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Dévaluation du franc de 12,5 %

Dévaluation du franc de 12,5 % pour restaurer la compétitivité française après la crise de Mai 68.

Rattachement présidentiel : Georges Pompidou
Gouvernement de rattachement : Jacques Chaban-Delmas

Initiative politique : non documentée

⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Sans promesse préalable

Description

Le 10 août 1969, le gouvernement Chaban-Delmas procède à une dévaluation du franc de 12,5 %, mesure que de Gaulle avait refusée en novembre 1968 par fierté nationale malgré les recommandations de ses conseillers économiques. La crise de Mai 68 et les accords de Grenelle avaient provoqué une forte hausse des salaires (+10 % en moyenne) sans contrepartie de productivité, dégradant la compétitivité française et provoquant une fuite des capitaux. Le nouveau président Pompidou, pragmatique et fin connaisseur de l'économie, prend la décision dès son arrivée au pouvoir. La dévaluation est accompagnée d'un plan de rigueur budgétaire et d'un blocage temporaire des prix. L'opération s'avère un succès économique majeur : la balance commerciale se redresse rapidement, les exportations françaises bondissent, et la croissance repart vigoureusement. Cette dévaluation est souvent citée comme la dernière dévaluation « réussie » du franc.

Contexte

De Gaulle avait refusé la dévaluation en novembre 1968. La fuite des capitaux et le déséquilibre commercial imposent une correction monétaire urgente. Le système de Bretton Woods est encore en vigueur mais fragilisé.

Chaîne d'impact

Réforme

Dévaluation du franc (1969)

août 1969

Effets mesurés

Effets positifs

2

Effets négatifs

1

Effets de bord

1

Analyses contradictoires

Pour

La dévaluation de 1969 est un modèle de pragmatisme économique et de courage politique. En osant ce que de Gaulle avait refusé par orgueil en novembre 1968, Pompidou a pris la décision rationnelle qui s'imposait : restaurer la compétitivité française érodée par les hausses salariales massives de Grenelle. Les résultats sont spectaculaires — la balance commerciale se redresse en deux ans, la croissance repart à près de 6 %, les exportations bondissent. Cette dévaluation est souvent citée comme la dernière dévaluation « réussie » du franc, preuve que l'instrument monétaire, utilisé au bon moment et accompagné de rigueur budgétaire, peut être d'une efficacité redoutable.

Contre

La dévaluation de 1969 n'a fait que masquer les déséquilibres structurels de l'économie française — rigidités du marché du travail, faiblesse de l'investissement productif, retard technologique — en offrant un coup de pouce monétaire temporaire. Au lieu de traiter les causes profondes de la perte de compétitivité, elle a entretenu l'illusion française que les problèmes économiques peuvent se résoudre par la manipulation du taux de change plutôt que par des réformes structurelles douloureuses. La France recourra encore à la dévaluation en 1981 et 1983, preuve que la leçon n'avait pas été tirée et que les ajustements fondamentaux restaient à faire. [Données factuelles : Hausse de l'inflation importée à court terme, renchérissement des produits importés pour les ménages : 5.2 → 6.5 % annuel.]

Source académiqueHenri-François Henner, Jean-Jacques Yvernault — Les dévaluations du franc depuis 1981 agent en recherche

Sources

Données disponibles (6/9)
Source avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeTexte officiel2+ sourcesChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources