StructuranteLoiSécurité & JusticeAbrogée

Loi Peyrefitte « Sécurité et Liberté »

Loi de durcissement pénal renforçant les peines, étendant la garde à vue et limitant les remises de peine, vivement contestée par la gauche et les magistrats.

Rattachement présidentiel : Valéry Giscard d'Estaing
Gouvernement de rattachement : Raymond Barre

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Alain Peyrefitte, garde des Sceaux, ministre de la Justice (1977–1981), conception et préparation du projet, Gouvernement de Raymond Barre, initiative collective décrite par le ministre.

Peyrefitte situe l’initiative dans le gouvernement et décrit une préparation de deux ans, synthétisant des rapports antérieurs après consultations de magistrats, juristes et avocats. Il distingue cette élaboration du contrôle par le Conseil d’État début 1980 et du débat parlementaire. La commission de 1976 constitue un antécédent, sans être assimilée à une commande présidentielle de cette loi.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

La loi n° 81-82 du 2 février 1981, dite loi Peyrefitte du nom du garde des Sceaux Alain Peyrefitte, renforce considérablement l'arsenal répressif de l'État. Elle aggrave les peines pour les infractions violentes et les récidivistes, étend la durée de la garde à vue, limite les remises de peine et les sursis, facilite les contrôles d'identité, crée de nouveaux délits (notamment le « délit de fuite » des conducteurs) et durcit le régime de la détention provisoire. La loi est adoptée dans un contexte de forte inquiétude sécuritaire, alimentée par la montée de la délinquance et les attentats terroristes. Elle suscite une opposition frontale de la gauche, du Syndicat de la magistrature et des associations de défense des libertés, qui la qualifient de « loi liberticide ». Partiellement censurée par le Conseil constitutionnel (décision du 19-20 janvier 1981), elle sera largement abrogée par la gauche après l'élection de Mitterrand.

Contexte

La France connaît une hausse de la délinquance dans les années 1970. L'attentat de la rue Copernic (octobre 1980) et le sentiment d'insécurité alimentent la demande sécuritaire. La présidentielle approche et Giscard cherche à répondre à la droite sécuritaire. Le débat gauche-droite sur la sécurité est très polarisé.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 272 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, accord
  • Accord en commission mixte paritaire
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

20 janvier 1981Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006068717_03-02-1981
Publication au JORF
03 février 1981
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Loi Sécurité et Liberté

février 1981

Chaînage législatif

1983abrogation

La loi du 10 juin 1983 abroge les dispositions les plus répressives de la loi Peyrefitte

→ (fiche non identifiée)

Effets mesurés

Effets positifs

1

Effets négatifs

2

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

Face à la montée de l'insécurité, l'État doit renforcer son arsenal juridique pour protéger les citoyens. La fermeté pénale est nécessaire pour dissuader les délinquants et rassurer la population.

Source académiqueAlain Peyrefitte — Les chevaux du lac Ladoga : la justice entre feu et glace — Plon, 1981 · ISBN 9782259007825 référence bibliographique(droite)

Contre

La loi sacrifie les libertés fondamentales sur l'autel du sécuritisme. L'extension des gardes à vue, des contrôles d'identité et la limitation des droits de la défense sont indignes d'un État de droit.

Chaînage législatif

Modifiée par

  • abrogation
    abrogation-securite-liberte-1983 (fiche non identifiée)

    La loi du 10 juin 1983 abroge les dispositions les plus répressives de la loi Peyrefitte

Cette réforme a été abrogée par : abrogation-securite-liberte-1983 (fiche non identifiée)

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources