Politique de sécurité routière : déploiement des radars automatiques
Déploiement massif de radars automatiques sur les routes françaises, dans le cadre du grand chantier présidentiel de sécurité routière.
Initiative politique : gouvernementale
Acteurs et rôles documentés : Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre et président du CISR, Comité interministériel de la sécurité routière, décision de déploiement, Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur.
La sécurité routière est priorisée par Chirac, mais la décision précise de déployer mille radars est attribuée au CISR du 18 décembre 2002 par le rapport de la mission interministérielle.
- Routes et voies navigables : genèse du contrôle automatisé
Décidé lors du CISR du 18 décembre 2002
Attribution revue le 2026-10-12.
Description
La sécurité routière est déclarée « grand chantier du quinquennat » par Jacques Chirac lors de ses vœux du 14 juillet 2002. Le programme de déploiement des radars automatiques, lancé fin 2003, révolutionne la politique de sécurité routière française. Le premier radar fixe est installé sur la RN 20 à La Ville-du-Bois (Essonne) le 27 octobre 2003. En un an, 100 radars sont déployés, puis le maillage s'étend rapidement à 1 000 puis 2 000 appareils. Parallèlement, le gouvernement durcit le permis à points (retrait d'un point dès le premier km/h au-dessus de la limite), aggrave les sanctions pénales pour excès de vitesse, et lance des campagnes de communication chocs. Le résultat est spectaculaire : le nombre de morts sur la route passe de 7 242 en 2002 à 5 318 en 2004, soit une baisse de 26,5 % en deux ans — un record historique. Cette politique, portée par le délégué interministériel à la sécurité routière Rémy Heitz, est l'une des plus grandes réussites du quinquennat Chirac en termes de vies sauvées.
Contexte
En 2002, la France compte 7 242 morts sur les routes, un chiffre insupportable et supérieur à celui de ses voisins européens. La mortalité routière est considérée comme une fatalité par beaucoup. Chirac choisit d'en faire une cause nationale après la sécurité et le cancer. Le lobby automobile est hostile aux radars.
Texte officiel consolidé
Vérifié le 19 septembre 2026- Identifiant Légifrance
- LEGITEXT000005634518
- Numéro NOR
- EQUX0200012L
- Publication au JORF
- 13 juin 2003
Chaîne d'impact
Réforme
Radars automatiques
juillet 2003
Promesse d'origine
« Faire de la sécurité routière un grand chantier national pour diviser par deux le nombre de morts sur les routes »
Source : Discours de Jacques Chirac, 14 juillet 2002
Écart entre promesse et réalisation
L'objectif de diviser par deux la mortalité routière est atteint en avance sur le calendrier.
Effets mesurés
Effets positifs
2Chute spectaculaire de la mortalité routière : de 7 242 morts en 2002 à 5 318 en 2004, soit 1 924 vies sauvées en deux ans
Nombre de tués sur les routes7242 morts par an5318 morts par anFiabilité hauteMesure : 2004-12-31ONISR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière) — La sécurité routière en France — Bilan de l'année 2004 agent en rechercheBaisse de la vitesse moyenne sur les routes : -5 km/h en moyenne, contribuant directement à la réduction de la mortalité
Vitesse moyenne sur les routes89 km/h84 km/h
Effets négatifs
1Perception d'une « politique du chiffre » et de radars-tirelires : les recettes des amendes atteignent 500 millions d'euros par an
Recettes des amendes radarFiabilité hauteMesure : 2005-12-31Cour des comptes — La gestion du produit des amendes de circulation routière
Effets de bord
1Développement d'un marché des détecteurs de radars et des applications d'alerte, engageant un jeu du chat et de la souris entre les automobilistes et les autorités
Analyses contradictoires
Pour
Les radars automatiques sont la mesure de politique publique la plus efficace du quinquennat en termes de vies humaines sauvées. Le principe est simple : les lois existent, il suffit de les appliquer. Chaque mort évité justifie l'investissement. [Données factuelles : Chute spectaculaire de la mortalité routière : de 7 242 morts en 2002 à 5 318 en 2004, soit 1 924 vies sauvées en deux ans : 7242 → 5318 morts par an ; Baisse de la vitesse moyenne sur les routes : -5 km/h en moyenne, contribuant directement à la réduction de la mortalité : 89 → 84 km/h.]
Contre
Les radars sont une pompe à fric déguisée en politique de sécurité. L'État préfère verbaliser les automobilistes plutôt qu'investir dans l'état des routes. La répression se substitue à la pédagogie et à l'amélioration des infrastructures. [Données factuelles : Recettes des amendes radar : 500 millions d'euros par an.]
Sources
- [1]Source officielleBiais : institutionnelONISR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière)
- [2]
Cour des comptes — La gestion du produit des amendes de circulation routière
Source officielleBiais : institutionnelCour des comptes - [3]Source officielleBiais : institutionnelObservatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR)
Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel
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