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Création du nouveau franc

Division par 100 de la valeur faciale du franc, créant le « nouveau franc » pour symboliser le redressement économique et restaurer le prestige monétaire français.

Rattachement présidentiel : Charles de Gaulle
Gouvernement de rattachement : Michel Debré

Initiative politique : gouvernementale

Acteurs et rôles documentés : Antoine Pinay (ministre des Finances lors de la préparation), Jacques Rueff (président du comité d’experts), Charles de Gaulle (président du Conseil lors de l’ordonnance de 1958).

L’introduction du nouveau franc est décidée par l’ordonnance de décembre 1958 dans le plan commandé par Pinay à Rueff ; la date d’entrée en vigueur en 1960 ne doit pas déplacer son origine politique.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

L'ordonnance du 27 décembre 1958, entrée en vigueur le 1er janvier 1960, institue le « nouveau franc » (NF) valant 100 anciens francs. Cette réforme monétaire, volet symbolique du plan Pinay-Rueff, vise à restaurer la dignité de la monnaie française, humiliée par des décennies d'inflation et de dévaluations successives sous la IIIe et la IVe République. Un franc ancien ne représentait plus qu'une fraction dérisoire de pouvoir d'achat ; la division par 100 replace le franc dans un ordre de grandeur comparable aux autres grandes monnaies (dollar, mark, livre). La mesure est technique — aucun gain ni perte de pouvoir d'achat réel — mais psychologiquement puissante. De Gaulle y voit un instrument de fierté nationale : la France retrouve un « franc lourd » digne de son rang.

Contexte

Le franc a subi 13 dévaluations depuis 1928. En 1958, un dollar vaut près de 500 francs, reflet de l'affaiblissement monétaire. La réforme monétaire accompagne le plan de stabilisation pour marquer une rupture psychologique avec les errements financiers passés.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006069226_28-12-1958
Publication au JORF
28 décembre 1958
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Nouveau franc

janvier 1960

Chaînage législatif

1969restriction

Dévaluation de 12,5 % du franc par le gouvernement Chaban-Delmas après les événements de Mai 68, brisant la parité or de 1960.

→
1999abrogation

Le franc est remplacé par l'euro au taux fixe de 6,55957 francs pour 1 euro, mettant fin à la monnaie nationale.

→ (fiche non identifiée)

Promesse d'origine

« Redonner à la France une monnaie forte, symbole de sa souveraineté retrouvée. »

Source : Discours de de Gaulle, conférence de presse de 1958

Écart entre promesse et réalisation

Promesse tenue dans la forme et dans les faits, le franc restant stable jusqu'en 1969.

Effets mesurés

Effets positifs

3

Effets négatifs

2
  • Confusion durable dans la population : des millions de Français, notamment les personnes âgées, continuent de compter en anciens francs pendant des décennies, compliquant les transactions quotidiennes

  • Perception d'une hausse des prix liée au changement d'unité de compte, les commerçants arrondissant fréquemment à la hausse lors de la conversion

    Fiabilité moyenneMesure : 1960-06Bulletin mensuel de statistique — INSEE, 1960 · notice référence bibliographique

Effets de bord

2
  • La stabilité du nouveau franc alimente la politique de « franc fort » qui deviendra un dogme de la politique monétaire française, parfois au détriment de la compétitivité, jusqu'à l'adoption de l'euro en 1999

    Fiabilité moyenneMesure : 1969Michel Aglietta — La fin des devises-clés : essai sur la monnaie internationale agent en recherche
  • La division par 100 de l'unité monétaire a engendré une perte de repères durables chez les Français les plus modestes et les plus âgés. Plusieurs générations ont continué à raisonner en « anciens francs », créant un décalage culturel et psychologique persistant vis-à-vis de la valeur de l'argent. Ce phénomène s'est reproduit à l'identique lors du passage à l'euro en 2002, suggérant que les changements d'unité monétaire produisent des effets cognitifs de long terme sous-estimés par les technocrates.

    Fiabilité moyenneMesure : 1975Michel Aglietta, André Orléan — La monnaie entre violence et confiance — Odile Jacob, 2002 · ISBN 2-7381-0929-2 référence bibliographique

Analyses contradictoires

Pour

Le nouveau franc a restauré le prestige monétaire d'une France humiliée par des décennies de dévaluations successives. En replaçant la monnaie française dans un ordre de grandeur comparable au dollar et au mark, la réforme a envoyé un signal de confiance puissant aux marchés internationaux et aux épargnants français. La stabilité monétaire qui a suivi — dix ans sans dévaluation, fait inédit depuis 1914 — a soutenu la confiance des ménages, favorisé l'investissement et accompagné la croissance spectaculaire des Trente Glorieuses.

Contre

La création du nouveau franc était une opération essentiellement cosmétique qui n'a modifié aucun fondamental économique. Diviser par cent la valeur faciale de la monnaie ne crée ni richesse ni stabilité réelle. La réforme a en revanche semé la confusion chez les Français les plus modestes et les plus âgés, brouillant leur perception des prix et facilitant des arrondis à la hausse par les commerçants. La stabilité monétaire ultérieure doit davantage à la rigueur budgétaire et à la conjoncture internationale favorable qu'au changement symbolique d'unité de compte.

analyse de la rédactionArgument formulé par nous, sans source tierce.

Chaînage législatif

Modifiée par

  • restriction
    Dévaluation du franc (1969)

    Dévaluation de 12,5 % du franc par le gouvernement Chaban-Delmas après les événements de Mai 68, brisant la parité or de 1960.

  • abrogation
    passage-euro-1999 (fiche non identifiée)

    Le franc est remplacé par l'euro au taux fixe de 6,55957 francs pour 1 euro, mettant fin à la monnaie nationale.

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources