StructuranteOrdonnanceSanté & Protection sociale

Ordonnances du 21 août 1967 portant réforme de la Sécurité sociale (ordonnances Jeanneney)

Réforme majeure de la Sécurité sociale instaurant la séparation des branches et le paritarisme dans la gestion des caisses.

Rattachement présidentiel : Charles de Gaulle
Gouvernement de rattachement : Georges Pompidou

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Jean-Marcel Jeanneney, ministre des Affaires sociales en 1967 : défend la nécessité d’une réforme structurelle auprès du président et conçoit les choix de gestion, Charles de Gaulle, président de la République en 1967 : accord à la réforme défendue par le ministre.

Milhaud décrit Jeanneney persuadant de Gaulle de la nécessité d’une réforme structurelle. Dans le débat contemporain, Jeanneney explique les choix gouvernementaux de gestion et de paritarisme. La proposition ministérielle et les choix de conception précèdent l’adoption des ordonnances.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

Les ordonnances du 21 août 1967, dites ordonnances Jeanneney (du nom du ministre des Affaires sociales Jean-Marcel Jeanneney), constituent l'une des réformes les plus structurantes de la Sécurité sociale depuis sa création en 1945. Elles instaurent la séparation de la Sécurité sociale en trois branches autonomes — maladie (CNAMTS), vieillesse (CNAVTS) et famille (CNAF) — dotées chacune d'un conseil d'administration propre et d'une comptabilité distincte. L'ACOSS (Agence centrale des organismes de Sécurité sociale) est créée pour assurer la gestion commune de trésorerie. La réforme instaure le paritarisme strict dans la gestion des caisses : les conseils d'administration sont composés à parts égales de représentants des employeurs et des salariés, mettant fin à la majorité ouvrière qui prévalait depuis 1945. Un ticket modérateur de 30% est instauré pour les soins de ville. Ces ordonnances, prises par voie d'habilitation législative sans débat parlementaire approfondi, ont suscité l'opposition des syndicats, en particulier de la CGT et de la CFDT, qui y ont vu un démantèlement du « modèle de 1945 ».

Contexte

La Sécurité sociale connaît un déficit croissant dans les années 1960, lié à l'augmentation des dépenses de santé (progrès médical, vieillissement) et à l'insuffisance des cotisations. Le régime général, géré selon le modèle de 1945 avec une prédominance syndicale dans les conseils d'administration, est critiqué pour son opacité comptable et l'absence de distinction entre les différents risques. Le gouvernement utilise la procédure des ordonnances (article 38 de la Constitution) pour contourner l'opposition parlementaire et syndicale prévisible.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006069283_30-12-1982
Publication au JORF
22 août 1967
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Ordonnances Sécurité sociale 1967

août 1967

Chaînage législatif

1994modification

Renforcement du contrôle parlementaire avec la création des lois de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

→ (fiche non identifiée)
1996modification

Réforme de la gouvernance avec création des LFSS votées par le Parlement et renforcement du rôle de l'État

→ (fiche non identifiée)

Modifie également

Ordonnances de 1945 portant création de la Sécurité sociale → (fiche non identifiée)

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

2
  • Augmentation du ticket modérateur augmentant le reste à charge des patients, créant une première brèche dans le principe de couverture intégrale des soins

    Ticket modérateur soins de ville
  • Le paritarisme strict a affaibli le pouvoir des représentants salariés dans la gestion de la Sécurité sociale, rompant avec le modèle de démocratie sociale de 1945

    Fiabilité hauteMesure : 1968Comité d'histoire de la Sécurité sociale (dir. Alain Barjot) — La Sécurité sociale : son histoire à travers les textes. Tome III, 1945-1981 — Comité d'histoire de la Sécurité sociale, 1988, 903 p. · ISBN 9782905882233 référence bibliographique

Effets de bord

1
  • La séparation des branches a contribué à une logique de cloisonnement financier qui a rendu plus difficiles les transferts de solidarité entre risques et a complexifié la gouvernance d'ensemble du système

    Fiabilité moyenneMesure : 1990Bruno Palier — Gouverner la Sécurité sociale. Les réformes du système français de protection sociale depuis 1945 — PUF, coll. Le lien social, 2002, 488 p. · ISBN 2130509835 référence bibliographique

Analyses contradictoires

Pour

Les ordonnances de 1967 ont permis une gestion plus rigoureuse et transparente de la Sécurité sociale en séparant les risques, responsabilisant les partenaires sociaux par le paritarisme, et rendant visible l'équilibre financier de chaque branche, condition nécessaire à la pérennité du système.

Contre

Les ordonnances Jeanneney ont marqué le début du démantèlement du modèle solidaire de 1945. En imposant le paritarisme et le ticket modérateur par ordonnances, sans véritable débat démocratique, le pouvoir gaulliste a affaibli le mouvement ouvrier et amorcé une logique comptable étrangère à l'esprit fondateur de la Sécurité sociale.

Chaînage législatif

Modifiée par

  • modification
    Loi du 25 juillet 1994 (loi Veil sur la Sécurité sociale) (fiche non identifiée)

    Renforcement du contrôle parlementaire avec la création des lois de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

  • modification
    Ordonnances Juppé du 24 janvier 1996 (fiche non identifiée)

    Réforme de la gouvernance avec création des LFSS votées par le Parlement et renforcement du rôle de l'État

Modifie les réformes suivantes

  • Ordonnances de 1945 portant création de la Sécurité sociale (fiche non identifiée)

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

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