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Loi relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale

Refonte de l'intercommunalité créant communautés d'agglomération et communautés urbaines renforcées, avec taxe professionnelle unique.

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Lionel Jospin

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Jean-Pierre Chevènement — ministre de l’Intérieur, conception et concertation, Lionel Jospin — Premier ministre, Dominique Perben — ministre auteur du projet antérieur de 1997, Jean-Paul Delevoye — sénateur, président du groupe de travail préparatoire de 1996–1997.

Chevènement décrit la préparation et la concertation de 1998 puis les choix du gouvernement, qui reprend volontairement des dispositions du projet Perben de 1997 et les adapte. La genèse gouvernementale traverse donc deux projets successifs, sans attribuer la loi au seul nom Chevènement. Le groupe sénatorial présidé par Delevoye en 1996–1997 avait travaillé en liaison avec Perben ; cette contribution préparatoire est distincte de la reprise gouvernementale.

Attribution revue le 2026-10-12.

Cohabitation — gouvernement Lionel Jospin. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Dépassée

Description

La loi du 12 juillet 1999, dite loi Chevènement, constitue la réforme la plus ambitieuse de l'intercommunalité française depuis les lois de 1966 et 1992. Portée par Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Intérieur (MDC), elle simplifie radicalement le paysage intercommunal en réduisant les formes de coopération à trois catégories : les communautés de communes (pour les espaces ruraux et les petites villes), les communautés d'agglomération (nouvelle catégorie pour les ensembles de plus de 50 000 habitants autour d'une ville-centre de 15 000 habitants) et les communautés urbaines (renforcées, pour les grandes métropoles). La loi supprime les districts, les communautés de villes et les syndicats d'agglomération nouvelle.

Contexte

L'intercommunalité française est un maquis de plus de 15 000 structures aux statuts variés. La loi Joxe de 1992 (ATR) n'a pas réussi à simplifier le paysage. Les 36 000 communes françaises sont trop petites pour assurer seules les services publics modernes. Chevènement, républicain jacobin, veut rationaliser l'organisation territoriale sans toucher aux communes. La dotation de l'État offre une incitation financière décisive.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 257 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie
  • Dossier législatif (senat.fr)

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 12 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000005628197_31-12-2000
Publication au JORF
13 juillet 1999
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Loi Chevènement intercommunalité

juillet 1999

Promesse d'origine

« Rationaliser l'intercommunalité pour rendre les services publics locaux plus efficaces »

Source : Programme de la gauche plurielle, 1997

Écart entre promesse et réalisation

Promesse tenue et dépassée. Le succès de la loi Chevènement dépasse toutes les attentes, transformant structurellement l'organisation territoriale française.

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Couverture intercommunale passant de 52 % à 82 % de la population française en trois ans, avec plus de 2 000 EPCI à fiscalité propre créés

    Taux de couverture intercommunale
    52 % de la population82 % de la population
    Fiabilité hauteMesure : 2002-01-01Cour des comptes — L'intercommunalité en France
  • Fin de la concurrence fiscale entre communes grâce à la taxe professionnelle unique, mutualisation des recettes et péréquation infracommunautaire

    Fiabilité hauteMesure : 2002-01-01Cour des comptes — L'intercommunalité en France agent en recherche

Effets négatifs

2

Effets de bord

1
  • Émergence d'intercommunalités de périmètre incohérent (« intercommunalités défensives ») constituées pour exclure des communes pauvres ou pour préserver la DGF, nécessitant des rationalisations ultérieures

    Fiabilité moyenneMesure : 2004-01-01AdCF — Intercommunalités : la question des périmètres, 2004 document non retrouvé

Analyses contradictoires

Pour

La loi Chevènement est la réforme territoriale la plus réussie de la Ve République. En trois ans, elle a rationalisé l'intercommunalité, mutualisé les moyens de milliers de communes, et créé les conditions d'un service public local moderne et solidaire. La TPU a mis fin à la concurrence fiscale stérile entre communes. La France a enfin trouvé la bonne échelle de gouvernance locale. [Données factuelles : Couverture intercommunale passant de 52 % à 82 % de la population française en trois ans, avec plus de 2 000 EPCI à fiscalité propre créés : 52 → 82 % de la population.]

Think tankAdCF — Dix ans d'intercommunalité : bilan et perspectives, 2009 document non retrouvé

Contre

La loi Chevènement a ajouté un échelon territorial sans en supprimer aucun, augmentant la complexité administrative et les dépenses publiques. Les intercommunalités se sont souvent constituées pour capter la manne financière de l'État plutôt que par une logique de projet. Les élus intercommunaux ne sont pas élus directement, posant un problème démocratique majeur pour des structures qui gèrent des budgets considérables.

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources