SignificativeDécretImmigration & Intégration

Commission Long sur la réforme du Code de la nationalité

Création d'une commission de sages présidée par Marceau Long pour réformer le Code de la nationalité et remplacer l'acquisition automatique.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Jacques Chirac

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Jacques Chirac (Premier ministre), Marceau Long (président de la Commission de la nationalité).

Chirac lance en 1987 la commission chargée de rechercher un consensus sur la réforme de la nationalité.

Attribution revue le 2026-10-12.

Cohabitation — gouvernement Jacques Chirac. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse non tenue

Description

Face à la controverse suscitée par le projet de réforme du Code de la nationalité, le gouvernement Chirac crée le 22 juin 1987 une « commission de sages » présidée par Marceau Long, vice-président du Conseil d'État. Le projet initial du gouvernement visait à remplacer le droit du sol automatique (jus soli) par une exigence de « manifestation de volonté » : les jeunes nés en France de parents étrangers devraient effectuer une démarche volontaire pour obtenir la nationalité française, au lieu de l'acquérir automatiquement à 18 ans. Ce projet, porté par le ministre de la Justice Albin Chalandon, est vivement contesté par la gauche, les associations antiracistes et une partie de la droite modérée. Chirac, échaudé par le fiasco Devaquet, choisit la voie de la concertation. La commission Long auditionne 150 personnalités et rend son rapport en janvier 1988. Elle préconise effectivement une « manifestation de volonté » tout en l'assouplissant considérablement. Le rapport ne sera pas traduit en loi sous Chirac (fin de la cohabitation en mai 1988), mais la réforme sera partiellement reprise par les lois Méhaignerie (1993) puis Guigou (1998).

Contexte

Le débat sur l'identité nationale et l'intégration des jeunes issus de l'immigration est central dans les années 1980. Le Front national fait de la remise en cause du droit du sol un cheval de bataille. Le gouvernement est tiraillé entre fermeté et modération.

Chaîne d'impact

Réforme

Commission Long (nationalité)

juin 1987

Promesse d'origine

« Réformer le Code de la nationalité pour exiger une manifestation de volonté (programme RPR 1986) »

Source : Programme RPR pour les législatives de 1986

Écart entre promesse et réalisation

Promesse non aboutie : le gouvernement crée une commission mais ne parvient pas à légiférer avant la fin de la cohabitation.

Effets mesurés

Effets positifs

1
  • Le rapport Long pose les termes d'un débat apaisé sur la nationalité et fait émerger un consensus relatif sur la manifestation de volonté

    Fiabilité hauteMesure : 1988-01-01Commission de la nationalité (prés. Marceau Long) — Être français aujourd'hui et demain - Tomes 1 et 2 : rapport remis au Premier ministre par la Commission de la nationalité présidée par M. Marceau Long agent en recherche

Effets négatifs

1
  • Le débat public sur la nationalité ravive les tensions communautaires et alimente le sentiment de stigmatisation des jeunes Français d'origine étrangère

    Fiabilité moyenneMesure : 1987-12-01Michèle Tribalat (préf. Marceau Long) — Faire France : une enquête sur les immigrés et leurs enfants — La Découverte, 1995, 231 p. p. · ISBN 978-2-7071-2449-4 référence bibliographique

Effets de bord

1
  • La loi Méhaignerie de 1993 introduira la manifestation de volonté recommandée par la commission Long, avant que la loi Guigou de 1998 ne rétablisse l'automaticité avec quelques aménagements

    Fiabilité hauteMesure : 1998-01-01Patrick Weil — Qu'est-ce qu'un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution — Grasset, 2002, 480 p. p. · ISBN 978-2-246-60571-3 référence bibliographique

Analyses contradictoires

Pour

Devenir français doit résulter d'un acte volontaire et conscient, pas d'un automatisme juridique. La manifestation de volonté valorise la citoyenneté et renforce l'intégration en faisant de la nationalité un choix positif.

Contre

Remettre en cause le droit du sol, c'est créer des citoyens de seconde zone. Un enfant né et élevé en France est français : exiger une démarche administrative est une suspicion injurieuse envers les enfants d'immigrés et une concession à l'extrême droite.

Sources

Données disponibles (7/9)
2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeTexte officielChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources