StructuranteLoiImmigration & Intégration

Loi relative à l'immigration et à l'intégration (immigration choisie)

Réforme du Code de l'entrée et du séjour des étrangers substituant une logique d'« immigration choisie » à l'« immigration subie ».

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Dominique de Villepin

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Nicolas Sarkozy — ministre de l’Intérieur et président de l’UMP en 2005–2006, Dominique de Villepin — Premier ministre, François Baroin — ministre de l’Outre-mer, volet ultramarin.

Sarkozy retrace l’annonce de la nouvelle politique à la convention UMP de juin 2005 puis explique que le projet de 2006 la concrétise. Il porte alors la réforme comme ministre de l’Intérieur, avant sa présidence. Le volet ultramarin résulte aussi du comité interministériel et de travaux parlementaires.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Partiellement tenue

Description

La loi n° 2006-911 du 24 juillet 2006 relative à l'immigration et à l'intégration, portée par Nicolas Sarkozy, ministre d'État et de l'Intérieur, réforme en profondeur le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Elle introduit le concept d'« immigration choisie » par opposition à l'« immigration subie », en privilégiant l'immigration économique qualifiée. La loi crée la carte « compétences et talents » pour les étrangers ayant un projet susceptible de contribuer au rayonnement de la France. Elle durcit les conditions du regroupement familial : le demandeur doit résider en France depuis au moins 18 mois (contre 12 auparavant), disposer de ressources au moins égales au SMIC et d'un logement adapté.

Contexte

L'immigration est un thème central de la vie politique française depuis les années 1980. Nicolas Sarkozy en fait un levier de sa stratégie présidentielle, cherchant à capter l'électorat tenté par le Front national. Les émeutes de 2005 ont relancé le débat sur l'intégration. La France connaît environ 200 000 entrées légales par an et un nombre indéterminé d'entrées irrégulières. Les pays anglo-saxons (Canada, Australie) sont présentés comme modèles d'immigration sélective.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 117 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 sénateurs

20 juillet 2006Conforme

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006054082_25-07-2006
Publication au JORF
25 juillet 2006
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Loi immigration choisie Sarkozy

juillet 2006

Chaînage législatif

2007durcissement

La loi Hortefeux de 2007 durcit encore les conditions de regroupement familial en imposant les tests ADN et l'évaluation du niveau de français dans le pays d'origine.

→ (fiche non identifiée)

Modifie également

Promesse d'origine

« Passer d'une immigration subie à une immigration choisie, fondée sur les besoins économiques de la France »

Source : Nicolas Sarkozy, discours à l'Assemblée nationale, 2005

Écart entre promesse et réalisation

La loi correspond à la doctrine Sarkozy mais n'a pas significativement modifié la structure des flux migratoires, l'immigration familiale restant majoritaire.

Effets mesurés

Effets positifs

1

Effets négatifs

2

Effets de bord

1
  • Installation d'un rythme effréné de réformes migratoires — une loi par an en moyenne — créant une instabilité juridique préjudiciable aux étrangers comme à l'administration

    Fiabilité hauteMesure : 2008-01-01Rapport public 2006 — Sécurité juridique et complexité du droit agent en recherche

Analyses contradictoires

Pour

L'immigration choisie est une politique responsable qui aligne les flux migratoires sur les besoins économiques du pays. La carte compétences et talents permet d'attirer les talents étrangers. Le contrat d'accueil responsabilise les migrants et facilite leur intégration. C'est le modèle qui fonctionne au Canada et en Australie. [Données factuelles : Mise en place du contrat d'accueil et d'intégration (CAI) pour tous les primo-arrivants : 100 000 contrats signés la première année, incluant formation linguistique et civique : 0 → 100000 contrats par an.]

Source officielleNicolas Sarkozy — Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire et président de l'UMP, sur les objectifs et les mesures du projet de loi sur l'immigration « choisie » et l'intégration, et le bilan de la politique d'immigration agent en recherche(droite)

Contre

La distinction entre immigration « choisie » et « subie » est une construction rhétorique qui stigmatise le regroupement familial, droit fondamental garanti par la Convention européenne des droits de l'homme. L'immigration choisie est un trompe-l'œil : la France n'a pas les moyens de sélectionner ses immigrés comme le Canada car elle n'est pas aussi attractive. Le vrai résultat est la précarisation des étrangers en situation régulière. [Données factuelles : L'immigration familiale reste majoritaire (52 % des titres de séjour en 2008), l'objectif de rééquilibrage vers l'immigration économique n'est pas atteint : 54 → 52 %.]

Chaînage législatif

Modifiée par

  • durcissement
    ref-sarkozy-immigration-hortefeux-2007 (fiche non identifiée)

    La loi Hortefeux de 2007 durcit encore les conditions de regroupement familial en imposant les tests ADN et l'évaluation du niveau de français dans le pays d'origine.

Modifie les réformes suivantes

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources