SignificativeDécretÉconomie & Finances

Premières mesures de libéralisation financière

Début de la modernisation et de la déréglementation des marchés financiers français.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Pierre Mauroy

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

Paradoxe apparent pour un gouvernement socialiste, le tournant de la rigueur s'accompagne des prémices d'une libéralisation financière qui sera approfondie sous le gouvernement Fabius. Dès 1983-1984, plusieurs mesures sont prises : création du second marché boursier pour les PME (février 1983), développement du marché obligataire pour financer la dette publique, premières mesures de modernisation de la place financière de Paris. Le ministre des Finances Jacques Delors et le directeur du Trésor Jean-Charles Naouri préparent la réforme du marché monétaire et la création de nouveaux instruments financiers (certificats de dépôt, billets de trésorerie). Cette libéralisation financière, menée par un gouvernement issu de la gauche, marque un renversement idéologique majeur : la gauche passe du contrôle étatique des flux financiers à l'acceptation et même la promotion des mécanismes de marché.

Contexte

Le système financier français est encore largement administré : taux d'intérêt réglementés, encadrement du crédit, contrôle des changes. La contrainte du financement de la dette publique croissante pousse à moderniser les marchés financiers.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 10 octobre 2026
Identifiant Légifrance
JORFTEXT000000504724
Publication au JORF
01 janvier 1984
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Libéralisation financière

janvier 1984

Effets mesurés

Effets positifs

1

Effets négatifs

1
  • Début de la financiarisation de l'économie française, critiquée par la gauche radicale comme une capitulation idéologique

    Fiabilité moyenneMesure : 1985-01-01Frédéric Lordon — Jusqu'à quand ? Pour en finir avec les crises financières — Raisons d'agir (diff. Seuil), 2008, 220 p. · ISBN 978-2-912107-42-8 référence bibliographique

Effets de bord

1
  • Paradoxe historique majeur : c'est un gouvernement socialiste qui enclenche la libéralisation financière en France, que la droite approfondira par les privatisations de 1986-1988. Ce renversement idéologique crée un précédent qui se reproduira sous Tony Blair (Royaume-Uni) et Gerhard Schröder (Allemagne), et devient un argument central du discours de la gauche radicale selon lequel les partis sociaux-démocrates ont trahi leur base ouvrière au profit de la finance

    Fiabilité moyenneMesure : 1997-01-01Serge Halimi — Le grand bond en arrière : comment l'ordre libéral s'est imposé au monde — Fayard, 2004 · ISBN 978-2-213-60769-6 référence bibliographique

Analyses contradictoires

Pour

La modernisation financière était indispensable pour financer l'économie et la dette publique par les marchés plutôt que par la planche à billets. Elle a renforcé l'attractivité de Paris comme place financière.

Contre

La libéralisation financière menée par un gouvernement socialiste a abandonné toute ambition de contrôle démocratique de la finance et ouvert la voie à la spéculation et aux crises financières ultérieures.

Source académiqueJacques Sapir — La Fin de l'Euro-libéralisme — Seuil, 2006 · ISBN 978-2-02-085022-3 référence bibliographique(gauche)

Chaînage législatif

Modifiée par

  • approfondissement
    Réforme financière Bérégovoy

    Le gouvernement Fabius approfondit la libéralisation financière avec la loi bancaire et la réforme du marché monétaire.

Sources

Données disponibles (9/9)
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Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

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