StructuranteLoiÉconomie & Finances

Privatisations de la deuxième vague (BNP, Rhône-Poulenc, Elf, UAP)

Relance massive du programme de privatisations avec la cession de BNP, Rhône-Poulenc, Elf Aquitaine et UAP, rapportant plus de 100 milliards de francs.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Édouard Balladur

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Édouard Balladur (Premier ministre), Edmond Alphandéry (ministre de l’Économie).

Le rapport fondateur reproduit le programme annoncé par Balladur en avril 1993 et l’exposé des motifs du projet de privatisation, avec la nouvelle liste d’entreprises.

Attribution revue le 2026-10-12.

Cohabitation — gouvernement Édouard Balladur. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Dépassée

Description

La loi du 19 juillet 1993 autorise la privatisation de 21 groupes publics, lançant la deuxième vague de privatisations après celle de 1986-1988 interrompue par le krach de 1987 et la réélection de Mitterrand. En moins de deux ans, le gouvernement Balladur cède les joyaux du secteur public : la Banque nationale de Paris (BNP, octobre 1993), Rhône-Poulenc (novembre 1993), Elf Aquitaine (février 1994) et l'Union des assurances de Paris (UAP, mai 1994). Les opérations sont un succès financier et populaire, attirant des millions d'actionnaires individuels grâce à des conditions avantageuses (rabais, actions gratuites). Les recettes dépassent 100 milliards de francs sur la période, utilisées pour réduire le déficit budgétaire et recapitaliser les entreprises publiques en difficulté comme le Crédit Lyonnais. Le système des « noyaux durs » d'actionnaires stables, inauguré en 1986, est maintenu pour protéger les entreprises privatisées de prises de contrôle hostiles. Mitterrand, président en cohabitation, laisse faire malgré son opposition de principe, sauf pour Thomson et Bull qu'il bloque temporairement.

Contexte

Le gouvernement Balladur fait face à un déficit budgétaire record de 5,6 % du PIB en 1993. La récession économique est la plus grave depuis 1975. Les privatisations servent à la fois un objectif idéologique (RPR-UDF) et budgétaire (recettes exceptionnelles). L'opinion publique est désormais acquise aux privatisations, contrairement à 1986.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Sénat
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 54 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, accord
  • Accord en commission mixte paritaire
  • Dossier législatif (senat.fr)

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006082377_16-05-2001
Publication au JORF
21 juillet 1993
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Privatisations 2e vague

juillet 1993

Chaînage législatif

Modifie également

ref-chirac1-privatisations-1986 → (fiche non identifiée)

Promesse d'origine

« Achever le programme de privatisations interrompu en 1988 et libérer l'économie du poids de l'État »

Source : Programme législatif RPR-UDF, 1993

Écart entre promesse et réalisation

Promesse tenue et même dépassée en ampleur. Les privatisations Balladur ont été plus massives et plus rapides que celles de 1986-1988.

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

2
  • Système des noyaux durs favorisant un capitalisme de connivence entre grands patrons proches du RPR

    Fiabilité hauteMesure : 1994-06-01François Morin — Le modèle français de détention et de gestion du capital : analyse, prospective et comparaisons internationales (rapport au ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie) — La Documentation française, 1998, 221 p. · ISBN 2-11-091123-9 référence bibliographique
  • Cession d'actifs stratégiques (pétrole avec Elf, chimie avec Rhône-Poulenc) au secteur privé, réduisant la capacité d'intervention de l'État dans l'économie

    Fiabilité hauteMesure : 1994-12-31Élie Cohen — Le colbertisme "high tech" : économie des Telecom et du Grand projet — Hachette (collection Pluriel), 1992, 420 p. · ISBN 978-2-01-019343-9 · notice référence bibliographique

Effets de bord

1
  • Constitution de participations croisées entre entreprises privatisées, créant un réseau d'alliances capitalistiques complexe qui sera défait dans les années 2000

    Fiabilité hauteMesure : 1998-01-01François Morin — La rupture du modèle français de détention et de gestion des capitaux agent en recherche

Analyses contradictoires

Pour

Les privatisations Balladur constituent le plus grand succès de politique économique de la deuxième cohabitation. En dégageant plus de 100 milliards de francs de recettes dans une période de déficit record (5,6 % du PIB), elles ont contribué à assainir les finances publiques. Les entreprises privatisées — BNP (devenue BNP Paribas), Elf Aquitaine (devenue TotalEnergies), Rhône-Poulenc (devenue Sanofi) — sont devenues des champions mondiaux, démontrant la supériorité de la gestion privée. L'actionnariat populaire s'est élargi à 7,2 millions de Français, démocratisant l'accès au capital.

Contre

Les privatisations Balladur ont bradé le patrimoine national au profit d'un cercle restreint de capitalistes choisis par le ministre des Finances lui-même via le système opaque des noyaux durs. Les participations croisées entre entreprises privatisées ont créé un capitalisme de copinage étranger à la concurrence. Les recettes de 100 milliards de francs ont financé des dépenses courantes au lieu d'être investies dans l'avenir. La perte de contrôle sur Elf Aquitaine (pétrole), Rhône-Poulenc (chimie-pharmacie) et BNP (crédit) a réduit la capacité d'intervention stratégique de l'État dans des secteurs vitaux pour la souveraineté économique.

Chaînage législatif

Modifie les réformes suivantes

  • ref-chirac1-privatisations-1986 (fiche non identifiée)

Sources

  • [1]

    Loi n° 93-923 du 19 juillet 1993 de privatisation

    Source officielleBiais : institutionnel
  • [2]

    François Morin — Le modèle français de détention et de gestion du capital : analyse, prospective et comparaisons internationales (rapport au ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie) — La Documentation française, 1998, 221 p. · ISBN 2-11-091123-9 référence bibliographique

    Source académiqueFrançois Morin
Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources