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Loi d'amnistie relative aux événements d'Algérie

Amnistie des infractions commises dans le cadre des événements liés à la guerre d'Algérie, visant à tourner la page du conflit et à pacifier la société française.

Rattachement présidentiel : Charles de Gaulle
Gouvernement de rattachement : Georges Pompidou

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Partiellement tenue

Description

Plusieurs textes d'amnistie sont adoptés en lien avec la fin de la guerre d'Algérie. Le décret du 22 mars 1962, pris dans le cadre des accords d'Évian, amnistie les faits commis par les combattants algériens. Puis les ordonnances et décrets successifs de 1962 élargissent progressivement l'amnistie aux différents acteurs du conflit. La loi d'amnistie votée le 14 avril 1962 couvre les infractions commises dans le cadre des « événements d'Algérie » — terme officiel évitant soigneusement le mot « guerre ». Cette amnistie concerne à la fois les actes commis par l'armée française (tortures, exécutions sommaires), les actions du FLN sur le sol métropolitain, et partiellement les activités de l'OAS. Le processus d'amnistie se poursuivra avec des textes complémentaires en 1964, 1966, 1968 et 1982, élargissant progressivement le champ des infractions couvertes. Cette approche graduelle traduit la difficulté politique à faire consensus sur l'amnistie des anciens de l'OAS, notamment les généraux putschistes.

Contexte

La France sort d'un conflit de huit ans qui a profondément divisé la société. Les appelés du contingent, les partisans de l'Algérie française, l'OAS, le FLN : chaque camp porte des blessures. De Gaulle choisit la voie de l'amnistie plutôt que celle de la justice pour permettre la réconciliation nationale, mais cette stratégie d'oubli organisé sera critiquée pour avoir empêché le travail de mémoire.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 14 avril 2026
Identifiant Légifrance
JORFTEXT000000673799
Publication au JORF
23 mars 1962
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Amnistie Algérie

avril 1962

Chaînage législatif

1964extension

Extension de l'amnistie à de nouvelles catégories d'infractions liées au conflit algérien.

→ (fiche non identifiée)
1968extension

Amnistie générale incluant la plupart des condamnations liées à l'OAS.

→ (fiche non identifiée)

Promesse d'origine

« Les accords d'Évian prévoyaient explicitement une amnistie réciproque des faits commis pendant le conflit. »

Source : Accords d'Évian, 18 mars 1962, chapitre II

Écart entre promesse et réalisation

L'amnistie des membres de l'OAS a été plus lente et partielle que celle des combattants algériens, créant un sentiment d'inégalité de traitement.

Effets mesurés

Effets positifs

1
  • Pacification de la société française en permettant la réintégration des acteurs du conflit dans la vie civile

    Fiabilité moyenneMesure : 1965-01-01Sylvie Thénault — Algérie : des événements à la guerre : idées reçues sur la guerre d'indépendance algérienne — Le Cavalier Bleu, 2012 · notice référence bibliographique

Effets négatifs

2
  • Impunité des auteurs de tortures et d'exécutions sommaires pendant la guerre, empêchant un travail de mémoire et de justice

    Fiabilité hauteMesure : 2000-01-01Raphaëlle Branche — La torture et l'armée pendant la guerre d'Algérie : 1954-1962 — Gallimard, 2001, 474 p. · notice référence bibliographique
  • Occultation de la mémoire de la guerre pendant des décennies, contribuant à la « guerre des mémoires » franco-algérienne

    Fiabilité hauteMesure : 2000-01-01Benjamin Stora, avec Thierry Leclère — La guerre des mémoires : la France face à son passé colonial : entretiens avec Thierry Leclère — Éditions de l'Aube, 2007, 107 p. · ISBN 978-2-7526-0329-6 · notice référence bibliographique

Effets de bord

1
  • La non-reconnaissance officielle de l'état de « guerre » en Algérie (jusqu'en 1999) a des conséquences sur les droits des anciens combattants et la reconnaissance des victimes civiles

    Fiabilité hauteMesure : 1999-06-10LOI n° 99-882 du 18 octobre 1999 relative à la substitution, à l'expression « aux opérations effectuées en Afrique du Nord », de l'expression « à la guerre d'Algérie ou aux combats en Tunisie et au Maroc » agent en recherche

Analyses contradictoires

Pour

L'amnistie était indispensable pour tourner la page d'un conflit fratricide et permettre la réconciliation nationale. La France ne pouvait pas fonctionner avec une partie de ses citoyens en prison ou en exil pour des actes commis dans un contexte de guerre civile.

Source académiqueSylvie Thénault — Algérie : des événements à la guerre : idées reçues sur la guerre d'indépendance algérienne — Le Cavalier Bleu, 2012 · notice référence bibliographique

Contre

L'amnistie a organisé l'oubli et l'impunité, empêchant la France de faire face à la réalité de la torture systématique et des crimes commis pendant la guerre. Cette politique de l'oubli a nourri le ressentiment des deux côtés de la Méditerranée pendant des décennies.

Source académiqueRaphaëlle Branche — La torture et l'armée pendant la guerre d'Algérie : 1954-1962 — Gallimard, 2001, 474 p. · ISBN 2-07-076065-0 · notice référence bibliographique

Chaînage législatif

Modifiée par

  • extension
    ref-degaulle-amnistie-1964 (fiche non identifiée)

    Extension de l'amnistie à de nouvelles catégories d'infractions liées au conflit algérien.

  • extension
    ref-degaulle-amnistie-1968 (fiche non identifiée)

    Amnistie générale incluant la plupart des condamnations liées à l'OAS.

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources