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Référendum du 8 janvier 1961 sur l'autodétermination de l'Algérie

Référendum approuvant à 75 % la politique d'autodétermination de l'Algérie proposée par de Gaulle, légitimant démocratiquement le processus de décolonisation.

Rattachement présidentiel : Charles de Gaulle
Gouvernement de rattachement : Michel Debré

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : Charles de Gaulle (président de la République), Michel Debré (Premier ministre, proposition gouvernementale de procédure).

De Gaulle choisit l’autodétermination et décide de demander au peuple français son approbation en janvier 1961. Son allocution distingue ce choix politique de la proposition du gouvernement nécessaire au référendum.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

Le référendum du 8 janvier 1961, organisé simultanément en métropole et en Algérie, porte sur l'approbation du projet de loi relatif à l'autodétermination des populations algériennes et à l'organisation des pouvoirs publics en Algérie avant l'autodétermination. Le « oui » l'emporte avec 75,26 % des suffrages exprimés en métropole (participation : 76,5 %) et 69,5 % en Algérie. Ce résultat massif donne à de Gaulle une légitimité démocratique incontestable pour poursuivre sa politique algérienne face à l'opposition des ultras de l'Algérie française. Le référendum est le premier de la Ve République organisé en application de l'article 11 de la Constitution, établissant un précédent pour l'usage plébiscitaire du référendum par de Gaulle.

Contexte

Depuis le discours d'autodétermination de septembre 1959, la tension monte en Algérie. La semaine des barricades (24 janvier - 1er février 1960) a montré la détermination des ultras. De Gaulle, fidèle à sa conception de la démocratie directe, en appelle au peuple pour trancher. C'est l'usage de l'article 11 comme instrument de légitimation présidentielle, pratique qui sera contestée juridiquement.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 10 octobre 2026
Identifiant Légifrance
JORFTEXT000000852818
Publication au JORF
08 décembre 1960
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Référendum sur l'Algérie (1961)

janvier 1961

Promesse d'origine

« Consulter le peuple français sur la politique algérienne par la voie du référendum. »

Source : Allocution télévisée du 16 septembre 1959, engagement de consultation populaire

Écart entre promesse et réalisation

Promesse tenue. La consultation a lieu et donne un mandat clair.

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Approbation massive par 75,26 % des suffrages exprimés en métropole avec une participation de 76,5 %, donnant une légitimité démocratique incontestable à la politique d'autodétermination

    Score du oui en métropole
    Fiabilité hauteMesure : 1961-01-08Conseil constitutionnel — Décision n° 61-4 REF du 14 janvier 1961 — Proclamation des résultats du référendum du 8 janvier 1961 agent en recherche
  • Isolement politique des partisans de l'Algérie française, désormais privés de toute légitimité démocratique pour s'opposer au processus de paix

    Fiabilité hauteMesure : 1961-01Serge Berstein — La France de l'expansion, 1 : la République gaullienne, 1958-1969 — Seuil, coll. Nouvelle histoire de la France contemporaine, vol. 17 (Points Histoire n°117), 1989, 375 p. · ISBN 2-02-010408-3 référence bibliographique

Effets négatifs

2
  • Radicalisation des ultras de l'Algérie française : le putsch des généraux éclate trois mois après le référendum, suivi de la création de l'OAS et d'une vague d'attentats

    Fiabilité hauteMesure : 1961-04-22Maurice Vaïsse — Alger, le putsch — Complexe (Bruxelles), 1983, 186 p. · ISBN 9782870271155 référence bibliographique
  • Établissement d'un précédent d'usage plébiscitaire de l'article 11 par le président, contournant la procédure normale de l'article 89 et fragilisant l'État de droit constitutionnel

    Fiabilité hauteMesure : 1961-01Georges Vedel — Manuel élémentaire de droit constitutionnel agent en recherche

Effets de bord

2
  • Consolidation de la pratique référendaire gaullienne comme instrument de démocratie directe, de Gaulle organisant cinq référendums en dix ans — une fréquence sans précédent en France

    Fiabilité hauteMesure : 1969Jean-Marie Denquin — Référendum et plébiscite : essai de théorie générale agent en recherche
  • Le vote massif en faveur de l'autodétermination a créé un traumatisme durable chez les partisans de l'Algérie française et les pieds-noirs, nourrissant un ressentiment envers de Gaulle et la classe politique qui s'est transmis sur plusieurs générations. Ce sentiment de trahison a alimenté l'extrême droite française (OAS, puis courants nostalgiques) et contribué à la tentative d'assassinat du Petit-Clamart en août 1962. Le rapatriement brutal d'un million de pieds-noirs en 1962 et le sort tragique des harkis resteront des plaies ouvertes de la mémoire nationale française pendant des décennies.

    Fiabilité hauteMesure : 1962-07Benjamin Stora — La gangrène et l'oubli. La mémoire de la guerre d'Algérie — La Découverte, 1991 · ISBN 9782707146267 référence bibliographique

Analyses contradictoires

Pour

Le référendum du 8 janvier 1961 constitue un exercice exemplaire de démocratie directe. En soumettant au peuple souverain la question la plus brûlante de l'époque — l'avenir de l'Algérie — de Gaulle a obtenu un mandat populaire clair et massif qui a légitimé le processus de paix et isolé démocratiquement les jusqu'au-boutistes de l'Algérie française. Le résultat de 75 % de oui a démontré que la nation française soutenait l'autodétermination et a privé de toute légitimité le putsch des généraux trois mois plus tard, contribuant directement à son échec.

Source académiqueSerge Berstein — La France de l'expansion, 1 : la République gaullienne, 1958-1969 — Seuil, coll. Nouvelle histoire de la France contemporaine, vol. 17 (Points Histoire n°117), 1989, 375 p. · ISBN 2-02-010408-3 référence bibliographique

Contre

Le référendum de janvier 1961 était un plébiscite déguisé, technique caractéristique du bonapartisme gaullien. La question, volontairement vague, revenait à demander aux Français de faire confiance au Général plutôt qu'à se prononcer sur une politique précise. Le contrôle total de l'information par l'ORTF, instrument de propagande gouvernementale, faussait le débat démocratique. L'utilisation de l'article 11 pour des questions relevant de l'article 89 créait un précédent constitutionnel dangereux, transformant le référendum en instrument de légitimation personnelle du chef de l'État.

MédiaFrançois Mitterrand — Le Coup d'État permanent — Les Belles Lettres (coll. « Le Goût des idées »), 2010, 256 p. · ISBN 9782251200033 référence bibliographique(gauche)

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Conseil constitutionnel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources