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Création du revenu minimum d'insertion (RMI)

Création d'un revenu minimum garanti pour toute personne de plus de 25 ans, associant allocation et contrat d'insertion.

Rattachement présidentiel : François Mitterrand
Gouvernement de rattachement : Michel Rocard

Initiative politique : présidentielle

Acteurs et rôles documentés : François Mitterrand (candidat puis président de la République en 1988), Michel Rocard (Premier ministre), Lionel Stoléru (secrétaire d’État chargé du Plan).

Mitterrand reprend le revenu minimum dans son programme de 1988 ; l’historique DREES relie ce choix à la loi créant le RMI. Rocard et son gouvernement élaborent le texte. Les expérimentations locales et le rapport Wrésinski précèdent cet engagement présidentiel.

Attribution revue le 2026-10-12.

Comment l’initiative est-elle établie ?
Promesse tenue

Description

La loi du 1er décembre 1988 crée le revenu minimum d'insertion (RMI), première prestation sociale universelle sous condition de ressources en France. Toute personne de plus de 25 ans résidant en France et dont les revenus sont inférieurs à un seuil fixé par décret (environ 2 000 francs par mois pour une personne seule) a droit à une allocation différentielle. L'originalité du dispositif réside dans le couplage entre un droit à un revenu minimum et un devoir d'insertion : chaque bénéficiaire signe un contrat d'insertion avec les services sociaux départementaux. Le RMI est financé par l'ISF rétabli la même année. Michel Rocard en fait le texte emblématique de son gouvernement. Adopté à l'unanimité de l'Assemblée nationale (unanimité rarissime), le RMI bénéficie à 407 000 allocataires dès la première année et à plus d'un million en 1992. Claude Évin, ministre de la Solidarité, et Jean-Michel Belorgey, rapporteur du texte, en sont les artisans législatifs. Le RMI sera remplacé par le RSA en 2009 sous Nicolas Sarkozy, mais le principe d'un revenu minimum garanti est désormais acquis dans le modèle social français.

Contexte

La « nouvelle pauvreté » est un phénomène croissant dans la France des années 1980, avec l'apparition des « nouveaux pauvres » et des sans-abri. ATD Quart Monde et le père Joseph Wresinski militent depuis des années pour un revenu minimum. Le rapport Wresinski au Conseil économique et social (1987) a posé les bases intellectuelles du RMI.

Parcours institutionnel

Navette Assemblée — Sénat

  • Première chambre saisie : Assemblée nationale
  • Lectures : 4
  • Durée dépôt → promulgation : 59 jours
  • Commission mixte paritaire : réunie, accord
  • Accord en commission mixte paritaire
  • Dossier législatif (senat.fr)

La couche institutionnelle est décrite dans Institutions.

Texte officiel consolidé

Vérifié le 13 avril 2026
Identifiant Légifrance
LEGITEXT000006069024_05-02-1995
Publication au JORF
03 décembre 1988
Consulter sur LégifranceSource opposable · PISTE / DILA

Chaîne d'impact

Réforme

Création du RMI

décembre 1988

Chaînage législatif

2009remplacement

Le RMI est remplacé par le revenu de solidarité active (RSA) créé par Martin Hirsch sous Nicolas Sarkozy, intégrant un mécanisme d'intéressement au retour à l'emploi.

→ (fiche non identifiée)

Promesse d'origine

« Instaurer un revenu minimum garanti pour les plus démunis »

Source : Lettre à tous les Français, François Mitterrand, avril 1988

Écart entre promesse et réalisation

Promesse tenue intégralement. Le RMI est voté dès décembre 1988, six mois après l'élection.

Effets mesurés

Effets positifs

3
  • 407 000 allocataires dès la première année, plus d'un million en 1992, offrant un filet de sécurité minimal aux plus démunis

    Nombre d'allocataires du RMI
    0 allocataires407000 allocataires
  • Reconnaissance d'un droit universel à un revenu minimum, innovation majeure dans le modèle social français

    Fiabilité hauteMesure : 1989-01-01Serge Paugam (préface de Dominique Schnapper) — La disqualification sociale : essai sur la nouvelle pauvreté agent en recherche
  • Vote à l'unanimité de l'Assemblée nationale, démontrant un consensus transpartisan sur la nécessité d'un filet de sécurité sociale

    Fiabilité hauteMesure : 1988-12-01Compte rendu intégral des débats — Assemblée nationale, première séance du jeudi 1er décembre 1988 (9e législature, session ordinaire 1988-1989) agent en recherche

Effets négatifs

2
  • Volet insertion insuffisamment mis en œuvre : seul un tiers des allocataires signent effectivement un contrat d'insertion dans les premières années

    Taux de contrats d'insertion signés
    100 % des allocataires33 % des allocataires
    Fiabilité hauteMesure : 1992-12-31Commission nationale d'évaluation du revenu minimum d'insertion ; P. Vanlerenberghe (président), P. Sauvage (rapporteur) — R.M.I. : le pari de l'insertion — La Documentation française, 1992, 409 p. · ISBN 978-2-11-002770-2 référence bibliographique
  • Critiques sur les effets désincitatifs au retour à l'emploi et les « trappes à inactivité »

    Fiabilité moyenneMesure : 1992-01-01Guy Laroque, Bernard Salanié — Une décomposition du non-emploi en France agent en recherche

Effets de bord

1
  • Le RMI ouvre la voie à une logique de minima sociaux qui sera étendue avec la CMU (1999) et la CMUC, puis transformée en RSA (2009)

    Fiabilité hauteMesure : 2009-06-01Martin Hirsch — Secrets de fabrication

Analyses contradictoires

Pour

Le RMI est une avancée civilisationnelle qui reconnaît à chaque être humain le droit de vivre dignement. Voté à l'unanimité de l'Assemblée nationale — fait rarissime sous la Ve République —, il a offert un filet de sécurité à 407 000 personnes dès la première année et à plus d'un million en 1992. Inspiré par le combat du père Wresinski et d'ATD Quart Monde, le RMI a posé le principe fondamental qu'aucun citoyen ne devrait tomber en dessous d'un seuil de dignité. Le couplage allocation-insertion était une innovation sociale qui a inspiré de nombreux pays européens. [Données factuelles : 407 000 allocataires dès la première année, plus d'un million en 1992, offrant un filet de sécurité minimal aux plus démunis : 0 → 407000 allocataires.]

Source officielleJean-Michel Belorgey (rapporteur) — Rapport fait au nom de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales sur le projet de loi relatif au revenu minimum d'insertion (n° 161) agent en recherche(centre-gauche)

Contre

Le RMI a créé une trappe à pauvreté institutionnalisée. Seul un tiers des allocataires ont effectivement signé un contrat d'insertion, rendant le volet « I » du RMI largement fictif. Le différentiel entre le RMI et le SMIC (insuffisant pour couvrir les coûts du retour à l'emploi : transports, garde d'enfants, habillement) a enfermé des centaines de milliers de personnes dans l'assistanat de longue durée. En 2008, le nombre d'allocataires du RMI atteignait 1,15 million, preuve que le dispositif n'a pas fonctionné comme un tremplin vers l'emploi mais comme un filet dont on ne sort pas.

Source académiqueFrançois Ewald — L'État providence — Bernard Grasset, 1986 · ISBN 2-246-30731-7 · notice référence bibliographique(droite)

Chaînage législatif

Modifiée par

  • remplacement
    creation-rsa-2009 (fiche non identifiée)

    Le RMI est remplacé par le revenu de solidarité active (RSA) créé par Martin Hirsch sous Nicolas Sarkozy, intégrant un mécanisme d'intéressement au retour à l'emploi.

Cette réforme a été abrogée par : creation-rsa-2009 (fiche non identifiée)

Sources

Données disponibles (9/9)
Texte officiel2+ sourcesSource avec lienEffets positifsEffets négatifsAnalyse pourAnalyse contrePromesse tracéeChaînage législatif

Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel

727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources