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Déclaration de l'état d'urgence après les attentats du 13 novembre 2015

Déclaration de l'état d'urgence en métropole et en Corse le 14 novembre, puis dans certaines collectivités ultramarines après les attentats du Bataclan et des terrasses, prolongé six fois jusqu'en novembre 2017.

Rattachement présidentiel : François Hollande
Gouvernement de rattachement : Manuel Valls

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : François Hollande, président de la République, Manuel Valls, Premier ministre, Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur.

Hollande revendique la décision initiale de déclencher l’état d’urgence après les attentats de novembre 2015. La qualification vise le déclenchement métropolitain et corse du 14 novembre ; l’extension outre-mer et les lois de prolongation sont des étapes distinctes. Valls et Cazeneuve organisent les mesures et préparent les textes.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

Le 14 novembre 2015, au lendemain des attentats coordonnés de Paris et Saint-Denis (Bataclan, terrasses de cafés, Stade de France — 130 morts et 413 blessés), le président Hollande décrète l'état d'urgence sur le territoire métropolitain et en Corse en application de la loi du 3 avril 1955. L’extension aux collectivités de Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion, Mayotte, Saint-Barthélemy et Saint-Martin intervient à compter du 19 novembre 2015 par un décret distinct du 18 novembre. Le dispositif autorise les préfets à ordonner des perquisitions administratives sans autorisation judiciaire, des assignations à résidence, des interdictions de manifestation et des fermetures de lieux de culte. Dans les premières semaines, plus de 3 500 perquisitions administratives sont menées et 400 assignations à résidence prononcées. L'état d'urgence sera prolongé six fois par le Parlement : à partir de la loi du 20 novembre 2015, puis au cours de 2016 et de 2017, avant de prendre fin le 1er novembre 2017, date à laquelle la loi SILT intègre dans le droit commun plusieurs dispositions d'exception. La durée totale de l'état d'urgence (près de deux ans) est sans précédent dans l'histoire de la Ve République et pose la question de la normalisation de l'exception.

Contexte

La France subit le 13 novembre 2015 les attentats les plus meurtriers de son histoire : 130 morts dans des attaques coordonnées revendiquées par l'État islamique. Le pays avait déjà été frappé en janvier 2015 (Charlie Hebdo, Hyper Cacher, 17 morts). La menace terroriste est au niveau maximum et la France participe aux opérations militaires contre Daech en Irak et en Syrie.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000031483445_14-11-2015
Publication au JORF
14 novembre 2015
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

État d'urgence (13 novembre)

novembre 2015

Chaînage législatif

2017transformation

La loi SILT intègre les mesures de l'état d'urgence dans le droit commun, mettant fin à l'état d'urgence le 1er novembre 2017

→ (fiche non identifiée)

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

2
  • Atteintes massives aux libertés individuelles : assignations à résidence abusives, perquisitions de nuit traumatisantes pour des familles sans lien avec le terrorisme

    Fiabilité moyenneMesure : 2016-12-31Ligue des droits de l'Homme (LDH) — Fausse sortie de l'état d'urgence, vrai recul de l'État de droit agent en recherche
  • Sur 4 400 perquisitions, seulement 61 procédures judiciaires ouvertes pour terrorisme, interrogeant l'efficacité du dispositif

    Procédures judiciaires pour terrorisme issues des perquisitions
    0 procédures61 procédures
    Fiabilité hauteMesure : 2017-11-01Rapport du comité de suivi parlementaire de l'état d'urgence de la commission des lois (rendu public le 22 février 2017) agent en recherche

Effets de bord

2
  • L'état d'urgence a été utilisé pour interdire des manifestations écologistes lors de la COP21 et des manifestations contre la loi Travail en 2016, détournant le dispositif de sa finalité antiterroriste

    Fiabilité hauteMesure : 2016-06-01Vies bouleversées : la double peine des violations des droits humains en situation d'état d'urgence agent en recherche
  • La loi SILT de 2017 a intégré dans le droit commun plusieurs mesures d'exception (perquisitions administratives, fermeture de lieux de culte), normalisant la logique sécuritaire de l'état d'urgence

    Fiabilité hauteMesure : 2017-10-30LOI n° 2017-1510 du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme agent en recherche

Analyses contradictoires

Pour

L'état d'urgence était une réponse proportionnée à une menace terroriste d'ampleur inédite. Les perquisitions administratives ont permis de saisir des centaines d'armes et de démanteler des réseaux. La menace persistante (Nice, Saint-Étienne-du-Rouvray) justifiait les prolongations. Le cadre juridique de l'état d'urgence est encadré par le contrôle parlementaire et juridictionnel. [Données factuelles : Plus de 4 400 perquisitions administratives en deux ans, permettant la saisie d'armes et l'identification de réseaux radicalisés : 0 → 4400 perquisitions.]

analyse de la rédactionArgument formulé par nous, sans source tierce.

Contre

L'état d'urgence permanent est une anomalie démocratique qui banalise l'exception. Le ratio de 61 procédures judiciaires pour 4 400 perquisitions démontre l'inefficacité du dispositif. L'utilisation contre les manifestants écologistes et syndicaux révèle un détournement politique. La France s'engage dans une spirale sécuritaire dont la loi SILT est l'aboutissement : l'exception devient la norme. [Données factuelles : Sur 4 400 perquisitions, seulement 61 procédures judiciaires ouvertes pour terrorisme, interrogeant l'efficacité du dispositif : 0 → 61 procédures.]

Think tankNon à l'état d'urgence permanent agent en recherche(gauche)

Chaînage législatif

Modifiée par

  • transformation
    ref-macron-silt-2017 (fiche non identifiée)

    La loi SILT intègre les mesures de l'état d'urgence dans le droit commun, mettant fin à l'état d'urgence le 1er novembre 2017

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources