Fermeture définitive de la centrale nucléaire de Fessenheim
Fermeture définitive de la plus ancienne centrale nucléaire française, engagée sous Hollande et finalisée sous Macron, réduisant la capacité nucléaire installée.
Initiative politique : présidentielle
Acteurs et rôles documentés : François Hollande, président de la République décidant la fermeture en 2012, Emmanuel Macron, président réaffirmant la fermeture et son calendrier, Gouvernements successifs et EDF, négociation et mise en œuvre, Parti socialiste et Europe Écologie Les Verts, accord préalable de 2011.
Le rapport AN attribue la fermeture à la volonté politique de Hollande en 2012, après l’accord PS–EELV de 2011. La décision est réaffirmée sous Macron et exécutée en 2020 après plusieurs reports, négociations et actes réglementaires.
- Assemblée nationale — rapport d’information n° 4515 sur Fessenheim, 6 octobre 2021
Paraphrase : Le rapport identifie la volonté politique de Hollande, l’accord de 2011, la décision présidentielle de 2012 et le lancement de sa préparation, puis la reprise sous Macron et les étapes menant à la fermeture.
Attribution revue le 2026-10-12.
Description
La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), doyenne du parc nucléaire français mise en service en 1977, est définitivement arrêtée le 29 juin 2020 avec la mise à l'arrêt de son second réacteur (le premier ayant été arrêté le 22 février 2020). Cette fermeture conclut un processus politique de près de dix ans : promesse de campagne de François Hollande en 2012, confirmée par Emmanuel Macron dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) couvrant 2019–2028, présentée en projet en 2019 et définitivement adoptée le 21 avril 2020, qui prévoyait la réduction de la part du nucléaire de 75 % à 50 % de la production électrique d'ici 2035. La centrale, d'une capacité de 1 800 MW, produisait environ 2 % de l'électricité française. Sa fermeture entraîne la perte d'environ 2 000 emplois directs et indirects dans un territoire frontalier alsacien, compensée par un plan d'accompagnement de 400 millions d'euros et un projet de parc technologique et industriel. EDF reçoit une indemnisation estimée à 400 millions d'euros pour la perte d'exploitation. La fermeture intervient paradoxalement quelques mois avant que le gouvernement ne relance le programme nucléaire, ce qui alimentera les critiques sur l'incohérence de la politique énergétique française.
Contexte
La fermeture de Fessenheim avait été promise par François Hollande en 2012, en contrepartie du soutien des écologistes. Reportée à plusieurs reprises, elle est conditionnée à la mise en service de l'EPR de Flamanville (retardé à 2024). Le projet de PPE présenté en 2019, définitivement adopté en avril 2020 pour la période 2019–2028, inscrit la fermeture dans la trajectoire énergétique mais dans un contexte de débat grandissant sur la place du nucléaire face au changement climatique.
Texte officiel consolidé
Vérifié le 13 avril 2026- Identifiant Légifrance
- LEGITEXT000041602826_20-02-2020
- Publication au JORF
- 20 février 2020
Chaîne d'impact
Réforme
Fermeture de Fessenheim
juin 2020
Promesse d'origine
« Réduire la part du nucléaire à 50 % de la production électrique d'ici 2035, ce qui implique la fermeture de certains réacteurs dont Fessenheim. »
Source : Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) 2019, confirmant la promesse Hollande de 2012
Écart entre promesse et réalisation
Fermeture effective, mais la politique nucléaire sera ensuite inversée avec la relance de nouveaux réacteurs EPR2 en 2022.
Effets mesurés
Effets positifs
1Élimination du risque sismique et d'inondation spécifique lié à la localisation de Fessenheim dans la plaine rhénane, en zone sismique
Fiabilité hauteMesure : 2020-06-29Conseil d'État — Société EDF centre de production électrique de Fessenheim — décision n° 426603
Effets négatifs
2Perte de 1 800 MW de production d'électricité bas carbone, remplacée partiellement par des imports d'électricité carbonée (gaz allemand)
Fiabilité hauteMesure : 2021-01-01Bilan prévisionnel de l'équilibre offre-demande d'électricité en France – Édition 2021 agent en rechercheImpact économique et social lourd sur le territoire : perte de 2 000 emplois et de 80 % des recettes fiscales de la communauté de communes
Fiabilité hauteMesure : 2022-01-01Projet de territoire pour l'avenir de Fessenheim (PATF) agent en recherche
Effets de bord
1Incohérence politique perçue : la fermeture d'une centrale nucléaire au moment où la France s'engage dans une relance nucléaire (discours de Belfort 2022) nuit à la crédibilité de la stratégie énergétique
Analyses contradictoires
Pour
La fermeture de Fessenheim était nécessaire pour une centrale vieillissante en zone sismique. Elle honorait un engagement démocratique pris devant les électeurs et amorçait la diversification du mix énergétique français, trop dépendant du nucléaire.
Contre
Fermer une centrale nucléaire opérationnelle et sûre selon l'ASN, produisant de l'électricité bas carbone à bas coût, est une aberration climatique et économique. La France importe désormais de l'électricité carbonée pour compenser, augmentant ses émissions de CO2.
Sources
- [1]Source officielleBiais : institutionnel
- [2]
Autorité de sûreté nucléaire — Centrale nucléaire de Fessenheim
Source officielleBiais : institutionnelAutorité de sûreté nucléaire - [3]
Ministère de la Transition écologique — Programmations pluriannuelles de l'énergie
Source officielleMinistère de la Transition écologique - [4]
Légifrance / Journal officiel — Décret 2020-456 du 21 avril 2020
Source officielleLégifrance / Journal officiel
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources