StructuranteLoiÉconomie & Finances

Loi Royer d'orientation du commerce et de l'artisanat

Régulation de l'implantation des grandes surfaces pour protéger le petit commerce et l'artisanat.

Rattachement présidentiel : Georges Pompidou
Gouvernement de rattachement : Pierre Messmer

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Yvon Bourges, ministre du Commerce et de l’Artisanat (juillet 1972–mars 1973), Jean Royer, ministre du Commerce et de l’Artisanat (avril 1973–avril 1974), Ministère de l’Économie et des Finances, services préparant les projets d’orientation dès le printemps 1972.

L’étude des archives de la Direction du commerce intérieur décrit deux projets d’orientation élaborés aux Finances dès le printemps 1972 et présentés sans aboutir par Bourges. Royer reprend le chantier en 1973 et conduit la loi. Le régime des grandes surfaces prolonge des dispositifs ministériels et parlementaires antérieurs ; le soutien général de Pompidou à leur contrôle en 1969 est un antécédent.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

La loi n° 73-1193 du 27 décembre 1973 d'orientation du commerce et de l'artisanat, dite loi Royer (du nom de Jean Royer, ministre du Commerce et de l'Artisanat), instaure un système d'autorisation préalable pour l'implantation des grandes surfaces commerciales. Toute création ou extension d'un commerce de plus de 1 000 m² en commune de moins de 40 000 habitants (ou 1 500 m² au-delà) doit obtenir l'accord d'une commission départementale d'urbanisme commercial (CDUC). La loi crée également le statut d'artisan, renforce les chambres de métiers, et institue des aides à la modernisation du commerce de proximité. Elle constitue une réponse politique à la montée en puissance des hypermarchés (Carrefour, Auchan, Leclerc) qui menacent le petit commerce traditionnel. Ce texte structurant sera amendé à de multiples reprises mais restera le cadre de référence de l'urbanisme commercial pendant près de quarante ans.

Contexte

L'essor fulgurant de la grande distribution dans les années 1960-1970 (premier hypermarché Carrefour en 1963) provoque la colère des commerçants et artisans, base électorale traditionnelle de la droite gaulliste. Le mouvement CID-UNATI de Gérard Nicoud organise des actions violentes. Jean Royer, maire de Tours et défenseur du petit commerce, est nommé au gouvernement pour apaiser cette fronde.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006068459_11-01-1978
Publication au JORF
30 décembre 1973
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Loi Royer

décembre 1973

Chaînage législatif

1996renforcement

La loi Raffarin abaisse le seuil d'autorisation à 300 m², renforçant considérablement le contrôle sur les implantations commerciales.

→ (fiche non identifiée)
2008modification

La loi de modernisation de l'économie assouplit le dispositif et remplace les CDUC par des Commissions départementales d'aménagement commercial (CDAC).

→ (fiche non identifiée)

Effets mesurés

Effets positifs

2
  • Ralentissement significatif du rythme d'ouverture des grandes surfaces dans les années suivant l'adoption de la loi

    Nombre d'ouvertures annuelles d'hypermarchés
    Fiabilité moyenneMesure : 1976-12-31INSEE — Le commerce en France
  • Reconnaissance du statut d'artisan et renforcement des organisations professionnelles du commerce et de l'artisanat

    Fiabilité hauteMesure : 1980-12-31Un peu d'histoire agent en recherche

Effets négatifs

3

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

La loi Royer a protégé le tissu commercial de proximité contre la concentration monopolistique de la grande distribution. Sans elle, le petit commerce aurait disparu encore plus rapidement, désertifiant les centres-villes et les communes rurales.

Contre

La loi Royer est un modèle de protectionnisme corporatiste qui a renchéri les prix à la consommation, créé des rentes pour les grandes surfaces existantes et engendré un système d'autorisations propice à la corruption, sans sauver le petit commerce qu'elle prétendait défendre.

Chaînage législatif

Modifiée par

  • renforcement
    loi-raffarin-commerce-1996 (fiche non identifiée)

    La loi Raffarin abaisse le seuil d'autorisation à 300 m², renforçant considérablement le contrôle sur les implantations commerciales.

  • modification
    loi-lme-2008 (fiche non identifiée)

    La loi de modernisation de l'économie assouplit le dispositif et remplace les CDUC par des Commissions départementales d'aménagement commercial (CDAC).

Sources

Données disponibles (8/9)
Texte officielSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif2+ sources

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources