StructuranteLoiSanté & Protection sociale

Loi portant création de la couverture maladie universelle (CMU)

Création de la couverture maladie universelle garantissant l'accès aux soins pour tous les résidents, et CMU-C pour les plus démunis.

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Lionel Jospin

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Lionel Jospin, Premier ministre, Martine Aubry, ministre de l’Emploi et de la Solidarité.

La CMU relève du programme gouvernemental de développement et solidarité, puis de la préparation et concertation menées par Aubry. Le débat parlementaire reconnaît explicitement la décision du gouvernement de la créer.

Attribution revue le 2026-10-12.

Cohabitation — gouvernement Lionel Jospin. Ce contexte ne prouve pas l’origine politique de chaque réforme.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi du 27 juillet 1999 crée la couverture maladie universelle (CMU), réforme sociale majeure du gouvernement Jospin. Le dispositif comporte deux volets. La CMU de base assure l'affiliation automatique au régime général de la Sécurité sociale de toute personne résidant en France de manière stable et régulière depuis plus de trois mois, sans condition d'activité professionnelle, comblant ainsi les lacunes du système antérieur qui laissait environ 150 000 personnes sans couverture de base.

Contexte

En 1999, environ 6 millions de Français n'ont pas de couverture complémentaire santé et renoncent aux soins pour raisons financières. Le système d'aide médicale départementale est fragmenté et inégalitaire. Le rapport Boulard (1998) documente l'ampleur de l'exclusion sanitaire. La France est en retard par rapport à d'autres pays européens en matière d'accès universel aux soins.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 4
  • Durée dépôt → promulgation : 146 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, échec
  • CMP en échec — l'Assemblée a statué en dernier
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

23 juillet 1999Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 12 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000005628263_31-12-2002
Publication au JORF
28 juillet 1999
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

CMU

juillet 1999

Promesse d'origine

« Assurer à chacun l'accès aux soins par une couverture maladie universelle »

Source : Programme de la gauche plurielle, 1997

Écart entre promesse et réalisation

Promesse tenue. La CMU et la CMU-C réalisent pleinement l'objectif de couverture universelle, même si des effets de seuil créent des inégalités pour les personnes juste au-dessus du plafond.

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

2

Effets de bord

2
  • Concurrence perçue avec les mutuelles et assurances complémentaires, qui voient dans la CMU-C une intervention publique sur leur marché

  • L'existence d'un seuil de ressources strict pour bénéficier de la CMU-C a créé un « effet de seuil » pénalisant les travailleurs pauvres situés juste au-dessus du plafond, qui ne bénéficient ni de la gratuité des soins ni d'une aide suffisante pour se payer une complémentaire santé. Ce « trou de la couverture » a conduit à la création de l'aide à la complémentaire santé (ACS) en 2005, puis à la fusion CMU-C/ACS dans la Complémentaire santé solidaire (CSS) en 2019, témoignant de la difficulté structurelle à articuler un système universel et un système sous conditions de ressources.

Analyses contradictoires

Pour

La couverture maladie universelle est une avancée sociale majeure qui concrétise le droit fondamental à la santé pour tous les résidents, quel que soit leur statut professionnel. Avant la CMU, environ 150 000 personnes n'avaient aucune couverture maladie, et des millions renonçaient aux soins faute de complémentaire. En instaurant un droit automatique à la couverture de base et une complémentaire gratuite pour les plus modestes (CMU-C), la loi a réduit de 30 % le renoncement aux soins chez les bénéficiaires. La France rejoint les standards des pays européens les plus avancés en matière de couverture universelle et concrétise le principe inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946 : « La Nation garantit à tous la protection de la santé. »

Think tankRédaction de la Revue Quart Monde — La couverture maladie universelle agent en recherche(gauche)

Contre

La CMU crée une trappe à pauvreté en décourageant la reprise d'emploi autour du seuil : un euro de revenu supplémentaire peut faire perdre une couverture santé complète. Le dispositif est coûteux, déresponsabilisant, et n'aborde pas les causes structurelles de la précarité sanitaire (déserts médicaux, manque de prévention). Il aurait été préférable de réformer l'aide médicale existante plutôt que de créer un dispositif nouveau.

Chaînage législatif

Modifiée par

  • complément
    AME

    La même loi du 27 juillet 1999 réforme l'aide médicale d'État (AME) en parallèle de la CMU ; ce cadre entre en vigueur le 1er janvier 2000.

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources