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Déclaration de l'état d'urgence lors des émeutes de banlieue

Déclaration de l'état d'urgence pour la première fois depuis la guerre d'Algérie, face à trois semaines d'émeutes urbaines touchant 300 communes.

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Dominique de Villepin

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

Le décret n° 2005-1386 du 8 novembre 2005 déclare l'état d'urgence sur l'ensemble du territoire métropolitain, en application de la loi du 3 avril 1955 créée pendant la guerre d'Algérie et jamais utilisée depuis en métropole. Cette décision intervient après trois semaines de violences urbaines déclenchées le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois par la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré, électrocutés dans un transformateur EDF alors qu'ils fuyaient un contrôle de police. Les émeutes se propagent à plus de 300 communes, avec un bilan de 10 000 véhicules incendiés, 300 bâtiments publics endommagés, 4 700 interpellations et un mort.

Contexte

Les quartiers populaires concentrent des taux de chômage deux à trois fois supérieurs à la moyenne nationale, une discrimination à l'embauche documentée et un sentiment d'abandon. La politique de la ville, depuis les dispositifs Banlieues 89 jusqu'au plan Borloo, n'a pas résorbé les inégalités territoriales. Les tensions entre jeunes et police sont récurrentes. La déclaration de Sarkozy à Argenteuil (« racaille ») le 25 octobre 2005 et le tir de grenade lacrymogène vers la mosquée de Clichy-sous-Bois enflamment la situation.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006052666_09-11-2005
Publication au JORF
09 novembre 2005
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

État d'urgence émeutes 2005

novembre 2005

Effets mesurés

Effets positifs

1

Effets négatifs

2
  • Révélation de l'échec de trente ans de politique de la ville : les inégalités territoriales persistent malgré des dizaines de milliards d'investissements publics

    Fiabilité hauteMesure : 2006-03-01ONZUS (Observatoire national des zones urbaines sensibles) — Observatoire national des zones urbaines sensibles — Rapport 2005 agent en recherche
  • Dégradation de l'image internationale de la France : les émeutes font la une de la presse mondiale et exposent le modèle français d'intégration à des critiques sévères

Effets de bord

2
  • L'utilisation de la loi de 1955 crée un précédent juridique repris en 2015 après les attentats du 13 novembre, menant à une normalisation de l'état d'urgence critiquée par les défenseurs des libertés

  • Renforcement politique de Nicolas Sarkozy, qui capitalise sur son image de fermeté et fait de la question des banlieues un thème central de la campagne présidentielle de 2007

    Fiabilité hauteMesure : 2007-05-06CEVIPOF (dont contribution Étienne Schweisguth, Gérard Grunberg sur "liberté privée / ordre public") — Baromètre politique français (2006-2007) agent en recherche

Analyses contradictoires

Pour

L'état d'urgence a permis de rétablir l'ordre républicain face à des violences sans précédent. Le gouvernement a fait preuve de fermeté légitime pour protéger les habitants des quartiers, premières victimes des incendies et des destructions. Les couvre-feux ont démontré leur efficacité en accélérant le retour au calme.

Source officielleAssemblée nationale (XIIe législature) — Assemblée nationale — Compte rendu intégral, 2e séance du mardi 8 novembre 2005 agent en recherche(droite)

Contre

L'état d'urgence est une réponse répressive à un problème social. Les émeutes de 2005 sont le symptôme d'un échec collectif — discriminations, chômage massif, ghettoïsation — que la politique sécuritaire aggrave au lieu de résoudre. Les déclarations provocatrices de Sarkozy ont envenimé une situation déjà explosive, et l'état d'urgence criminalise une population qui demande avant tout de l'égalité.

Source académiqueLaurent Bonelli — La France a peur : une histoire sociale de l'« insécurité » — La Découverte, 2008, 418 p. · ISBN 9782707150844 référence bibliographique(gauche)

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources