Dissolution de l'Assemblée nationale
Dissolution de l'Assemblée nationale par Mitterrand après sa réélection pour obtenir une majorité parlementaire favorable.
Initiative politique : présidentielle
Acteurs et rôles documentés : François Mitterrand (président de la République), Michel Rocard (Premier ministre).
Mitterrand explique son choix de dissoudre après le constat de Rocard : il ne peut réunir une majorité stable. Il décrit une décision politique motivée, au-delà de la signature du décret.
- Déclaration présidentielle, 14 mai 1988
dans la situation présente, je ne connais qu’une réponse : que le peuple décide et tranche. C’est celle que j’ai choisie
Attribution revue le 2026-10-12.
Description
Quatre jours après la nomination de Michel Rocard comme Premier ministre, François Mitterrand prononce la dissolution de l'Assemblée nationale le 14 mai 1988. L'Assemblée sortante, élue en mars 1986 lors de la victoire de la droite, avait produit deux ans de cohabitation avec Jacques Chirac. Mitterrand, réélu le 8 mai avec 54,02 % des voix face à Chirac, entend disposer d'une majorité parlementaire pour gouverner. La dissolution est un acte constitutionnel classique après une élection présidentielle en situation de cohabitation. Les élections législatives des 5 et 12 juin 1988 donnent une majorité relative au PS (275 sièges sur 577), insuffisante pour une majorité absolue. Cette situation inédite oblige le gouvernement Rocard à négocier texte par texte avec les centristes ou les communistes, inaugurant un style de gouvernement fondé sur l'ouverture et le compromis. Rocard nomme plusieurs personnalités centristes dans son second gouvernement.
Contexte
Mitterrand vient d'être réélu face à Chirac avec 54 % des voix. La cohabitation 1986-1988 a montré les limites du partage de l'exécutif. La dissolution est une prérogative présidentielle inscrite à l'article 12 de la Constitution.
Texte officiel consolidé
Vérifié le 19 septembre 2026- Identifiant Légifrance
- JORFTEXT000000314310
Chaîne d'impact
Effets mesurés
Effets positifs
2Fin de la cohabitation et retour à une concordance entre majorité présidentielle et parlementaire
Fiabilité hauteMesure : 1988-06-12Dissolution de l'Assemblée nationale, 14 mai 1988 agent en rechercheLégitimation démocratique du programme présidentiel par le renouvellement de la représentation nationale
Effets négatifs
1Majorité relative du PS (275 sièges sur 577) rendant le gouvernement dépendant d'alliances au cas par cas avec les centristes ou les communistes
Fiabilité hauteMesure : 1988-06-12Assemblée nationale — Résultats des élections législatives de juin 1988 agent en recherche
Effets de bord
1La majorité relative inaugure un style de gouvernement Rocard fondé sur l'ouverture, le compromis et l'usage fréquent de l'article 49-3
Fiabilité hauteMesure : 1988-07-01La Voix du Nord — Législatives en 1988 : une majorité relative pour Mitterrand et 39 recours au 49.3
Analyses contradictoires
Pour
La dissolution était constitutionnellement logique et démocratiquement nécessaire pour mettre fin à la cohabitation et permettre au président réélu de mener sa politique. Le scrutin a confirmé la volonté de changement des Français.
Contre
La dissolution n'a pas produit la majorité absolue espérée, traduisant un soutien populaire en demi-teinte pour le programme mitterrandien. Le PS aurait dû chercher des alliances programmatiques stables plutôt que de miser sur un plébiscite.
Sources
- [1]
Décret du 14 mai 1988 portant dissolution de l'Assemblée nationale
Source officielle - [2]
La dissolution de l'Assemblée nationale, une arme présidentielle
Source officielle
Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources