Accélération du programme autoroutier national
Doublement du rythme de construction autoroutière pour désenclaver les régions et accompagner la croissance économique.
Initiative politique : non documentée
⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.
Comment l’initiative est-elle établie ?Description
Sous l'impulsion directe de Georges Pompidou, passionné d'automobile et convaincu que la route est le vecteur principal du développement économique, le gouvernement Chaban-Delmas accélère considérablement le programme autoroutier français. Le VIe Plan (1971-1975) prévoit la construction de 3 000 km d'autoroutes supplémentaires, doublant pratiquement le rythme des années de Gaulle. Le système de financement par concessions privées est étendu : des sociétés d'économie mixte (COFIROUTE, ASF, SANEF, SAPRR) se voient confier la construction et l'exploitation de tronçons contre la perception de péages. Les grands axes nord-sud (A6 Paris-Lyon achevée, A7 Lyon-Marseille, A10 vers Bordeaux) et est-ouest sont lancés simultanément. Le réseau passe d'environ 1 550 km en 1969 à plus de 2 800 km en 1972. Cette politique du « tout-autoroute » est caractéristique de la vision pompidolienne de la modernité, indissociable de la société de consommation et de l'automobile. Elle sera critiquée à partir des années 1990 pour ses impacts environnementaux, mais aura profondément structuré le territoire français.
Contexte
La France accuse un retard important en matière d'infrastructures autoroutières par rapport à l'Allemagne et l'Italie. Le parc automobile français double entre 1960 et 1970. Pompidou voit dans l'automobile et l'autoroute les symboles de la modernité et de la liberté individuelle.
Chaîne d'impact
Réforme
Programme autoroutier accéléré
mars 1970
Promesse d'origine
« Développer le réseau autoroutier français pour désenclaver les régions »
Source : Programme de campagne de Georges Pompidou, 1969
Écart entre promesse et réalisation
Programme tenu et même dépassé : le rythme de construction a excédé les objectifs initiaux.
Effets mesurés
Effets positifs
2Désenclavement de nombreuses régions françaises, réduction des temps de trajet et baisse de la mortalité routière sur les axes aménagés
Kilomètres d'autoroutes1550 km2800 kmFiabilité hauteMesure : 1972-12-31Sénat — commission des finances — Rapport sur la modernisation du réseau routier (session 1972-1973)Stimulation de l'activité économique dans les régions traversées, les autoroutes devenant des axes de développement industriel et commercial
Fiabilité moyenneMesure : 1975-01-01Alain Bonnafous, François Plassard, Didier Soum — La détection des effets structurants d'autoroute. Application à la Vallée du Rhône
Effets négatifs
2Impact environnemental considérable : artificialisation des sols, fragmentation des espaces naturels, pollution atmosphérique, encouragement de l'étalement urbain
Fiabilité hauteMesure : 2000-01-01Bulletin de l'Association de géographes français — Autoroutes et espaces enforestésDéfavorisation du transport ferroviaire : l'investissement massif dans la route a provoqué la fermeture de nombreuses lignes de chemin de fer secondaires
Fiabilité hauteMesure : 1980-01-01Document académique (hal-lara, CNRS) — Transports régionaux et contraction du réseau ferré français (document HAL)
Effets de bord
1Création de rentes de situation pour les sociétés concessionnaires d'autoroutes, devenues extrêmement rentables après leur privatisation en 2006
Analyses contradictoires
Pour
Le programme autoroutier pompidolien a été un accélérateur de développement économique et territorial sans précédent, permettant à la France de rattraper son retard d'infrastructure et de désenclaver des régions entières en une décennie. [Données factuelles : Désenclavement de nombreuses régions françaises, réduction des temps de trajet et baisse de la mortalité routière sur les axes aménagés : 1550 → 2800 km.]
Contre
La politique du tout-autoroute a sacrifié le ferroviaire et le transport collectif, encouragé l'étalement urbain et la dépendance à la voiture, et laissé un héritage environnemental désastreux que la France paie encore aujourd'hui.
Sources
- [1]
VIe Plan de développement économique et social : 1971-1975, rapport général, les objectifs généraux et les actions prioritaires du VIe Plan et annexes au rapport général, programmes d'actions détaillées — Union générale d'éditions (10-18), 1971, 503 p. · notice référence bibliographique
Source officielleBiais : institutionnel
Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel
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