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Abolition de la peine de mort

Abolition de la peine de mort en France, portée par le garde des Sceaux Robert Badinter.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Pierre Mauroy

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : François Mitterrand (impulsion présidentielle), Robert Badinter (préparation et défense gouvernementales).

Les archives de l’Assemblée établissent une demande de Mitterrand à Badinter de préparer le projet d’abolition. L’impulsion présidentielle et le travail gouvernemental sont tous deux identifiés.

Attribution revue le 2026-10-11.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi du 9 octobre 1981 abolit la peine de mort en France, mettant fin à près de deux siècles de guillotine. Portée par le garde des Sceaux Robert Badinter, dont le discours historique à l'Assemblée nationale le 17 septembre 1981 reste un moment fondateur de la Ve République, la loi est adoptée par 363 voix contre 117. La France est alors le dernier pays d'Europe occidentale à pratiquer la peine capitale. L'abolition intervient contre l'opinion publique : 63 % des Français se déclarent favorables à la peine de mort dans les sondages de l'époque. Robert Badinter s'appuie sur les arguments de Victor Hugo, Albert Camus et sur l'évolution du droit international. L'article unique de la loi est d'une sobriété remarquable : « La peine de mort est abolie. » Cette réforme sera constitutionnalisée en 2007 par l'ajout de l'article 66-1 à la Constitution : « Nul ne peut être condamné à la peine de mort. »

Contexte

La dernière exécution en France date du 10 septembre 1977 (Hamida Djandoubi, à Marseille). L'opinion publique reste largement favorable à la peine capitale. Le débat fait rage depuis le combat abolitionniste de Victor Hugo au XIXe siècle.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 31 jours
  • Commission mixte paritaire : non réunie
  • Accord des chambres en navette simple
  • Dossier législatif (senat.fr)

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006068718_27-12-2020
Publication au JORF
10 octobre 1981
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Abolition peine de mort

octobre 1981

Chaînage législatif

2007renforcement constitutionnel

L'abolition est inscrite dans la Constitution par l'article 66-1, la rendant irréversible sans révision constitutionnelle.

→ (fiche non identifiée)

Promesse d'origine

« Proposition n° 56 des 110 propositions : abolition de la peine de mort »

Source : Programme des 110 propositions pour la France, 1981

Écart entre promesse et réalisation

Promesse tenue fidèlement et rapidement, dès le premier semestre du mandat.

Effets mesurés

Effets positifs

3

Effets négatifs

2

Effets de bord

2
  • L'opinion publique a progressivement basculé en faveur de l'abolition : en 2020, seuls 44 % des Français se déclarent favorables à un rétablissement

    Opinion favorable au rétablissement de la peine de mort
    63 %44 %
  • L'abolition a conféré à la France un rôle de leader diplomatique mondial dans le combat abolitionniste. Paris est devenue la capitale de la lutte internationale contre la peine de mort, accueillant les congrès abolitionnistes mondiaux et portant systématiquement le sujet dans les enceintes internationales (ONU, Conseil de l'Europe). La ratification du Protocole n° 6 puis du Protocole n° 13 de la Convention européenne des droits de l'homme, rendant l'abolition irréversible en droit international, a été directement facilitée par le précédent français de 1981. Cette diplomatie abolitionniste est devenue un marqueur identitaire de la politique étrangère française en matière de droits de l'homme.

    Fiabilité hauteMesure : 2007Robert Badinter — L'abolition (première partie de la référence composée) — Fayard, 2000 · ISBN 9782213607061 · notice référence bibliographique

Analyses contradictoires

Pour

L'abolition de la peine de mort est un acte fondateur de civilisation qui place la France dans le camp des démocraties les plus avancées en matière de droits de l'homme. Comme l'a dit Robert Badinter à la tribune de l'Assemblée nationale : « Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. » L'État ne peut revendiquer le monopole de la violence légitime tout en s'arrogeant le droit irréversible de tuer ses propres citoyens — un droit dont l'exercice comporte un risque d'erreur judiciaire irréparable. L'histoire a donné raison aux abolitionnistes : l'opinion a progressivement basculé, la constitutionnalisation de 2007 a rendu l'abolition irréversible, et aucune corrélation n'a pu être établie entre abolition et hausse de la criminalité.

Contre

L'abolition a été votée contre la volonté clairement exprimée de 63 % des Français, posant un problème fondamental de légitimité démocratique. Dans une démocratie, le législateur peut-il ignorer la volonté majoritaire sur un sujet aussi grave ? Les sénateurs opposés au texte ont fait valoir que la peine de mort constitue la sanction proportionnée et dissuasive pour les crimes les plus odieux, et que son abolition adresse un signal de faiblesse aux criminels les plus dangereux. Le débat n'est pas clos : chaque crime particulièrement atroce relance la question dans l'opinion, et si un référendum était organisé en France sur le sujet, le résultat ne serait pas acquis d'avance.

Source officielleExamen du projet de loi portant abolition de la peine de mort au Sénat (comptes rendus intégraux, JO Débats parlementaires Sénat) agent en recherche(droite)

Chaînage législatif

Modifiée par

  • renforcement constitutionnel
    constitutionnalisation-abolition-2007 (fiche non identifiée)

    L'abolition est inscrite dans la Constitution par l'article 66-1, la rendant irréversible sans révision constitutionnelle.

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources