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Révision constitutionnelle instaurant le quinquennat présidentiel

Remplacement du septennat par le quinquennat présidentiel, approuvé par référendum avec 73 % des voix mais 69 % d'abstention.

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Lionel Jospin

Initiative politique : partagée

Acteurs et rôles documentés : Valéry Giscard d’Estaing (député et premier proposant en 2000), Lionel Jospin (Premier ministre), Jacques Chirac (président de la République).

Le Sénat retrace la proposition de Giscard d’Estaing, le soutien de Jospin puis la reprise par Chirac. Giscard agit ici comme député, malgré sa qualité d’ancien président. L’attribution partagée conserve cette chronologie.

Attribution revue le 2026-10-11.

Cohabitation — gouvernement Lionel Jospin. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi constitutionnelle du 2 octobre 2000, adoptée par référendum, réduit la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans, renouvelable une fois. Le projet, initialement proposé par Valéry Giscard d'Estaing sous forme de proposition de loi constitutionnelle, est repris par Jacques Chirac après de longues hésitations. Jospin, favorable au quinquennat depuis toujours, soutient la réforme. Le « quinquennat sec » — sans modification des autres dispositions constitutionnelles — est adopté par référendum le 24 septembre 2000 avec 73,2 % des voix, mais une abstention record de 69,8 %, signe d'un désintérêt massif de l'opinion. La réforme entre en vigueur pour l'élection de 2002.

Contexte

La question du quinquennat est récurrente depuis les années 1970. Pompidou avait échoué en 1973. Le septennat est jugé trop long, favorisant les cohabitations (trois depuis 1986) qui paralysent l'exécutif. L'initiative revient à Giscard d'Estaing en 2000. Chirac, longtemps hostile au quinquennat, finit par l'accepter sous la pression de Jospin et de l'opinion. Le référendum est vécu comme une formalité, ce qui explique l'abstention massive.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 10 octobre 2026
Identifiant Légifrance
JORFTEXT000000219201
Publication au JORF
02 octobre 2000
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Quinquennat

octobre 2000

Promesse d'origine

« Jospin est favorable au quinquennat et à la réduction de la cohabitation depuis 1995 »

Source : Déclarations publiques de Lionel Jospin, 1995-2000

Écart entre promesse et réalisation

L'initiative vient de Giscard et est reprise par Chirac, mais Jospin soutient activement la réforme. Le « quinquennat sec » sans réforme institutionnelle globale est cependant en deçà des ambitions initiales de Jospin.

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Quasi-disparition des cohabitations, les mandats présidentiel et législatif étant désormais synchronisés, renforçant la cohérence de l'action gouvernementale

  • Alignement de la France sur les standards européens de durée des mandats (4-5 ans), renforçant la responsabilité démocratique du président devant les électeurs

    Fiabilité hauteMesure : 2002-05-05Olivier Duhamel, préf. Robert Badinter — Le Quinquennat — Presses de Sciences Po, 2008 · ISBN 9782724610772 référence bibliographique

Effets négatifs

2
  • Présidentialisation excessive du régime : le Premier ministre perd son autonomie, le Parlement est réduit au rôle de chambre d'enregistrement de la majorité présidentielle

    Fiabilité hauteMesure : 2007-01-01Guy Carcassonne ; 12e édition avec Marc Guillaume — La Constitution (introduite et commentée par Guy Carcassonne et Marc Guillaume) — Éditions Points (Seuil), 2014 · ISBN 978-2-7578-4600-1 référence bibliographique
  • L'abstention record de 69,8 % au référendum révèle un profond désintérêt citoyen pour les questions institutionnelles et une crise de légitimité démocratique

    Taux d'abstention au référendum

Effets de bord

2
  • L'inversion du calendrier électoral (législatives après la présidentielle) transforme les élections législatives en simple confirmation du choix présidentiel, privant le Parlement de toute autonomie politique réelle

    Fiabilité hauteMesure : 2002-06-16Hugues Portelli (contributeur) — Pouvoirs n° 99 — La nouvelle Cinquième République (incluant l'article d'Hugues Portelli sur l'inversion du calendrier électoral) — Éditions du Seuil / Pouvoirs, 2001, 224 p. · ISBN 9782020482134 référence bibliographique
  • Le raccourcissement du mandat crée une « présidence permanente de campagne », le président étant immédiatement tourné vers sa réélection, réduisant le temps d'action réelle

    Fiabilité moyenneMesure : 2007-05-01Sylvain Bourmeau, Bastien François — Misère de la Ve République — Denoël, 2001, 178 p. · ISBN 978-2-207-24955-0 référence bibliographique

Analyses contradictoires

Pour

Le quinquennat met fin aux cohabitations paralysantes et responsabilise le président devant les électeurs tous les cinq ans au lieu de sept. Le septennat était un anachronisme hérité de la IIIe République. La synchronisation des mandats permet une gouvernance cohérente et lisible pour les citoyens.

Contre

Le quinquennat sec, sans réforme d'ensemble des institutions, a déséquilibré la Ve République en supprimant la cohabitation, seul contre-pouvoir au présidentialisme. Le septennat permettait au président de s'inscrire dans le temps long et donnait aux électeurs la possibilité de sanctionner à mi-mandat. Le quinquennat a transformé le Premier ministre en simple collaborateur et le Parlement en chambre d'enregistrement. [Données factuelles : Taux d'abstention au référendum : 69.8 %.]

Source académiqueMarie-Anne Cohendet — Le président de la République — Dalloz, 2002 · ISBN 978-2-247-04825-0 référence bibliographique

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Conseil constitutionnel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources