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Décentralisation acte II : révision constitutionnelle sur l'organisation décentralisée de la République

Révision constitutionnelle inscrivant l'organisation décentralisée de la République dans la Constitution et établissant le cadre de nouveaux transferts de compétences.

Rattachement présidentiel : Jacques Chirac
Gouvernement de rattachement : Jean-Pierre Raffarin

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, Dominique Perben, garde des Sceaux.

Le Sénat attribue à Raffarin et Perben l’initiative de la révision constitutionnelle préparée dès l’automne 2002. Cette qualification vise le cadre constitutionnel de mars 2003, distinct des lois réalisant ensuite les transferts de compétences.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Partiellement tenue

Description

La loi constitutionnelle du 28 mars 2003, adoptée en Congrès à Versailles, constitue l'« acte II de la décentralisation », vingt ans après les lois Defferre de 1982-1983. Elle inscrit dans l'article 1er de la Constitution que « l'organisation de la République est décentralisée ». Elle consacre le principe de subsidiarité, le droit à l'expérimentation pour les collectivités, l'autonomie financière des collectivités territoriales, et le droit de pétition et de référendum local. Cette révision établit un cadre constitutionnel ; elle ne réalise pas à elle seule les transferts de compétences. La décentralisation du RMI et la création du CI-RMA relèvent de la loi distincte du 18 décembre 2003, applicable à compter du 1er janvier 2004. Jean-Pierre Raffarin, lui-même ancien président de la région Poitou-Charentes, porte personnellement cette réforme qui est le marqueur politique de son gouvernement. La décentralisation acte II est cependant critiquée pour les transferts de charges non compensés qui grèvent les finances des collectivités.

Contexte

La France est historiquement un État centralisé jacobin. Les lois Defferre de 1982-1983 ont initié la décentralisation. Raffarin, ancien élu local, veut aller plus loin en constitutionnalisant le principe. La droite, traditionnellement jacobine, est divisée sur le sujet. Les élus locaux réclament davantage d'autonomie mais craignent les transferts de charges sans moyens.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 10 octobre 2026
Identifiant Légifrance
JORFTEXT000000601882
Publication au JORF
28 mars 2003
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Décentralisation acte II

mars 2003

Schéma récurrent — 5 tentatives

Des réformes similaires ont été tentées à d'autres époques

Promesse d'origine

« Rapprocher la décision des citoyens, approfondir la décentralisation par une révision constitutionnelle »

Source : Programme présidentiel Jacques Chirac 2002

Écart entre promesse et réalisation

La révision constitutionnelle est réalisée conformément à l'engagement, mais les transferts de compétences sont accompagnés de compensations financières jugées insuffisantes.

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Constitutionnalisation du principe de décentralisation, donnant une base juridique solide aux collectivités territoriales

    Fiabilité hauteMesure : 2003-03-28Loi constitutionnelle n°2003-276 du 28 mars 2003 relative à l'organisation décentralisée de la République agent en recherche
  • Droit à l'expérimentation permettant aux collectivités de tester des politiques innovantes avant généralisation

Effets négatifs

2
  • Transferts de compétences sans compensation financière adéquate, augmentant la pression fiscale locale (taxe d'habitation, taxe foncière)

  • Le transfert des personnels TOS crée des inégalités entre collectivités riches et pauvres dans la gestion des établissements scolaires

    Fiabilité hauteMesure : 2005-09-01Éric Doligé (rapporteur), Observatoire de la décentralisation, Sénat — Transferts des personnels TOS et DDE : un premier bilan encourageant malgré des perspectives financières préoccupantes — Rapport d'information n° 62 (2006-2007) agent en recherche

Effets de bord

2

Analyses contradictoires

Pour

L'acte II de la décentralisation rapproche les décisions des citoyens et libère les énergies locales. La constitutionnalisation garantit les droits des collectivités face à l'État central. C'est une modernisation nécessaire de la République.

Source académiqueJean-Pierre Raffarin — Pour une nouvelle gouvernance : l'humanisme en actions — L'Archipel, 2002, 200 p. · ISBN 9782841873357 référence bibliographique(droite)

Contre

La décentralisation acte II est un marché de dupes : l'État transfère ses charges aux collectivités sans les moyens correspondants, provoquant une hausse de la fiscalité locale. C'est un désengagement de l'État déguisé en réforme démocratique.

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Conseil constitutionnel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources