MajeureDécretEnvironnement & Énergie

Programme de développement de l'énergie nucléaire civile (filière UNGG puis PWR)

Accélération du programme nucléaire civil français avec la construction des premières centrales industrielles de la filière uranium naturel-graphite-gaz.

Rattachement présidentiel : Charles de Gaulle
Gouvernement de rattachement : Georges Pompidou

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Partiellement tenue

Description

Durant le gouvernement Pompidou-3, le programme nucléaire civil français connaît une accélération décisive. Le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), créé en 1945, pilote le développement de la filière nationale UNGG (uranium naturel-graphite-gaz), privilégiée pour son indépendance vis-à-vis de l'enrichissement d'uranium américain. Les centrales de Chinon (mise en service progressive de 1963 à 1966), Saint-Laurent-des-Eaux et Bugey sont en construction ou en planification avancée. Le programme combine ambitions civiles et militaires, la filière UNGG permettant la production de plutonium pour les armes nucléaires. EDF et le CEA collaborent étroitement dans le cadre d'un « État entrepreneur » caractéristique du gaullisme. En 1966-1967, le débat émerge cependant sur le choix de la filière : les réacteurs à eau pressurisée (PWR) de technologie américaine Westinghouse, développés sous licence par Framatome, apparaissent plus compétitifs économiquement. Ce débat UNGG vs PWR sera tranché en 1969 en faveur de la filière PWR, mais les bases industrielles et scientifiques sont posées sous Pompidou-3.

Contexte

La France importe la quasi-totalité de son énergie fossile, vulnérabilité stratégique majeure dans un contexte de guerre froide. L'indépendance énergétique est au cœur de la doctrine gaulliste. Le CEA, créé par de Gaulle en 1945, dispose d'un savoir-faire unique en Europe. La demande d'électricité croît de 7-8% par an dans la France des Trente Glorieuses. Les premières centrales expérimentales (Marcoule, Chinon A1) ont démontré la faisabilité de l'électronucléaire.

Chaîne d'impact

Réforme

Programme nucléaire civil

juin 1966

Chaînage législatif

1969réorientation

Abandon de la filière UNGG nationale au profit de la filière PWR sous licence Westinghouse

→ (fiche non identifiée)
1974amplification

Lancement du programme massif de construction de 58 réacteurs PWR après le choc pétrolier

→ (fiche non identifiée)

Promesse d'origine

« Doter la France d'une indépendance énergétique par le développement de l'énergie nucléaire nationale »

Source : Discours de De Gaulle sur l'indépendance nationale, politique constante depuis 1958

Écart entre promesse et réalisation

Le programme avance conformément aux ambitions, mais le débat sur le choix de filière (nationale UNGG vs américaine PWR) illustre les tensions entre souveraineté et efficacité économique.

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

2

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

Le programme nucléaire gaulliste a posé les fondations de l'indépendance énergétique française, qui sera parachevée dans les années 1980 avec le parc de 58 réacteurs fournissant 75% de l'électricité nationale, réduisant drastiquement la dépendance aux hydrocarbures importés.

Contre

Le choix nucléaire a été imposé sans débat démocratique, créant une dépendance technologique de long terme, des risques d'accidents majeurs, et un problème non résolu de gestion des déchets radioactifs pour des millénaires, tout en détournant les investissements des énergies renouvelables émergentes.

MédiaCorinne Lepage — L'État nucléaire — Albin Michel, 2014 · ISBN 9782226245496 référence bibliographique(centre-gauche)

Chaînage législatif

Modifiée par

  • réorientation
    Décision Messmer de 1969 (choix de la filière PWR) (fiche non identifiée)

    Abandon de la filière UNGG nationale au profit de la filière PWR sous licence Westinghouse

  • amplification
    Plan Messmer de 1974 (programme électronucléaire massif) (fiche non identifiée)

    Lancement du programme massif de construction de 58 réacteurs PWR après le choc pétrolier

Sources

  • [1]

    Commissariat à l'énergie atomique — Rapport annuel / Commissariat à l'énergie atomique — Paris : CEA / Imprimerie nationale, 1966-1967 · notice référence bibliographique

    Source officielleBiais : institutionnelCommissariat à l'énergie atomique
  • [2]

    Gabrielle Hecht — The Radiance of France: Nuclear Power and National Identity after World War II (édition française : Le rayonnement de la France : énergie nucléaire et identité nationale après la Seconde Guerre mondiale) — MIT Press (original anglais, 1998) ; La Découverte (traduction française, 2004, trad. Guenièvre Callon), 1998 · ISBN 2354801386 référence bibliographique

    Source académiqueGabrielle Hecht
  • [3]

    Vie-publique.fr — Programme nucléaire civil

    Source officielleBiais : institutionnel
Données disponibles (8/9)
2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatifTexte officiel

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

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