MajeureLoiImmigration & Intégration

Réforme du Code de la nationalité

Suppression de l'acquisition automatique de la nationalité française à la majorité pour les enfants nés en France de parents étrangers, remplacée par une démarche volontaire.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Édouard Balladur

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Cohabitation — gouvernement Édouard Balladur. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi n° 93-933 du 22 juillet 1993 modifie le Code de la nationalité française en supprimant l'acquisition automatique de la nationalité à la majorité pour les enfants nés en France de parents étrangers (jus soli). Désormais, ces jeunes doivent manifester leur volonté d'être français par une démarche active entre 16 et 21 ans (« manifestation de volonté »). La réforme s'inspire des conclusions de la commission Marceau Long (1987-1988), qui avait recommandé cette évolution sans qu'elle soit mise en œuvre par les gouvernements Rocard et Cresson. La loi restreint également l'acquisition de la nationalité par le mariage (délai porté à deux ans) et renforce les conditions d'assimilation. Cette réforme touche symboliquement au principe républicain du droit du sol, pilier de la conception française de la nation depuis la Révolution. Elle sera partiellement remise en cause par la loi Guigou de 1998 qui rétablit une forme d'automaticité.

Contexte

Le débat sur la nationalité est enflammé depuis les années 1980, alimenté par la montée du FN et les controverses sur l'intégration. La commission Long (1987) a tenté d'apporter une réponse consensuelle. Le RPR a fait de la réforme du droit du sol un engagement de campagne. La question est indissociable du débat sur l'immigration et l'identité nationale.

Parcours institutionnel

Initiative du Sénat

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Sénat
  • Lectures : 4
  • Durée dépôt → promulgation : 1141 jours
  • Commission mixte paritaire : non réunie
  • Accord des chambres en navette simple
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 députés · 60 sénateurs

20 juillet 1993Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006082393_23-07-1993
Publication au JORF
23 juillet 1993
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Réforme Code nationalité

juillet 1993

Aucun effet de bord documenté

Chaînage législatif

1998modification substantielle

La loi Guigou de 1998 rétablit l'acquisition automatique de la nationalité à la majorité pour les jeunes nés en France de parents étrangers, tout en conservant le principe d'une manifestation de volonté anticipée à 16 ans

→ (fiche non identifiée)

Promesse d'origine

« Réformer le Code de la nationalité pour exiger une démarche volontaire d'acquisition »

Source : Programme RPR, 1993 ; reprenant les conclusions de la commission Long

Écart entre promesse et réalisation

Promesse tenue. La réforme applique fidèlement l'engagement de campagne du RPR.

Effets mesurés

Effets positifs

1
  • Affirmation du caractère volontaire et conscient de l'acquisition de la nationalité, valorisant symboliquement l'adhésion aux valeurs républicaines

    Fiabilité moyenneMesure : 1994-01-01Marceau Long (président de la Commission de la nationalité) — Être français aujourd'hui et demain — Rapport de la Commission de la nationalité (2 tomes) agent en recherche

Effets négatifs

2

Analyses contradictoires

Pour

Devenir français doit être un acte volontaire et conscient, pas un automatisme administratif. La manifestation de volonté valorise la nationalité française et encourage l'intégration active des jeunes issus de l'immigration. C'est une mesure de bon sens recommandée par la commission Long.

analyse de la rédactionArgument formulé par nous, sans source tierce.

Contre

Le droit du sol est un pilier de la République depuis 1789. Exiger une démarche volontaire revient à considérer que les enfants nés et éduqués en France ne sont pas a priori français, créant une catégorie de citoyens de seconde zone. C'est une concession idéologique au Front national.

analyse de la rédactionArgument formulé par nous, sans source tierce.

Chaînage législatif

Modifiée par

  • modification substantielle
    ref-jospin1-loi-guigou-nationalite-1998 (fiche non identifiée)

    La loi Guigou de 1998 rétablit l'acquisition automatique de la nationalité à la majorité pour les jeunes nés en France de parents étrangers, tout en conservant le principe d'une manifestation de volonté anticipée à 16 ans

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources