Ségur de la Santé — Revalorisation salariale et investissement hospitalier
Accords du Ségur de la Santé : 8,2 milliards d'euros de revalorisations salariales pour les personnels hospitaliers et investissement massif dans le système de soins.
Initiative politique : présidentielle
Acteurs et rôles documentés : Emmanuel Macron, président de la République, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, Nicole Notat, pilote de la concertation du Ségur, Gouvernements Philippe puis Castex.
Le Ségur est lancé pour traduire l’engagement de Macron à Mulhouse en mars 2020 d’investir dans l’hôpital et de revaloriser les soignants. Le ministère et la concertation construisent les accords.
- Sénat — réponse ministérielle sur le produit des amendes de confinement, 25 juin 2020
Paraphrase : Le ministère relie expressément le lancement du Ségur à l’engagement de Macron à Mulhouse le 25 mars 2020 et détaille ses chantiers, dont rémunérations et investissement hospitalier.
Attribution revue le 2026-10-12.
Description
Le Ségur de la Santé, concertation lancée le 25 mai 2020 en pleine crise du Covid-19, aboutit le 21 juillet 2020 à des accords historiques entre le gouvernement et les organisations syndicales majoritaires (CFDT, FO, UNSA). L'enveloppe globale atteint 8,2 milliards d'euros annuels, dont 7,5 milliards de revalorisations salariales pour les personnels hospitaliers et des EHPAD. Les soignants bénéficient d'une augmentation de 183 euros nets mensuels (Complément de Traitement Indiciaire), la plus forte revalorisation du secteur depuis des décennies. Le volet investissement prévoit 19 milliards d'euros sur dix ans pour rénover et moderniser les établissements de santé, incluant la reprise d'un tiers de la dette hospitalière (13 milliards).
Contexte
La première vague du Covid-19 (mars-mai 2020) a mis en lumière l'état critique de l'hôpital public français, après des années de restrictions budgétaires et de suppressions de lits. Les applaudissements quotidiens aux soignants à 20h ont créé une pression politique massive pour des revalorisations immédiates. Le mouvement des urgences de 2019 avait déjà alerté sur la crise hospitalière.
Vote à l’Assemblée nationale
Scrutin n° 3269 · 30 novembre 2020 · 15e législature
l'ensemble du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 (lecture définitive).
107 votants · 2 non-votants
Voir le scrutin nominatif sur assemblee-nationale.frChaîne d'impact
Réforme
Ségur de la Santé
juillet 2020
Schéma récurrent — 12 tentatives
Des réformes similaires ont été tentées à d'autres époques
Promesse d'origine
« Nous investirons massivement dans notre système de santé et revaloriserons les métiers du soin. »
Source : Allocution d'Emmanuel Macron depuis Mulhouse, 25 mars 2020
Écart entre promesse et réalisation
Promesse largement tenue sur le volet salarial immédiat, mais les réformes structurelles de l'hôpital restent inachevées.
Effets mesurés
Effets positifs
3Revalorisation de 183 euros nets mensuels pour plus de 1,5 million de soignants hospitaliers et en EHPAD, la plus forte hausse salariale du secteur depuis sa création
Augmentation salariale mensuelle nette0 euros nets/mois183 euros nets/moisFiabilité hauteMesure : 2021-01-01Gouvernement (J. Castex, O. Véran) et organisations syndicales signataires (FO, CFDT, UNSA, INPH, SNAM-HP, CMH) — Accords du Ségur de la santé — Carrières, métiers et rémunérations (signés le 13 juillet 2020) agent en rechercheEnveloppe de 19 milliards d'euros d'investissement sur dix ans pour rénover et moderniser les établissements de santé, incluant la reprise de 13 milliards de dette hospitalière
Investissement hospitalier programmé0 milliards d'euros sur 10 ans19 milliards d'euros sur 10 ansFiabilité hauteMesure : 2021-06-01Cour des comptes — La situation financière des hôpitaux publics après la crise sanitaireObjectif annoncé de création de 15 000 postes à l'hôpital, mais la réalisation effective reste incertaine en raison des difficultés persistantes de recrutement dans le secteur hospitalier
Postes hospitaliers annoncés (objectif)Fiabilité moyenneMesure : 2024-12-31Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités (page ministérielle de suivi) — Revalorisations salariales et Ségur de la santé agent en recherche
Effets négatifs
2Exclusion initiale du secteur médico-social privé et des professionnels libéraux, créant un sentiment d'injustice et des extensions successives coûteuses
Fiabilité moyenneMesure : 2021-03-01Les Echos — « Ségur de la santé » : des revalorisations pour les établissements privés et l'aide à domicileLes revalorisations n'ont pas suffi à enrayer la crise des vocations et les démissions à l'hôpital, le problème étant aussi organisationnel
Fiabilité hauteMesure : 2022-06-01DREES — Les maladies chroniques touchent plus souvent les personnes modestes et réduisent davantage leur espérance de vie (Études et Résultats n° 1243) agent en recherche
Effets de bord
2Augmentation significative du coût annuel pour les finances publiques (8,2 Md€/an), aggravant le déficit de la Sécurité sociale post-Covid
Fiabilité hauteMesure : 2022-01-01Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS) — Les comptes de la sécurité sociale — Résultats 2021 et prévisions 2022 (rapport de la Commission des comptes de la sécurité sociale, juillet 2022) agent en rechercheEffet d'aspiration : les revalorisations hospitalières ont accentué les difficultés de recrutement dans le secteur médico-social et les cabinets libéraux
Fiabilité moyenneMesure : 2022-06-01Fédération Hospitalière de France (FHF) — Rapport annuel 2022 de la Fédération Hospitalière de France agent en recherche
Analyses contradictoires
Pour
Le Ségur de la Santé a constitué une reconnaissance historique et concrète du travail des soignants, avec une revalorisation de 183 euros nets mensuels touchant plus de 1,5 million de personnels hospitaliers et en EHPAD — la plus forte hausse salariale du secteur depuis sa création. Après des années de gel du point d'indice et de paupérisation relative des professions soignantes, cette mesure était indispensable pour maintenir l'attractivité des métiers du soin. La reprise de 13 milliards de dette hospitalière libère les capacités d'investissement. Le volet numérique (Mon Espace Santé, dossier médical partagé) modernise enfin le système d'information de santé, clé de la coordination des parcours de soins.
Contre
Le Ségur a répondu à l'urgence salariale sous la pression de la pandémie, mais sans traiter les causes profondes de la crise hospitalière : fermeture de 100 000 lits en vingt ans, gouvernance hospitalière verticale héritée de la loi HPST de 2009, désorganisation des services, ratio soignants/patients parmi les plus faibles d'Europe occidentale. Les 8,2 milliards annuels de revalorisations pèsent sur un déficit de la Sécurité sociale déjà abyssal. L'exclusion initiale du secteur médico-social privé, des libéraux et des personnels administratifs a créé un sentiment d'injustice et des rattrapages en cascade qui ont gonflé la facture. La crise des vocations et les démissions hospitalières se poursuivent malgré les revalorisations, preuve que le mal est organisationnel autant que salarial.
Sources
- [1]Source officielleBiais : institutionnelGouvernement (J. Castex, O. Véran) et organisations syndicales signataires (FO, CFDT, UNSA, INPH, SNAM-HP, CMH)
Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources