SignificativeLoiÉconomie & Finances

Loi sur le redressement et la liquidation judiciaires des entreprises

Refonte du droit des entreprises en difficulté, privilégiant le sauvetage de l'entreprise et le maintien de l'emploi sur le paiement des créanciers.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Laurent Fabius

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Robert Badinter, garde des Sceaux, ministre de la Justice (1981–1986), concepteur et commanditaire, Pierre Lyon-Caen, membre du cabinet du garde des Sceaux à partir de 1981, chargé du suivi de l’élaboration.

Lyon-Caen témoigne sous serment que Badinter annonce dès 1981 son intention de réformer les difficultés des entreprises puis lui confie le suivi. Il relie cette démarche aux lois de 1984 et de 1985, en distinguant le redressement judiciaire, les professions et la réforme des tribunaux qui n’aboutit pas.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

La loi du 25 janvier 1985 relative au redressement et à la liquidation judiciaires des entreprises refond en profondeur le droit français des procédures collectives. Elle remplace la loi de 1967 sur le règlement judiciaire et la liquidation de biens. La philosophie de la réforme est de privilégier la sauvegarde de l'entreprise et le maintien de l'emploi sur le désintéressement des créanciers. La loi crée deux procédures distinctes : le redressement judiciaire (avec possibilité de plan de continuation ou de cession) et la liquidation judiciaire. Elle renforce le rôle du tribunal de commerce et crée la fonction d'administrateur judiciaire. Un volet préventif est ajouté par la loi du 1er mars 1984 sur la prévention des difficultés des entreprises (alerte du commissaire aux comptes, règlement amiable). Cette réforme marque une rupture avec l'approche traditionnelle qui considérait la faillite comme une sanction du débiteur. Elle sera substantiellement modifiée par la loi de sauvegarde de 2005.

Contexte

La crise économique et les restructurations industrielles multiplient les défaillances d'entreprises. Le droit des faillites, inchangé depuis 1967, est jugé inadapté car trop favorable aux créanciers au détriment de l'emploi.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 4
  • Durée dépôt → promulgation : 591 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, accord
  • Accord en commission mixte paritaire
  • Dossier législatif (senat.fr)

Conseil constitutionnel

18 janvier 1985Censure partielle

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006068923_19-07-1987
Publication au JORF
01 janvier 1985
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Procédures collectives 1985

janvier 1985

Aucun effet de bord documenté

Chaînage législatif

2005refonte

La loi de sauvegarde de 2005 crée une procédure de sauvegarde en amont du redressement judiciaire.

→ (fiche non identifiée)

Effets mesurés

Effets positifs

1

Effets négatifs

1
  • Le primat donné à la sauvegarde de l'entreprise pénalise les créanciers, notamment les PME fournisseurs, fragilisant la chaîne de paiement inter-entreprises

    Fiabilité hauteMesure : 1990-01-01Yves Chaput — Droit de la prévention et du règlement amiable des difficultés des entreprises — PUF, 1990 · ISBN 9782130394457 · notice référence bibliographique

Analyses contradictoires

Pour

La loi de 1985 a modernisé le droit des entreprises en difficulté en plaçant l'emploi et la poursuite de l'activité au centre du dispositif, conformément aux valeurs sociales de la République.

Source académiqueCorinne Saint-Alary-Houin (puis avec Marie-Hélène Monsèrié-Bon et Caroline Houin-Bressand) — Droit des entreprises en difficulté agent en recherche

Contre

Le primat de l'emploi sur les droits des créanciers renchérit le coût du crédit, pénalise les PME créancières et retarde les restructurations nécessaires en maintenant artificiellement des entreprises non viables.

Chaînage législatif

Modifiée par

  • refonte
    loi-sauvegarde-entreprises-2005 (fiche non identifiée)

    La loi de sauvegarde de 2005 crée une procédure de sauvegarde en amont du redressement judiciaire.

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

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