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Charte de l'environnement adossée à la Constitution

Adossement à la Constitution d'une Charte de l'environnement consacrant le droit à un environnement sain et le principe de précaution.

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Jean-Pierre Raffarin

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : Jacques Chirac (impulsion présidentielle), Commission Coppens (élaboration du texte).

L’Élysée date du 3 mai 2001 la volonté de Chirac de créer une Charte de l’environnement et décrit ensuite son élaboration par la commission Coppens. L’impulsion et la conception collective sont distinguées.

  • La Charte de l'environnement | Élysée
    Ce jour-là, à Orléans, le président Jacques Chirac affirma dans un discours sa volonté de créer une Charte de l'Environnement, annonce qui devint une promesse

Attribution revue le 2026-10-11.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005 adosse à la Constitution française une Charte de l'environnement en dix articles, élevant les droits et devoirs environnementaux au rang de principes fondamentaux à valeur constitutionnelle. L'article 1er proclame le droit de chacun à vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. L'article 5 constitutionnalise le principe de précaution : lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques doivent adopter des mesures provisoires et proportionnées.

Contexte

Le sommet de Johannesburg en 2002 a vu Jacques Chirac prononcer son célèbre discours « notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». La France souhaite affirmer son leadership environnemental à l'échelle mondiale. La rédaction de la Charte a été confiée à une commission présidée par Yves Coppens. Le débat parlementaire se concentre sur l'article 5 (principe de précaution), contesté par une partie de la droite et du monde scientifique qui craignent un frein à l'innovation et à la recherche.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 2
  • Durée dépôt → promulgation : 613 jours
  • Commission mixte paritaire : non réunie
  • Accord des chambres en navette simple
  • Dossier législatif (senat.fr)

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 10 octobre 2026
Identifiant Légifrance
JORFTEXT000000790249
Publication au JORF
01 mars 2005
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Charte de l'environnement

mars 2005

Promesse d'origine

« Inscrire le droit à l'environnement dans la Constitution française, au même rang que les droits de l'homme et les droits économiques et sociaux »

Source : Discours de Jacques Chirac à Johannesburg, 2 septembre 2002

Écart entre promesse et réalisation

La Charte correspond exactement à l'engagement présidentiel. Le principe de précaution a toutefois été édulcoré lors des débats parlementaires.

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • La Charte a servi de fondement à de nombreuses décisions du Conseil constitutionnel censurant des dispositions législatives contraires au droit à l'environnement, notamment sur les OGM, les pesticides et les installations classées

  • Influence internationale : la constitutionnalisation du principe de précaution a inspiré d'autres pays et renforcé la position de la France dans les négociations environnementales (COP21)

    Fiabilité moyenneMesure : 2015-12-12Stéphane Doumbé-Billé — La Charte et le droit international agent en recherche

Effets négatifs

1

Effets de bord

1
  • Multiplication des contentieux environnementaux utilisant la Charte comme fondement juridique, aboutissant à la décision historique de l'affaire Grande-Synthe (2021) où le Conseil d'État impose à l'État de respecter ses engagements climatiques

    Fiabilité hauteMesure : 2021-07-01Conseil d'État — Conseil d'État, 6ème - 5ème chambres réunies, 01/07/2021, n° 427301, Publié au recueil Lebon (Commune de Grande-Synthe) agent en recherche

Analyses contradictoires

Pour

La constitutionnalisation de l'environnement est un acte fondateur qui place les droits environnementaux au même rang que les droits de l'homme. Le principe de précaution n'est pas un principe d'abstention mais un principe d'action responsable, exigeant des autorités qu'elles agissent même face à l'incertitude scientifique.

Contre

Inscrire le principe de précaution dans la Constitution est une erreur historique qui handicape la France dans la compétition scientifique et technologique mondiale. Ce principe est utilisé par les groupes de pression pour bloquer la recherche et l'innovation au nom d'un risque zéro impossible. Il faudrait le cantonner au domaine politique sans lui donner valeur juridique contraignante.

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Conseil constitutionnel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources