → promulgation : 181 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, échec
  • CMP en échec — l'Assemblée a statué en dernier
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 députés · 60 sénateurs

30 mai 2000Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 12 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000005629480_14-05-2009
Publication au JORF
07 juin 2000
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Parité en politique

juin 2000

Promesse d'origine

« Instaurer la parité hommes-femmes dans la vie politique »

Source : Programme de la gauche plurielle, 1997 ; engagement personnel de Lionel Jospin

Écart entre promesse et réalisation

Promesse tenue mais les pénalités financières pour les législatives sont trop faibles pour être réellement dissuasives : les grands partis préfèrent payer plutôt que de présenter des femmes.

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

1

Effets de bord

1
  • Débat philosophique profond sur la compatibilité de la parité avec l'universalisme républicain, contribuant au renouvellement de la pensée féministe française

    Fiabilité hauteMesure : 2000-06-06Élisabeth Badinter — Fausse route : réflexions sur 30 années de féminisme — Odile Jacob, 2003, 221 p. · ISBN 9782738112651 référence bibliographique

Analyses contradictoires

Pour

La parité est une révolution démocratique qui a brisé le monopole masculin de la représentation politique. L'égalité formelle ayant échoué à produire l'égalité réelle, seule une contrainte légale pouvait forcer le changement. Les résultats dans les scrutins de liste sont spectaculaires et prouvent l'efficacité de la mesure. [Données factuelles : Féminisation spectaculaire des conseils municipaux : la proportion de femmes passe de 25,7 % en 1995 à 47,5 % en 2001 dans les communes soumises à la parité : 25.7 → 47.5 %.]

Source académiqueGisèle Halimi — La Nouvelle Cause des femmes — Seuil, 1997, 226 p. · ISBN 978-2-02-031973-7 référence bibliographique(gauche)

Contre

La parité trahit l'universalisme républicain en réintroduisant le sexe comme catégorie juridique pertinente. Elle ouvre la voie à d'autres quotas (ethniques, religieux) qui fragmenteront la citoyenneté. Le mérite individuel doit primer sur l'appartenance à un groupe. Les femmes n'ont pas besoin de quotas mais d'une vraie égalité des chances dans l'accès à la vie politique.

Source académiqueÉlisabeth Badinter — Fausse route — Odile Jacob, 2003 · ISBN 978-2-7381-1265-1 référence bibliographique(centre)

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources