MajeureDécretÉconomie & Finances

Politique de désinflation compétitive

Poursuite et approfondissement de la rigueur sous le nom de « désinflation compétitive » : franc fort, maîtrise des coûts, modernisation industrielle.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Laurent Fabius

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

Laurent Fabius poursuit et approfondit la politique de rigueur initiée par Delors, en la rebaptisant « désinflation compétitive » et en l'accompagnant d'un discours modernisateur. La stratégie repose sur trois piliers : le maintien d'un franc fort arrimé au mark allemand dans le SME, la maîtrise de l'inflation par le contrôle des coûts salariaux (poursuite de la désindexation), et la promotion de la modernisation industrielle et technologique. Pierre Bérégovoy, ministre de l'Économie et des Finances, mène une politique budgétaire restrictive. L'inflation est ramenée de 7,4 % en 1984 à 2,7 % en 1986, convergent pour la première fois avec l'inflation allemande. La balance commerciale se redresse. Fabius incarne la « France qui gagne » et la réconciliation de la gauche avec l'entreprise. Cette conversion au réalisme économique est cependant critiquée à gauche comme un reniement et à droite comme un ralliement tardif aux idées libérales.

Contexte

Le gouvernement Fabius hérite de la politique de rigueur de Mauroy-3 et de Delors. L'enjeu est de transformer la rigueur subie en stratégie assumée de modernisation économique.

Chaîne d'impact

Réforme

Désinflation compétitive

août 1984

Chaînage législatif

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

2

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

La désinflation compétitive a rétabli les fondamentaux de l'économie française et préparé son intégration dans l'union monétaire européenne. La convergence avec l'Allemagne était indispensable pour la crédibilité de la France. [Données factuelles : Inflation ramenée à 2,7 % en 1986, convergeant avec l'Allemagne pour la première fois depuis les années 1960 : 7.4 → 2.7 %.]

Source académiqueJean-Paul Fitoussi — Le débat interdit : monnaie, Europe, pauvreté — Arléa, 1995, 318 p. · ISBN 2-86959-236-1 référence bibliographique(centre-gauche)

Contre

La désinflation compétitive a sacrifié l'emploi au profit de la stabilité monétaire. Le chômage de masse est le prix payé par les classes populaires pour le choix européen des élites politiques et administratives. [Données factuelles : Le chômage continue de progresser malgré la désinflation, atteignant 2,5 millions de demandeurs d'emploi en 1986 : 2200000 → 2500000 personnes.]

Source académiqueJacques Sapir — Les économistes contre la démocratie. Pouvoir, mondialisation et démocratie — Albin Michel, 2002, 259 p. p. · ISBN 9782226134271 référence bibliographique(gauche)

Chaînage législatif

Modifie les réformes suivantes

Sources

  • [1]

    Jean-Paul Fitoussi — Le débat interdit : monnaie, Europe, pauvreté — Arléa, 1995, 318 p. · ISBN 978-2-86959-236-0 référence bibliographique

    Source académiqueBiais : centre-gaucheJean-Paul Fitoussi
Données disponibles (6/9)
Effets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatifTexte officiel2+ sourcesSource avec lien

Source de vérification : Vie-publique.fr

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources