Indépendances des États africains de la Communauté française
Accession à l'indépendance de 14 États africains francophones en 1960, transformant l'empire colonial en réseau de coopération bilatérale (Françafrique).
Initiative politique : non documentée
⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.
Comment l’initiative est-elle établie ?Description
L'année 1960, dite « année de l'Afrique », voit l'accession à l'indépendance de quatorze anciennes colonies françaises d'Afrique subsaharienne : Cameroun, Sénégal, Mali, Madagascar, Congo-Brazzaville, Mauritanie, Côte d'Ivoire, Haute-Volta (Burkina Faso), Niger, Dahomey (Bénin), République centrafricaine, Tchad, Gabon et Togo. La Constitution de 1958 avait créé la « Communauté française », cadre fédéral offrant l'autonomie interne aux territoires d'outre-mer tout en maintenant les compétences régaliennes (défense, diplomatie, monnaie) à Paris. Seule la Guinée de Sékou Touré avait refusé par référendum en septembre 1958, accédant immédiatement à l'indépendance.
Contexte
Le mouvement de décolonisation est mondial depuis 1945. Le Royaume-Uni a engagé la décolonisation de ses possessions africaines. La conférence de Bandung (1955) a consacré le non-alignement. La France a perdu l'Indochine en 1954 et s'enlise en Algérie. De Gaulle comprend que la décolonisation est inévitable et préfère l'organiser plutôt que la subir.
Texte officiel consolidé
Vérifié le 14 avril 2026- Identifiant Légifrance
- JORFTEXT000000693661
- Publication au JORF
- 08 juin 1960
Chaîne d'impact
Réforme
Décolonisation de l'Afrique noire
janvier 1960
Promesse d'origine
« Proposer aux peuples d'outre-mer un cadre renouvelé de libre association avec la France dans le respect de leur personnalité. »
Source : Préambule de la Constitution de 1958, discours de Brazzaville (1944)
Écart entre promesse et réalisation
L'indépendance complète est allée au-delà du cadre communautaire initialement prévu, mais de Gaulle s'y est adapté avec pragmatisme.
Effets mesurés
Effets positifs
3Décolonisation pacifique de 14 États africains en une seule année, évitant les guerres coloniales qui ravagent d'autres puissances (Portugal, Belgique au Congo)
Nombre d'États accédant à l'indépendance en 1960Fiabilité hauteMesure : 1960-12Charles-Robert Ageron — La décolonisation française — Armand Colin (collection Cursus), 1991, 179 p. · ISBN 978-2-200-21576-7 référence bibliographiqueMaintien de relations bilatérales étroites : accords de coopération militaire, économique et culturelle assurant à la France un réseau d'influence en Afrique
Préservation de la zone franc CFA, assurant la stabilité monétaire des nouveaux États et maintenant un espace économique intégré au profit de la France et de ses anciennes colonies
Fiabilité hauteMesure : 1962Banque de France — Un peu d'histoire (Coopérations monétaires Afrique-France) agent en recherche
Effets négatifs
2Installation de régimes autoritaires à parti unique dans la plupart des nouveaux États, souvent avec le soutien tacite de la France
Fiabilité moyenneMesure : 1965Jean-Pierre Bat — La fabrique des barbouzes : histoire des réseaux Foccart en Afrique — Nouveau Monde Éditions (collection Le Grand Jeu), 2015 · ISBN 978-2-36942-195-5 référence bibliographiqueMaintien d'une dépendance économique structurelle des anciennes colonies vis-à-vis de la France, freinant leur développement autonome
ContestéeMesure : 1970Samir Amin — Le développement inégal : essai sur les formations sociales du capitalisme périphérique — Minuit, 1973, 365 p. · ISBN 978-2-7073-0017-1 référence bibliographique
Effets de bord
2Mise en place du réseau Foccart et des « réseaux françafricains » : relations opaques entre l'Élysée et les chefs d'État africains, interventions militaires françaises régulières (plus de 50 opérations en 60 ans)
Fiabilité moyenneMesure : 1970François-Xavier Verschave — La Françafrique : le plus long scandale de la République — Stock, 1998, 379 p. · ISBN 2234049482 référence bibliographiqueConstitution d'une importante communauté africaine francophone en France, alimentant les flux migratoires des décennies suivantes
Fiabilité moyenneMesure : 1975INSEE — En 2023, 3,5 millions d'immigrés nés en Afrique vivent en France
Analyses contradictoires
Pour
La décolonisation pacifique de l'Afrique noire française en 1960 constitue un succès politique majeur du gaullisme. Alors que d'autres puissances coloniales s'enlisaient dans des guerres sanglantes — Belgique au Congo, Portugal en Angola et au Mozambique — de Gaulle a su organiser une transition ordonnée qui a préservé des vies humaines et maintenu des liens étroits entre la France et ses anciennes colonies. Le réseau de coopération bilatérale ainsi constitué a permis à la France de conserver une influence considérable en Afrique, contribuant à son statut de puissance mondiale. [Données factuelles : Nombre d'États accédant à l'indépendance en 1960 : 14 États indépendants.]
Contre
Les indépendances formelles de 1960 ont masqué le maintien d'une domination néocoloniale systématique. Derrière les drapeaux nationaux et les hymnes souverains, la France a conservé le contrôle des leviers essentiels du pouvoir : bases militaires permanentes, zone franc CFA sous tutelle du Trésor français, accords d'exploitation des matières premières, et surtout un réseau d'influence occulte — le « réseau Foccart » — qui a installé et maintenu des dictateurs complaisants. La Françafrique est le plus long scandale de la République : un système de prédation mutuelle entre élites parisiennes et africaines, au détriment des peuples.
Sources
- [1]Source officielleBiais : institutionnel
- [2]
Charles-Robert Ageron — La décolonisation française
Source académiqueCharles-Robert Ageron
Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources