MajeureLoiSécurité & Justice

Loi relative au renseignement

Cadre légal pour les activités de renseignement, autorisant la surveillance électronique de masse et créant la CNCTR pour contrôler ces pratiques.

Rattachement présidentiel : François Hollande
Gouvernement de rattachement : Manuel Valls

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : François Hollande, président de la République, Manuel Valls, Premier ministre, Bernard Cazeneuve et Jean-Yves Le Drian, ministres chargés des services, Jean-Jacques Urvoas et Patrice Verchère, parlementaires auteurs de travaux préparatoires.

Valls précise que Hollande décide de légiférer en conseil de défense dès juillet 2014. Les travaux gouvernementaux et la mission parlementaire Urvoas–Verchère de 2012–2013 précèdent la préparation du projet, qui ne naît donc pas des seuls attentats de 2015.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

La loi du 24 juillet 2015 relative au renseignement fournit pour la première fois un cadre légal complet aux activités des services de renseignement français, jusqu'alors régies par des textes épars et des pratiques extra-légales. Elle autorise le recours à des techniques intrusives de surveillance : sonorisation de lieux privés, captation d'images, géolocalisation en temps réel, recueil de données de connexion, et surtout installation de « boîtes noires » algorithmiques chez les opérateurs télécoms et fournisseurs d'accès pour détecter des comportements suspects. La loi crée la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR), autorité administrative indépendante remplaçant l'ancienne CNCIS, avec des pouvoirs de contrôle élargis mais contestés.

Contexte

Les attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher ont révélé les failles du renseignement français. Les frères Kouachi étaient connus des services mais avaient été sortis de surveillance. Les révélations Snowden de 2013 sur la surveillance de masse de la NSA ont créé un débat mondial sur l'équilibre entre sécurité et libertés.

Vote à l’Assemblée nationale

Scrutin n° 1109 · 5 mai 2015 · 14e législature

l'ensemble du projet de loi relatif au renseignement (première lecture)

Adopté
438
Pour
86
Contre
42
Abstentions

566 votants · 1 non-votants

Répartition par groupe (top 5)

  • PO656002252 / 10 / 17
  • PO656006143 / 35 / 20
  • PO65601017 / 11 / 2
  • PO6560145 / 11 / 2
  • PO65602217 / 0 / 0

Pour / Contre / Abstention

Voir le scrutin nominatif sur assemblee-nationale.fr

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 127 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, accord
  • Accord en commission mixte paritaire
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : Président de la République

Décision n° 2015-713 DC23 juillet 2015Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000030933629_27-07-2015
Publication au JORF
27 juillet 2015
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Loi renseignement

juillet 2015

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Cadre légal pour des pratiques de surveillance jusque-là extra-légales, renforçant la sécurité juridique des agents du renseignement

    Fiabilité hauteMesure : 2015-10-01CNCTR — Premier rapport d'activité 2015-2016 de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement agent en recherche
  • Création de la CNCTR avec des pouvoirs de contrôle renforcés par rapport à l'ancienne CNCIS : contrôle a priori et a posteriori, accès aux locaux des services

    Fiabilité hauteMesure : 2015-10-01CNCTR — Notre rôle | CNCTR agent en recherche

Effets négatifs

2
  • Les « boîtes noires » algorithmiques constituent une forme de surveillance de masse sans précédent en France, traitant les métadonnées de millions de communications

    Fiabilité moyenneMesure : 2016-12-31Loi renseignement : tous surveillés ! agent en recherche
  • Plusieurs hébergeurs et entreprises numériques français menacent de délocaliser leurs serveurs à l'étranger, invoquant la perte de confiance des clients

    Fiabilité moyenneMesure : 2015-07-01 — Loi renseignement : #NiPigeonsNiEspions organise la grogne agent en recherche

Effets de bord

1
  • La loi a créé un précédent juridique utilisé pour étendre les pouvoirs de surveillance lors des prolongations de l'état d'urgence, puis intégrés dans le droit commun par la loi SILT de 2017

    Fiabilité hauteMesure : 2017-10-30Le Monde Les Décodeurs — État d'urgence dans le droit commun : les enjeux de la loi agent en recherche

Analyses contradictoires

Pour

La France avait besoin d'un cadre légal pour ses services de renseignement, seul pays occidental à fonctionner sans loi-cadre. La CNCTR offre un contrôle démocratique inédit. La menace terroriste justifie des moyens techniques modernes. Les démocraties anglo-saxonnes disposent de dispositifs similaires (GCHQ, NSA).

Contre

La loi instaure une surveillance de masse disproportionnée au regard de la menace. Les « boîtes noires » algorithmiques violent le droit à la vie privée garanti par l'article 8 de la CEDH. Le contrôle de la CNCTR est insuffisant : commission consultative sans pouvoir de veto réel. L'exemple de la NSA montre que la surveillance de masse est inefficace contre le terrorisme ciblé.

Institution internationaleAmnesty International — France. La nouvelle loi sur la surveillance porte gravement atteinte aux droits humains agent en recherche

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources