Plan d'urgence pour l'emploi — premières mesures Juppé
Premier plan d'urgence pour l'emploi du gouvernement Juppé : contrat initiative-emploi, allègements de charges et relance de l'apprentissage.
Initiative politique : gouvernementale
Acteurs et rôles documentés : Alain Juppé (Premier ministre).
Juppé propose le CIE dès mai 1995.
- Biographie officielle — Alain Juppe
Paraphrase : Proposition incluse dans le programme Juppé.
Attribution revue le 2026-10-12.
Description
Dès sa prise de fonction, Alain Juppé présente un plan d'urgence pour l'emploi le 22 juin 1995, répondant à la priorité affichée par Jacques Chirac pendant sa campagne centrée sur la « fracture sociale ». Le plan crée le contrat initiative-emploi (CIE) pour favoriser l'embauche des chômeurs de longue durée, prévoit 100 000 emplois de ville pour les jeunes des quartiers difficiles, renforce les allègements de charges sur les bas salaires (extension de la « ristourne Juppé » sur les salaires de 1 à 1,2 SMIC), et relance l'apprentissage avec un objectif de 200 000 contrats supplémentaires. Le plan mobilise 25 milliards de francs et s'accompagne de mesures fiscales (majoration de l'impôt sur les sociétés de 10 %, hausse de 2 points de la TVA passant de 18,6 % à 20,6 %). La hausse de TVA, contradictoire avec le discours sur la fracture sociale, est immédiatement critiquée à gauche comme à droite. Le plan produit des résultats modestes : les CIE peinent à être mis en place, les emplois de ville restent largement en deçà des objectifs.
Contexte
Le chômage atteint 11,6 % de la population active en mai 1995. Chirac a été élu sur le thème de la « fracture sociale », théorisé par Emmanuel Todd et Henri Guaino. L'attente sociale est forte. Mais les finances publiques sont dégradées : le déficit budgétaire dépasse 5 % du PIB, alors que les critères de Maastricht imposent 3 % pour l'entrée dans l'euro.
Texte officiel consolidé
Vérifié le 19 septembre 2026- Identifiant Légifrance
- LEGITEXT000005619251
- Numéro NOR
- TEFE9500831D
- Publication au JORF
- 20 août 1995
Chaîne d'impact
Réforme
Plan emploi Juppé (1re version)
juin 1995
Promesse d'origine
« Lutter contre la fracture sociale, faire de l'emploi la priorité absolue »
Source : Campagne présidentielle de Jacques Chirac, 1995
Écart entre promesse et réalisation
Le plan d'urgence répond à la promesse sur l'emploi mais la hausse de TVA contredit le discours sur le pouvoir d'achat des plus modestes.
Effets mesurés
Effets positifs
2Création du contrat initiative-emploi facilitant le retour à l'emploi des chômeurs de longue durée
Allègement des charges sur les bas salaires prolongeant et amplifiant le dispositif Balladur, contribuant à freiner la destruction d'emplois peu qualifiés
Fiabilité moyenneMesure : 1996-06-01Hervé Le Bihan (attribution à confirmer) — L'impact de la réduction des cotisations employeurs : quelques jalons macroéconomiques agent en recherche
Effets négatifs
2La hausse de la TVA de 18,6 % à 20,6 % pèse sur le pouvoir d'achat des ménages modestes, contredisant le discours sur la fracture sociale
TVA taux normal18.6 %20.6 %Les emplois de ville restent très largement en deçà des 100 000 prévus, avec moins de 20 000 contrats signés
Fiabilité hauteMesure : 1996-12-01Cour des comptes — Rapport sur les emplois de ville, 1997 document non retrouvé
Effets de bord
1La hausse de TVA, perçue comme une trahison de la fracture sociale, mine la crédibilité du discours chiraquien et alimente la défiance populaire envers le gouvernement Juppé dès l'été 1995
Fiabilité hauteMesure : 1995-09-01Élisabeth Dupoirier, Gérard Grunberg — Chronique de l'opinion publique 1995 (Pouvoirs/RFAP)
Analyses contradictoires
Pour
Le plan d'urgence pour l'emploi était une réponse rapide et pragmatique à la crise sociale. Les allègements de charges sur les bas salaires ont prouvé leur efficacité à long terme et ont été conservés par tous les gouvernements suivants. La hausse de TVA était nécessaire pour financer ces mesures sans creuser davantage le déficit.
Contre
Le plan Juppé trahit la fracture sociale dès les premières semaines. Augmenter la TVA, l'impôt le plus inégalitaire, pour financer des dispositifs d'emploi précaire, c'est faire payer les plus modestes pour des résultats incertains. Le contrat initiative-emploi est un énième contrat aidé sans effet structurel sur le chômage de masse. [Données factuelles : La hausse de la TVA de 18,6 % à 20,6 % pèse sur le pouvoir d'achat des ménages modestes, contredisant le discours sur la fracture sociale : 18.6 → 20.6 %.]
Sources
- [1]
Déclaration de politique générale d'Alain Juppé, 23 mai 1995
Source officielleBiais : institutionnel - [2]
DARES — Les contrats initiative emploi en 1996
Source officielleBiais : institutionnelDARES - [3]
Vie-publique.fr — Plan emploi Juppé (1re version)
Source officielleBiais : institutionnel
Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources