SignificativeLoiSécurité & Justice

Loi relative à l'individualisation des peines et renforçant l'efficacité des sanctions pénales (loi Taubira pénale)

Création de la contrainte pénale comme alternative à l'incarcération, suppression des peines planchers et renforcement de l'individualisation des peines.

Rattachement présidentiel : François Hollande
Gouvernement de rattachement : Jean-Marc Ayrault

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Christiane Taubira — garde des Sceaux, initiative de la préparation, Nicole Maestracci — présidente du comité d’organisation, Françoise Tulkens — présidente du jury de consensus.

Maestracci décrit la lettre reçue de Taubira en septembre 2012 et l’initiative ministérielle de la conférence préparatoire. Le Sénat relie cette conférence au projet pénal de 2014 ; le texte n’en reprend pas toutes les recommandations. La commande, l’expertise et les choix législatifs sont distingués.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Partiellement tenue

Description

La loi du 15 août 2014, portée par la garde des Sceaux Christiane Taubira, réforme la politique pénale en créant la contrainte pénale, peine de probation pouvant être prononcée à la place de l'emprisonnement pour les délits punis de cinq ans d'emprisonnement maximum (étendu à dix ans en 2017). Elle supprime les peines planchers instaurées par la loi Dati de 2007 et renforce le principe d'individualisation des peines. La loi modifie également le régime des réductions de peine et crée la libération sous contrainte aux deux tiers de la peine. Le texte est préparé sous le gouvernement Ayrault mais promulgué sous Valls 1. Il s'inscrit dans une philosophie pénale fondée sur la prévention de la récidive plutôt que sur la seule sanction. La contrainte pénale est cependant peu utilisée en pratique (2 700 prononciations en 2016), les magistrats préférant les dispositifs existants (sursis avec mise à l'épreuve).

Contexte

La France affiche un taux d'incarcération de 103 pour 100 000 habitants en 2013 et une surpopulation carcérale chronique (118 % de taux d'occupation). Le taux de récidive reste élevé. La conférence de consensus sur la prévention de la récidive (2013) préconise le développement des peines alternatives à l'incarcération.

Vote à l’Assemblée nationale

Scrutin n° 810 · 10 juin 2014 · 14e législature

l'ensemble du projet de loi relatif à la prévention de la récidive et à l'individualisation des peines.

Adopté
328
Pour
231
Contre
0
Abstentions

559 votants · 3 non-votants

Répartition par groupe (top 5)

  • PO656002283 / 0 / 0
  • PO6560060 / 198 / 0
  • PO6560100 / 26 / 0
  • PO65601418 / 0 / 0
  • PO65602214 / 0 / 0

Pour / Contre / Abstention

Voir le scrutin nominatif sur assemblee-nationale.fr

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 310 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, accord
  • Accord en commission mixte paritaire
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 députés

7 août 2014Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000029363374_01-10-2014
Publication au JORF
01 octobre 2014
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Réforme pénale Taubira

août 2014

Promesse d'origine

« François Hollande avait annoncé une « grande loi pénale » centrée sur la prévention de la récidive »

Source : Discours de campagne sur la justice, 2012

Écart entre promesse et réalisation

Promesse tenue dans sa philosophie mais impact limité en pratique : la contrainte pénale est peu utilisée par les magistrats.

Effets mesurés

Effets positifs

1
  • Suppression des peines planchers, rétablissant la pleine liberté d'appréciation des magistrats

    Fiabilité hauteMesure : 2014-08-15Ministère de la Justice — Circulaire du 26 septembre 2014 de présentation de la loi n° 2014-896 du 15 août 2014 relative à l'individualisation des peines et renforçant l'efficacité des sanctions pénales agent en recherche

Effets négatifs

1

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

La prison est une école de la récidive. Les peines alternatives à l'incarcération (probation, contrainte pénale) sont plus efficaces pour prévenir la récidive tout en coûtant moins cher à la collectivité. La suppression des peines planchers rétablit le pouvoir d'individualisation du juge, fondement de la justice pénale.

Source officielleJury de la conférence de consensus (présidence : Françoise Tulkens) — Conférence de consensus — Pour une nouvelle politique publique de prévention de la récidive : principes d'action et méthodes (rapport du jury de consensus remis au Premier ministre) agent en recherche

Contre

La suppression des peines planchers et la création de la contrainte pénale envoient un signal de laxisme aux délinquants. La certitude de la peine est le premier facteur de dissuasion. Dans un contexte de montée de l'insécurité et du terrorisme, affaiblir la réponse pénale est irresponsable. [Données factuelles : La contrainte pénale est très peu utilisée : 2 700 prononcés en 2016, bien en deçà des attentes : 0 → 2700 prononcés.]

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources