MajeureLoiEmploi & Travail

Loi pour l'égalité des chances

Loi post-émeutes créant le contrat première embauche (CPE), l'apprentissage à 14 ans et le service civil volontaire, le CPE étant retiré sous la pression de la rue.

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Dominique de Villepin

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse inversée

Description

La loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 pour l'égalité des chances est la réponse législative du gouvernement Villepin aux émeutes de l'automne 2005. Le texte comprend de multiples mesures : création de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (Acsé), possibilité d'apprentissage dès 14 ans (apprentissage junior), service civil volontaire, pouvoir de test de discrimination confié à la HALDE, création de zones franches urbaines supplémentaires, et contrats de responsabilité parentale. Mais le texte est dominé par une mesure qui déclenche la plus grande crise sociale du quinquennat : le contrat première embauche (CPE), extension du CNE aux jeunes de moins de 26 ans dans les entreprises de plus de 20 salariés visées par l’article 8 initial.

Contexte

Les émeutes de novembre 2005 ont mis en lumière la crise des banlieues et du chômage des jeunes (22,8 % chez les 15-24 ans). Villepin veut répondre par un plan global alliant insertion et flexibilité du marché du travail. Le CPE est inspiré du CNE mais son extension aux grandes entreprises et à tous les jeunes de moins de 26 ans cristallise l'opposition des syndicats, des étudiants et d'une partie de la droite. La gauche dénonce une « précarisation de la jeunesse ».

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 79 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

Saisine : 60 députés · 60 sénateurs

30 mars 2006Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006053516_02-04-2006
Publication au JORF
02 avril 2006
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Loi égalité des chances

mars 2006

Chaînage législatif

2006abrogation partielle

La loi n° 2006-457 du 21 avril 2006 sur l'accès des jeunes à la vie active en entreprise remplace l’article 8 qui portait les dispositions relatives au CPE.

→ (fiche non identifiée)

Effets mesurés

Effets positifs

1
  • Certaines mesures de la loi (hors CPE) ont perduré : renforcement de la HALDE, tests de discrimination, zones franches urbaines supplémentaires

    Fiabilité hauteMesure : 2007-01-01HALDE — Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité — Rapport annuel 2007 agent en recherche

Effets négatifs

2

Effets de bord

2
  • Le mouvement anti-CPE renforce le poids de la rue dans la politique française et crée un précédent : toute réforme du marché du travail est désormais anticipée comme potentiellement explosive socialement

  • Fin politique de Dominique de Villepin et voie ouverte pour Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007

    Fiabilité hauteMesure : 2006-05-01IFOP — Les indices de popularité - avril 2006 agent en recherche

Analyses contradictoires

Pour

La loi pour l'égalité des chances est un plan global ambitieux qui ne se réduit pas au CPE. Les mesures sur les discriminations, les zones franches et le service civil sont pertinentes. Le CPE était une tentative courageuse de lutter contre le chômage des jeunes par la flexibilité, sabordée par une mobilisation politisée et un manque de pédagogie.

analyse de la rédactionArgument formulé par nous, sans source tierce.

Contre

Le CPE est une extension irresponsable du CNE qui institutionnalise la précarité pour toute une génération. Précariser les contrats des jeunes ne crée pas d'emplois, cela remplace des emplois stables par des emplois jetables. Le mouvement social de 2006 a légitimement défendu le droit à un emploi décent face à un gouvernement sourd au dialogue social.

Chaînage législatif

Modifiée par

  • abrogation partielle
    ref-villepin1-retrait-cpe (fiche non identifiée)

    La loi n° 2006-457 du 21 avril 2006 sur l'accès des jeunes à la vie active en entreprise remplace l’article 8 qui portait les dispositions relatives au CPE.

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources