Privatisation de la Société Générale
Privatisation de la Société Générale, troisième banque française, avec 2,3 millions de souscripteurs individuels.
Initiative politique : non documentée
⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.
Cohabitation — gouvernement Jacques Chirac. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.
Comment l’initiative est-elle établie ?Description
La privatisation de la Société Générale, en juin 1987, est l'une des opérations les plus importantes du programme Balladur. Troisième banque française par le total de bilan, la Société Générale avait été nationalisée en 1945 (et non en 1982 comme les autres banques du programme Mauroy). Sa privatisation a une portée symbolique particulière : elle touche au secteur bancaire nationalisé depuis la Libération. L'opération rassemble 2,3 millions de souscripteurs individuels et confirme l'engouement pour l'actionnariat populaire. Le noyau dur est constitué autour de la Compagnie de Navigation Mixte et de partenaires institutionnels. La Société Générale privatisée deviendra l'un des piliers du capitalisme bancaire français, survivant au krach de 1987 puis aux crises financières successives, bien que fragilisée par l'affaire Kerviel en 2008. La privatisation du secteur bancaire français, entamée avec Paribas et la Société Générale, sera poursuivie sous Balladur (BNP, 1993) et Jospin (Crédit Lyonnais, 2002).
Contexte
Le système bancaire français est largement nationalisé (nationalisations de 1945 et 1982). Le gouvernement veut créer de grandes banques privées compétitives à l'échelle européenne, dans la perspective du marché unique de 1993.
Texte officiel consolidé
Vérifié le 19 septembre 2026- Identifiant Légifrance
- JORFTEXT000000290983
Chaîne d'impact
Promesse d'origine
« Privatiser les banques nationalisées (programme RPR-UDF 1986) »
Source : Plateforme commune RPR-UDF, « Gouverner ensemble », 1986
Écart entre promesse et réalisation
Promesse tenue pour la Société Générale. Le programme complet de privatisation bancaire sera poursuivi par Balladur et Jospin.
Effets mesurés
Effets positifs
22,3 millions de souscripteurs individuels, confirmant le succès de l'actionnariat populaire
Souscripteurs individuels SocGén0 souscripteurs2300000 souscripteursFiabilité hauteMesure : 1987-07-15Encyclopædia Universalis — France. Succès de la privatisation de la Société générale. 27 juin 1987Renforcement de la compétitivité de la banque sur le marché européen grâce à la liberté de gestion et d'investissement
Fiabilité hauteMesure : 1993-01-01Revue d'économie financière n°72 — L'élargissement européen : un relais de croissance pour une banque occidentale (cas Société Générale)
Effets négatifs
1Perte du levier bancaire public pour la politique industrielle : l'État ne peut plus orienter le crédit vers les secteurs prioritaires
Fiabilité moyenneMesure : 1990-01-01Revue Banque (essai) — Les banques entre nationalisations et privatisations : l'État parrain, propriétaire ou tuteur ?
Effets de bord
1La privatisation progressive de l'ensemble du secteur bancaire français (BNP en 1993, Crédit Lyonnais en 2002) fait de la France un pays sans grande banque publique, contrairement à l'Allemagne (Landesbanken) ou l'Italie
Fiabilité hauteMesure : 2002-01-01BNP Paribas — Archives & Histoire — « Grandissons ensemble » : la privatisation de la BNP en 1993
Analyses contradictoires
Pour
Les banques publiques sont inefficientes car elles répondent à des logiques politiques et non économiques. La privatisation de la Société Générale lui a permis de se développer à l'international et de devenir un acteur bancaire européen de premier plan. [Données factuelles : 2,3 millions de souscripteurs individuels, confirmant le succès de l'actionnariat populaire : 0 → 2300000 souscripteurs.]
Contre
Privatiser les grandes banques, c'est abandonner un instrument essentiel de la souveraineté économique. L'État perd la capacité d'orienter le crédit vers l'intérêt général, l'investissement productif et les territoires défavorisés. Les crises bancaires montreront que l'État doit toujours renflouer les banques privées.
Chaînage législatif
Modifie les réformes suivantes
Sources
- [1]
Conseil des ministres du 25 février 1987 — Premier bilan des privatisations
Source officielleBiais : institutionnel
Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources