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Création du SMIC — Salaire minimum interprofessionnel de croissance

Le SMIC remplace le SMIG, indexé désormais sur la croissance économique et non plus seulement sur les prix.

Rattachement présidentiel : Georges Pompidou
Gouvernement de rattachement : Jacques Chaban-Delmas

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Jacques Chaban-Delmas (Premier ministre), Joseph Fontanet (ministre du Travail).

Chaban-Delmas annonce la refonte concertée du SMIG en septembre 1969. Fontanet explique en décembre la conception du nouveau SMIC, liant le minimum salarial aux fruits du progrès.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi du 2 janvier 1970 transforme le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), créé en 1950, en Salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC). Ce changement fondamental modifie le mécanisme de revalorisation : le SMIG n'était indexé que sur l'inflation, ce qui maintenait les bas salaires à un niveau de subsistance sans les faire bénéficier de la prospérité générale. Le SMIC, en revanche, est indexé à la fois sur l'inflation (clause de sauvegarde automatique dès que l'IPC augmente de 2 %) et sur la moitié de l'augmentation du pouvoir d'achat du salaire horaire moyen ouvrier. Le gouvernement conserve la possibilité de « coups de pouce » discrétionnaires. Cette réforme, emblématique de la Nouvelle Société, vise à réduire les inégalités salariales en faisant participer les travailleurs les plus modestes aux fruits de la croissance. Le SMIC deviendra l'un des instruments majeurs de la politique sociale française, concernant environ 2 millions de salariés en 1970.

Contexte

Les accords de Grenelle de 1968 avaient relevé massivement le SMIG (+35 %), révélant l'insuffisance du dispositif existant. Les inégalités salariales restent très fortes dans la France des Trente Glorieuses.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006068386_04-01-1970
Publication au JORF
04 janvier 1970
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Création du SMIC

janvier 1970

Chaînage législatif

1981Revalorisation massive

Mitterrand relève le SMIC de 10 % en deux coups de pouce successifs en 1981.

→ (fiche non identifiée)

Promesse d'origine

« Bâtir une « nouvelle société » plus juste, fondée sur la participation et le dialogue social »

Source : Programme de campagne de Pompidou, 1969 ; Discours de la Nouvelle Société, septembre 1969

Écart entre promesse et réalisation

La création du SMIC correspond parfaitement au projet de Nouvelle Société : faire bénéficier les plus modestes de la croissance économique.

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

1

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

Le passage du SMIG au SMIC constitue l'une des innovations sociales les plus durables de la Ve République. En indexant le salaire minimum sur la croissance économique et non plus seulement sur l'inflation, la loi de 1970 a garanti aux travailleurs les plus modestes une participation effective aux fruits de la prospérité nationale. Le SMIC a réduit structurellement les inégalités salariales, protégé des millions de salariés contre la pauvreté laborieuse et servi de filet de sécurité lors des crises économiques. Plus de cinquante ans après sa création, il reste un pilier du modèle social français, plébiscité par l'opinion publique et défendu par l'ensemble du spectre politique. [Données factuelles : Revalorisation significative du salaire minimum : le pouvoir d'achat du SMIC augmente de 4,5 % par an en moyenne entre 1970 et 1974 : 100 → 119 indice base 100 en 1970.]

Contre

L'indexation du SMIC sur la croissance crée une rigidité salariale structurelle qui pèse lourdement sur la compétitivité des entreprises françaises, en particulier les PME et les secteurs à forte intensité de main-d'œuvre. En renchérissant le coût du travail peu qualifié, le SMIC contribue au chômage de masse des jeunes et des non-diplômés, phénomène qui distingue la France de ses voisins européens pratiquant des salaires minimums plus modérés. La « trappe à bas salaires » — concentration croissante des salariés autour du SMIC — freine la progression salariale individuelle et décourage la montée en compétences. Les « coups de pouce » politiques déconnectent régulièrement le salaire minimum des réalités productives.

Chaînage législatif

Modifiée par

  • Revalorisation massive
    ref-mitterrand-smic-1981 (fiche non identifiée)

    Mitterrand relève le SMIC de 10 % en deux coups de pouce successifs en 1981.

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

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