MajeureDécretImmigration & Intégration

Rapatriement et internement des harkis dans les camps de transit

Rapatriement limité et controversé des harkis, anciens supplétifs musulmans de l'armée française, hébergés dans des camps de transit aux conditions indignes.

Rattachement présidentiel : Charles de Gaulle
Gouvernement de rattachement : Georges Pompidou

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse inversée

Description

Après le cessez-le-feu du 19 mars 1962, les harkis — supplétifs musulmans ayant combattu aux côtés de l'armée française — se trouvent dans une situation dramatique. Le gouvernement Pompidou, sur instruction du général de Gaulle, adopte une politique restrictive de rapatriement. La note du 12 mai 1962 du ministre des Armées Pierre Messmer ordonne de « ne pas faciliter » le transfert des harkis en métropole, voire de sanctionner les officiers qui aideraient au rapatriement. Malgré ces directives, environ 42 500 harkis et leurs familles (soit environ 90 000 personnes au total) parviennent à gagner la France, souvent grâce à l'initiative individuelle d'officiers français désobéissant aux ordres. Ceux qui sont rapatriés sont placés dans des camps de transit (Rivesaltes, Larzac, Saint-Maurice-l'Ardoise, Bias) aux conditions de vie déplorables : baraquements insalubres, isolement, encadrement quasi militaire. Certains y resteront plus de dix ans. Pendant ce temps, en Algérie, des dizaines de milliers de harkis sont massacrés par le FLN dans des conditions atroces.

Contexte

Les accords d'Évian ne prévoient aucune protection spécifique pour les harkis. De Gaulle et le gouvernement craignent qu'un rapatriement massif de population musulmane ne crée des problèmes d'intégration en métropole. La priorité politique est de solder rapidement l'affaire algérienne, quitte à sacrifier ceux qui avaient combattu pour la France.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000045223012_26-02-2022
Publication au JORF
26 février 2022
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Sort des harkis

mai 1962

Aucun effet positif documenté

Chaînage législatif

2001reconnaissance

Journée nationale d'hommage aux harkis instaurée par Jacques Chirac le 25 septembre.

→ (fiche non identifiée)
2022réparation

Loi portant reconnaissance de la Nation et réparation des préjudices subis par les harkis et leurs familles du fait de leurs conditions d'accueil.

→ (fiche non identifiée)

Promesse d'origine

« La France avait implicitement promis protection à ceux qui combattaient sous son drapeau. Les engagements moraux envers les supplétifs étaient clairs. »

Source : Engagements contractuels des supplétifs de l'armée française

Écart entre promesse et réalisation

Trahison majeure : la France a non seulement abandonné la majorité des harkis aux représailles du FLN, mais a activement entravé leur rapatriement et parqué les rescapés dans des camps indignes.

Effets mesurés

Effets négatifs

3
  • Massacre de dizaines de milliers de harkis restés en Algérie après l'indépendance, estimations variant de 30 000 à 150 000 victimes

    Fiabilité basseMesure : 1963-01-01Mohand Hamoumou — Et ils sont devenus harkis — Fayard, 1993, 364 p. · notice référence bibliographique
  • Conditions de vie indignes dans les camps de transit français : isolement, insalubrité, privation de liberté de mouvement, scolarisation déficiente des enfants

    Fiabilité hauteMesure : 1975-01-01Stéphanie Abrial — Les enfants de harkis : de la révolte à l'intégration — L'Harmattan, coll. Histoire et Perspectives Méditerranéennes, 2002 · ISBN 9782747524421 référence bibliographique
  • Traumatisme intergénérationnel et marginalisation sociale durable des familles de harkis, avec des effets visibles sur la deuxième et troisième génération

    Fiabilité hauteMesure : 2000-01-01Stéphanie Anrial ; préface de Bernard Denni — Les enfants de Harkis : de la révolte à l'intégration — L'Harmattan, 2002, 256 p. · ISBN 2-7475-2442-6 · notice référence bibliographique

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

Dans le contexte de l'époque, le rapatriement même limité de 90 000 personnes représentait un effort significatif. La priorité était de mettre fin à la guerre et de gérer simultanément l'accueil d'un million de pieds-noirs. Les moyens de l'État étaient limités face à l'urgence. [Note : aucun effet positif documenté pour cette réforme dans notre base — cela peut refléter un manque de données plutôt qu'une absence réelle d'effets positifs.]

Source académiqueGuy Pervillé — Atlas de la guerre d'Algérie : de la conquête à l'indépendance — Autrement, 2003 · ISBN 9782746716148 référence bibliographique

Contre

L'abandon des harkis constitue l'une des plus grandes trahisons de l'État français. La France a délibérément empêché le rapatriement de ceux qui avaient combattu pour elle, les livrant aux massacres du FLN, puis a parqué les rescapés dans des camps. Cette politique relève de la faute morale et historique.

Source académiqueMohand Hamoumou ; préface de Dominique Schnapper — Et ils sont devenus harkis — Fayard, 1993, 364 p. · ISBN 2-213-03076-6 · notice référence bibliographique

Chaînage législatif

Modifiée par

  • reconnaissance
    ref-chirac-reconnaissance-harkis-2001 (fiche non identifiée)

    Journée nationale d'hommage aux harkis instaurée par Jacques Chirac le 25 septembre.

  • réparation
    ref-macron-loi-harkis-2022 (fiche non identifiée)

    Loi portant reconnaissance de la Nation et réparation des préjudices subis par les harkis et leurs familles du fait de leurs conditions d'accueil.

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatifEffets positifs

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources