MajeureDécretÉconomie & Finances

Grand emprunt Balladur à 6 %

Emprunt d'État à 6 % d'intérêt sur 4 ans, collectant 110 milliards de francs en quelques jours grâce à un immense succès populaire.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Édouard Balladur

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Cohabitation — gouvernement Édouard Balladur. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

Le 1er juillet 1993, le gouvernement Balladur lance un grand emprunt d'État de 40 milliards de francs à un taux de 6 % sur 4 ans, exonéré d'impôt. Le succès est foudroyant : en quelques jours, l'emprunt collecte 110 milliards de francs, soit presque trois fois l'objectif initial. Plus de 1,2 million de souscripteurs individuels y participent, faisant de cette opération le plus grand succès d'emprunt public depuis l'emprunt Pinay de 1952. Le taux de 6 % est très attractif dans un contexte de baisse des taux courts, et l'exonération fiscale ajoute à l'attrait. L'emprunt Balladur remplit plusieurs objectifs : financer le déficit budgétaire record de 1993 (5,6 % du PIB), afficher la confiance des Français dans leur gouvernement, et préparer les privatisations en habituant les épargnants aux placements financiers. L'opération contribue fortement à la popularité personnelle de Balladur, atteignant 60 % d'opinions favorables. Les critiques dénoncent cependant un coût élevé pour les finances publiques (taux supérieur au marché) et un effet d'aubaine pour les épargnants aisés.

Contexte

La France est en récession en 1993, avec un PIB en recul de -0,7 %. Le déficit budgétaire explose à 5,6 % du PIB. Balladur cherche à financer le déficit tout en affichant la confiance populaire dans son gouvernement, sur le modèle de l'emprunt Pinay de 1952 qui avait marqué les esprits.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 10 octobre 2026
Identifiant Légifrance
JORFTEXT000000362201
Publication au JORF
23 juin 1993
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Emprunt Balladur 6 %

juillet 1993

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Collecte de 110 milliards de francs, finançant largement le déficit budgétaire de 1993

    Montant collecté
  • Renforcement de la confiance des marchés et de l'opinion dans la solidité financière de l'État français

    Fiabilité moyenneMesure : 1993-09-01En 1993, l'emprunt « Balladur » s'était révélé très coûteux pour l'État agent en recherche

Effets négatifs

2

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

L'emprunt Balladur est un coup de génie politique et financier. En mobilisant l'épargne des Français, il finance le déficit sans recourir aux marchés internationaux, affiche la confiance du pays et popularise l'investissement financier. Son succès a démontré la solidité du crédit de la France. [Données factuelles : Montant collecté : 110 milliards de francs.]

Source officielleEdmond Alphandéry — Déclarations à la presse de M. Edmond Alphandéry, ministre de l'économie, sur le bilan technique de la souscription de l'emprunt Balladur et les perspectives de reprise de l'économie française agent en recherche(droite)

Contre

L'emprunt à 6 % a coûté plus cher que le financement sur les marchés obligataires. C'est une opération de communication politique déguisée en mesure économique, profitant aux épargnants fortunés grâce à l'exonération fiscale et ponctionnant l'épargne au détriment de l'investissement productif.

Sources

Données disponibles (7/9)
Texte officielSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracée2+ sourcesChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources