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Accords compétitivité-emploi — Tentative de flexibilisation du marché du travail

Projet permettant aux entreprises de modifier temps de travail et rémunération par accord collectif en cas de difficultés économiques, resté inachevé.

Rattachement présidentiel : Nicolas Sarkozy
Gouvernement de rattachement : François Fillon

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

Le 18 janvier 2012, dans le cadre du sommet social à l'Élysée, Nicolas Sarkozy propose la création d'« accords compétitivité-emploi » permettant aux entreprises confrontées à des difficultés économiques conjoncturelles de moduler, par accord majoritaire avec les syndicats, le temps de travail et les rémunérations de leurs salariés en échange d'un engagement de maintien de l'emploi. Inspiré du modèle allemand du Kurzarbeit (chômage partiel) et des accords de compétitivité pratiqués outre-Rhin, le dispositif vise à éviter les licenciements massifs en période de crise en offrant une alternative à la rigidité du contrat de travail français. Les syndicats réformistes (CFDT, CFTC) se montrent ouverts à la négociation, tandis que la CGT et FO dénoncent une attaque contre le Code du travail. Le projet ne sera pas mené à terme avant la fin du quinquennat en raison de la campagne présidentielle, mais l'idée sera reprise et mise en œuvre par François Hollande dans la loi de sécurisation de l'emploi de juin 2013 (accords de maintien de l'emploi), puis amplifiée par les lois Macron (2015), El Khomri (2016) et les ordonnances Travail de 2017.

Contexte

Le chômage augmente depuis 2008 et dépasse 9,5 % fin 2011. L'industrie française continue de perdre des emplois. Le modèle allemand, qui a résisté à la crise grâce à la flexibilité interne (Kurzarbeit), est envié. Sarkozy veut engager une réforme du marché du travail dans les derniers mois de son mandat, mais le calendrier électoral rend toute négociation sociale difficile.

Chaîne d'impact

Réforme

Accords compétitivité-emploi (tentative)

janvier 2012

Aucun effet de bord documenté

Effets mesurés

Effets positifs

1

Effets négatifs

1

Analyses contradictoires

Pour

Les accords compétitivité-emploi s'inspirent du modèle allemand qui a fait ses preuves pendant la crise de 2008-2009. Permettre aux entreprises d'ajuster temporairement le temps de travail et les salaires par accord collectif est préférable aux licenciements massifs. C'est la flexisécurité à la française.

MédiaPosition de COE-Rexecode, exposée dans « Mettre un terme à la divergence de compétitivité entre la France et l'Allemagne » agent en recherche(droite)

Contre

Les accords compétitivité-emploi sont un cheval de Troie pour démanteler le Code du travail. Permettre de baisser les salaires et d'augmenter le temps de travail par simple accord d'entreprise revient à inverser la hiérarchie des normes et à affaiblir les protections collectives des salariés.

MédiaPosition de CGT, exposée dans « Les outils de chantage à l'emploi (accords de performance collective / accords compétitivité-emploi) » agent en recherche(gauche)

Sources

Données disponibles (7/9)
2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeTexte officielChaînage législatif

Source de vérification : Vie-publique.fr

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources