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Loi d'accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires

Loi accélérant les procédures de construction de nouveaux réacteurs nucléaires EPR2, concrétisant la relance du programme nucléaire français.

Rattachement présidentiel : Emmanuel Macron
Gouvernement de rattachement : Élisabeth Borne

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : Emmanuel Macron, président de la République, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, EDF, préparateur du programme industriel.

La loi accélérant les nouvelles installations nucléaires traduit la stratégie présidentielle de Belfort et la décision de lancer les nouveaux réacteurs ; le ministère en prépare les procédures.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Partiellement tenue

Description

Promulguée le 22 juin 2023, la loi relative à l'accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires traduit législativement le virage pronucléaire annoncé par Emmanuel Macron dans son discours de Belfort du 10 février 2022. Le texte simplifie et accélère les procédures administratives pour la construction de six réacteurs EPR2 (et possiblement huit supplémentaires) sur des sites nucléaires existants : Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Nord), et Bugey (Ain) ou Tricastin (Drôme).

Contexte

La crise énergétique de 2022 (guerre en Ukraine, corrosion sous contrainte des réacteurs EDF) a provoqué un virage majeur de la politique énergétique française. Macron passe d'une position d'équilibre entre nucléaire et ENR à une relance massive du nucléaire. Le retard de l'EPR de Flamanville (livré avec 12 ans de retard et un surcoût de 300 %) pèse sur la crédibilité du programme.

Vote à l’Assemblée nationale

Scrutin n° 1533 · 16 mai 2023 · 16e législature

l'ensemble du projet de loi relatif à l'accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires à proximité de sites nucléaires existants et au fonctionnement des installations existantes (texte de la commission mixte paritaire).

Adopté
399
Pour
100
Contre
39
Abstentions

538 votants · 1 non-votants

Répartition par groupe (top 5)

  • PO8004960 / 0 / 30
  • PO8005320 / 0 / 5
  • PO8005020 / 0 / 4

Pour / Contre / Abstention

Voir le scrutin nominatif sur assemblee-nationale.fr

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Sénat
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 232 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, accord
  • Accord en commission mixte paritaire
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 députés

Décision n° 2023-851 DC21 juin 2023Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000047716735_01-01-2025
Publication au JORF
24 juin 2023
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Accélération nucléaire / EPR2

juin 2023

Chaînage législatif

Modifie également

Promesse d'origine

« Nous lancerons la construction de 6 nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 et engagerons les études pour 8 réacteurs additionnels. »

Source : Discours d'Emmanuel Macron à Belfort, 10 février 2022

Écart entre promesse et réalisation

Loi cadre adoptée, mais les premiers réacteurs ne seront pas opérationnels avant 2035 au plus tôt. L'expérience de Flamanville nourrit le scepticisme sur les délais et les coûts.

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Signal politique fort pour la filière nucléaire française : sécurisation des investissements et relance des recrutements (EDF prévoit 100 000 recrutements dans la filière d'ici 2030)

    Fiabilité moyenneMesure : 2023-06-22EDF — EPR2 : un programme clé pour l'électricité bas carbone de demain (programme EPR2 d'EDF) agent en recherche
  • Suppression de l'objectif de 50 % nucléaire, permettant de maintenir une production électrique décarbonée massive

    Fiabilité hauteMesure : 2023-06-22Réseau de transport d'électricité (RTE) — Bilan Prévisionnel 2023-2035 : RTE éclaire les défis de la grande bascule vers une société décarbonée agent en recherche

Effets négatifs

2
  • Risque de dérive des coûts : l'EPR de Flamanville est passé de 3,3 milliards à 19,1 milliards d'euros ; aucune garantie que les EPR2 respecteront le budget de 52 milliards

  • Dérogation aux protections environnementales et simplification des procédures au risque de réduire les garanties de sûreté et de participation du public

    Fiabilité moyenneMesure : 2023-06-22Rapport : la centrale nucléaire de Gravelines face à la montée des eaux agent en recherche

Effets de bord

2
  • Risque de sous-investissement dans les ENR par effet d'éviction budgétaire et politique : le « tout nucléaire » pourrait marginaliser le solaire et l'éolien

    Fiabilité moyenneMesure : 2023-12-01Haut Conseil pour le Climat — Acter l'urgence, engager les moyens — Rapport annuel 2023 agent en recherche
  • La relance massive du programme nucléaire français a relancé un débat géopolitique sur la dépendance à l'uranium importé. Contrairement au discours officiel de « souveraineté énergétique », la France importe 100 % de son uranium, principalement du Kazakhstan, du Niger et d'Australie. Le coup d'État au Niger en juillet 2023, suivi du retrait des forces françaises et de la remise en cause des contrats d'Orano (ex-Areva), a brutalement révélé cette vulnérabilité. La relance nucléaire, en augmentant la demande d'uranium sur plusieurs décennies, renforce paradoxalement une dépendance géostratégique à des pays politiquement instables, relativisant l'argument de souveraineté par rapport aux ENR dont les ressources (soleil, vent) sont domestiques.

    Fiabilité moyenneMesure : 2023-08Aurélie Roché — L'approvisionnement en enrichissement de l'uranium : dynamiques et enjeux après l'invasion russe de l'Ukraine agent en recherche

Analyses contradictoires

Pour

La relance du nucléaire est indispensable pour décarboner l'économie française et garantir la souveraineté énergétique dans un monde marqué par la guerre en Ukraine et la dépendance au gaz russe. Le nucléaire produit une électricité pilotable et bas carbone (6 g CO2/kWh contre 490 g pour le gaz), complémentaire des ENR intermittentes. La France dispose d'une filière industrielle unique au monde, avec 220 000 emplois directs et indirects. Les EPR2, modèle simplifié par rapport à l'EPR de Flamanville, bénéficieront du retour d'expérience accumulé et de la standardisation. Le rapport RTE « Futurs énergétiques 2050 » confirme que tous les scénarios de neutralité carbone nécessitent un socle nucléaire significatif pour la France.

Contre

Engager 52 milliards d'euros dans des réacteurs qui ne produiront pas d'électricité avant 2035 au plus tôt est un pari extrêmement risqué au vu de l'expérience de Flamanville (13 ans de retard, coût passé de 3,3 à 19,1 milliards). L'industrie nucléaire française a perdu ses compétences de construction pendant la « pause » de 20 ans sans nouveau chantier. Cet investissement colossal crée un effet d'éviction budgétaire qui freine le déploiement des ENR et de l'efficacité énergétique, solutions plus rapides et moins coûteuses. Le problème des déchets nucléaires à haute activité reste irrésolu (projet Cigéo reporté). Enfin, la dépendance à l'uranium importé (Kazakhstan, Niger) relativise l'argument de souveraineté énergétique.

Think tankAssociation négaWatt — Scénario négaWatt 2022-2050 agent en recherche(gauche)

Chaînage législatif

Modifie les réformes suivantes

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources