Politique du franc fort et désinflation compétitive continuée
Poursuite de la politique du franc fort arrimé au mark allemand et de la désinflation compétitive initiée sous Fabius.
Initiative politique : non documentée
⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.
Comment l’initiative est-elle établie ?Description
Le gouvernement Rocard poursuit et approfondit la politique de franc fort et de désinflation compétitive héritée des gouvernements Mauroy-3 et Fabius. Pierre Bérégovoy, ministre de l'Économie et des Finances (1988-1992), en est l'artisan principal. La stratégie repose sur le maintien d'un taux de change élevé du franc par rapport au mark allemand dans le cadre du Système monétaire européen (SME), la maîtrise de l'inflation (ramenée à 3,1 % en 1989 puis 2,4 % en 1991), et la rigueur budgétaire. Bérégovoy obtient que l'écart d'inflation avec l'Allemagne se réduise à moins d'un point, condition nécessaire à la crédibilité du franc dans le SME. Cette politique prépare la convergence monétaire préalable à l'Union économique et monétaire prévue par le traité de Maastricht. Cependant, elle maintient des taux d'intérêt réels élevés qui pèsent sur l'investissement et contribuent à la montée du chômage.
Contexte
La politique du franc fort est menée depuis le tournant de la rigueur de 1983. La France veut démontrer sa crédibilité monétaire face à l'Allemagne pour être un partenaire égal dans la future union monétaire. La chute du mur de Berlin (1989) et la réunification allemande (1990) compliquent l'équation en poussant les taux allemands à la hausse.
Chaîne d'impact
Réforme
Franc fort Rocard
juillet 1988
Aucun effet de bord documenté
Effets mesurés
Effets positifs
2Convergence de l'inflation française avec l'inflation allemande, passant de 3,1 % en 1989 à 2,4 % en 1991
Taux d'inflation annuel3.1 %2.4 %Crédibilité accrue de la France dans les négociations sur l'Union économique et monétaire
Effets négatifs
2Taux d'intérêt réels élevés pesant sur l'investissement et contribuant à la montée du chômage, qui passe de 9 % à 10,2 % entre 1988 et 1991
Taux de chômage BIT9 %10.2 %Pression sur les salaires réels pour maintenir la compétitivité-coût, pénalisant le pouvoir d'achat des ménages
Fiabilité hauteMesure : 1991-12-31OFCE, groupe de sept économistes — La désinflation compétitive, le mark et les politiques budgétaires en Europe — Seuil, 1992 · ISBN 978-2-02-015899-2 référence bibliographique
Analyses contradictoires
Pour
La politique du franc fort a permis à la France de participer à la création de l'euro sur un pied d'égalité avec l'Allemagne. Sans cette discipline monétaire, la France aurait été marginalisée dans la construction européenne. [Données factuelles : Convergence de l'inflation française avec l'inflation allemande, passant de 3,1 % en 1989 à 2,4 % en 1991 : 3.1 → 2.4 %.]
Contre
La politique du franc fort a sacrifié l'emploi et la croissance sur l'autel de la convergence monétaire européenne. Les taux d'intérêt réels élevés ont détruit des centaines de milliers d'emplois industriels et accéléré la désindustrialisation. [Données factuelles : Taux d'intérêt réels élevés pesant sur l'investissement et contribuant à la montée du chômage, qui passe de 9 % à 10,2 % entre 1988 et 1991 : 9 → 10.2 %.]
Sources
- [1]
Rapport annuel de la Banque de France — Banque de France, 1990 · notice référence bibliographique
Source officielle - [2]
INSEE — Rapport sur les comptes de la Nation 1991 : une année en demi-teinte — INSEE, 1992, 280 p. · ISBN 978-2-11-065984-2 référence bibliographique
Données publiquesINSEE
Source de vérification : Vie-publique.fr
727 fiches de réforme dans le corpus. Les sources et niveaux de vérification varient selon les fiches. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources