SignificativeLoiSécurité & Justice

Loi relative à la lutte contre le terrorisme et loi sur la sécurité dans les transports

Loi renforçant la lutte antiterroriste par la vidéosurveillance, le contrôle des communications électroniques et l'allongement de la garde à vue.

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Dominique de Villepin

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

La loi n° 2006-64 du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme renforce l'arsenal antiterroriste français dans le sillage des attentats de Londres du 7 juillet 2005. Portée par Nicolas Sarkozy, elle étend la vidéosurveillance dans les transports en commun et les lieux publics, autorise l'accès direct des services de renseignement aux données de connexion des opérateurs téléphoniques et fournisseurs d'accès internet sans autorisation judiciaire préalable, et permet la consultation automatisée des fichiers de passagers aériens (PNR). La loi crée la possibilité de déchoir de la nationalité française les personnes naturalisées depuis moins de quinze ans condamnées pour actes de terrorisme (disposition finalement non retenue dans le texte final). Elle allonge la durée de garde à vue en matière de terrorisme à 144 heures (6 jours) et facilite les perquisitions dans les lieux de culte. La loi instaure également le délit de provocation au terrorisme sur internet et permet le gel des avoirs des personnes liées au terrorisme par décision administrative. Certaines dispositions sont adoptées à titre expérimental pour trois ans, avec clause de rendez-vous.

Contexte

Les attentats de Londres du 7 juillet 2005 (56 morts) ont relancé la menace terroriste en Europe. La France, déjà cible d'attentats en 1995 (GIA algérien), renforce ses dispositifs. Le débat oppose la nécessité de protéger la population au respect des libertés individuelles. Le Conseil constitutionnel et la CNIL exercent un contrôle vigilant sur les mesures les plus intrusives.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 87 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 sénateurs

19 janvier 2006Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006053177_15-11-2014
Publication au JORF
24 janvier 2006
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Loi antiterrorisme 2006

janvier 2006

Chaînage législatif

2015remplacement partiel

La loi renseignement de 2015 remplace et étend considérablement les dispositifs de surveillance de la loi de 2006.

→ (fiche non identifiée)

Modifie également

Effets mesurés

Effets positifs

1
  • Renforcement effectif de la surveillance des réseaux terroristes : démantèlement de 15 cellules terroristes entre 2006 et 2008 grâce aux nouveaux outils de surveillance

    Mesure : 2008-12-31Analyse de la rédaction — interprétation éditoriale, sans source tierce attachée.

Effets négatifs

1
  • Extension de la surveillance de masse des communications électroniques sans contrôle judiciaire, critiquée par la CNIL et les organisations de défense des libertés

    Fiabilité hauteMesure : 2006-06-01CNIL — Observations de la CNIL sur le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme agent en recherche

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

Face à la menace terroriste, il est indispensable de donner aux services de renseignement les outils technologiques adaptés à l'ère numérique. La vidéosurveillance et l'accès aux données de connexion sont des moyens proportionnés pour prévenir des attaques qui peuvent tuer des dizaines de civils.

Source officielleNicolas Sarkozy, ministre d'État, ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire — 23.11.2005 — Projet de loi relatif à la lutte contre le terrorisme agent en recherche(droite)

Contre

La loi étend la surveillance de masse au-delà de ce qui est nécessaire et proportionné. L'accès aux données de connexion sans contrôle judiciaire viole le droit à la vie privée. Les dispositions temporaires deviennent permanentes, créant un engrenage sécuritaire qui grignote les libertés fondamentales au nom d'une menace réelle mais instrumentalisée.

analyse de la rédactionArgument formulé par nous, sans source tierce.

Chaînage législatif

Modifiée par

  • remplacement partiel
    ref-hollande-renseignement-2015 (fiche non identifiée)

    La loi renseignement de 2015 remplace et étend considérablement les dispositifs de surveillance de la loi de 2006.

Modifie les réformes suivantes

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources