StructuranteLoiSanté & Protection sociale

Loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG)

Légalisation de l'IVG pour une période probatoire de cinq ans, malgré l'opposition de la majorité parlementaire.

Rattachement présidentiel : Valéry Giscard d'Estaing
Gouvernement de rattachement : Jacques Chirac

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : Valéry Giscard d’Estaing (président de la République), Simone Veil (ministre de la Santé).

Giscard souhaite lancer la réforme de l’avortement et confie cette mission à Veil, qui conçoit et défend le texte. La qualification présidentielle suit la règle arbitrée par Valentin ; le rôle ministériel de Veil est explicite.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi n° 75-17 du 17 janvier 1975, dite loi Veil, autorise l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans les dix premières semaines de grossesse, pour une période probatoire de cinq ans. Portée par Simone Veil, ministre de la Santé, la loi est adoptée après des débats parlementaires d'une violence inouïe, où la ministre est insultée et comparée aux nazis. Le texte n'est voté que grâce aux voix de la gauche, la majorité de droite s'y opposant. La loi met fin à la situation dramatique de centaines de milliers de femmes recourant chaque année à l'avortement clandestin, souvent au péril de leur vie. La loi sera rendue définitive le 31 décembre 1979. Considérée comme l'une des plus grandes avancées sociales de la Ve République, elle a été constitutionnalisée en 2024.

Contexte

On estime à 300 000-800 000 le nombre d'avortements clandestins annuels avant la loi. Le procès de Bobigny (1972) et le Manifeste des 343 (1971) avaient mis le sujet au cœur du débat public. Giscard avait promis une « réforme humaine » et chargé Simone Veil, déportée à Auschwitz, de porter le texte.

Parcours institutionnel

Navette rallongée

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 3
  • Commission mixte paritaire : réunie, échec
  • CMP en échec — l'Assemblée a statué en dernier

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 députés

Décision n° 74-54 DC15 janvier 1975Conforme
Déclaration de 1789Préambule de 1946Principes fondamentaux (PFRLR)

Mécanisme instauré par la révision qui a ouvert la saisine à 60 parlementaires (1974).

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006068506_18-01-1975
Publication au JORF
18 janvier 1975
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Loi Veil — IVG

janvier 1975

Chaînage législatif

1979confirmation

La loi est rendue définitive, supprimant le caractère probatoire

→ (fiche non identifiée)
1982complément

Loi Roudy rendant l'IVG remboursable par la Sécurité sociale

→ (fiche non identifiée)
2001extension

Allongement du délai de 10 à 12 semaines de grossesse

→ (fiche non identifiée)
2022extension

Allongement du délai de 12 à 14 semaines de grossesse

→ (fiche non identifiée)
2024constitutionnalisation

Inscription de la liberté de recourir à l'IVG dans la Constitution

→ (fiche non identifiée)

Promesse d'origine

« Légaliser l'interruption volontaire de grossesse pour mettre fin aux avortements clandestins »

Source : Programme de campagne 1974

Écart entre promesse et réalisation

Aucun écart majeur, mais la loi est adoptée à titre probatoire pour cinq ans.

Effets mesurés

Effets positifs

4

Effets négatifs

2

Effets de bord

2

Analyses contradictoires

Pour

La loi Veil est une loi de civilisation qui met fin à l'hypocrisie mortifère de l'avortement clandestin. Avant 1975, des centaines de milliers de femmes risquaient leur vie chaque année dans des conditions sanitaires indignes, tandis que les femmes aisées avortaient à l'étranger. La loi reconnaît aux femmes un droit fondamental à disposer de leur corps et fait primer la santé publique sur le dogme. Le courage de Simone Veil face à un hémicycle qui l'insultait reste un moment fondateur de la République.

Contre

La loi Veil autorise la suppression d'une vie humaine en formation et affaiblit la protection juridique de l'enfant à naître. Ses partisans ont promis que la légalisation serait encadrée et exceptionnelle, or 220 000 IVG par an démontrent une banalisation de l'acte. La société devrait investir massivement dans la prévention, la contraception, l'accompagnement des grossesses difficiles et l'adoption, plutôt que de faciliter l'avortement comme solution de facilité.

Think tankAssociation française des centres de consultation conjugale et familiale — Respect de la vie : pour une alternative à l'avortement agent en recherche(droite)

Chaînage législatif

Modifiée par

  • confirmation
    loi-ivg-definitive-1979 (fiche non identifiée)

    La loi est rendue définitive, supprimant le caractère probatoire

  • complément
    remboursement-ivg-1982 (fiche non identifiée)

    Loi Roudy rendant l'IVG remboursable par la Sécurité sociale

  • extension
    loi-ivg-12-semaines-2001 (fiche non identifiée)

    Allongement du délai de 10 à 12 semaines de grossesse

  • extension
    loi-ivg-14-semaines-2022 (fiche non identifiée)

    Allongement du délai de 12 à 14 semaines de grossesse

  • constitutionnalisation
    constitutionnalisation-ivg-2024 (fiche non identifiée)

    Inscription de la liberté de recourir à l'IVG dans la Constitution

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources