Développement de la force de dissuasion nucléaire (1963-1966)
Loi de programmation militaire finançant le développement de la force de frappe nucléaire stratégique française.
Initiative politique : non documentée
⚠️ Le rattachement à un président et à un gouvernement situe la décision dans le corpus. Il ne permet pas, à lui seul, d’identifier qui l’a initiée.
Comment l’initiative est-elle établie ?Description
La loi de programmation militaire 1960-1966 (modifiée en 1964) consacre des moyens considérables au développement de la force de dissuasion nucléaire française, pilier de l'indépendance nationale voulue par de Gaulle. Cette période voit la mise en service opérationnelle des Mirage IV, bombardiers stratégiques capables d'emporter la bombe atomique (première unité opérationnelle en octobre 1964), et le lancement du programme de missiles balistiques sol-sol sur le plateau d'Albion. Les essais nucléaires se poursuivent dans le Sahara puis sont transférés en Polynésie française (à partir de 1966 à Mururoa et Fangataufa). La France procède à son premier essai thermonucléaire (bombe H). Le programme absorbe une part considérable du budget de la défense (environ un tiers) au détriment des forces conventionnelles, choix critiqué par les atlantistes qui considèrent que seul le parapluie américain est crédible face à l'arsenal soviétique.
Contexte
La France a réalisé son premier essai nucléaire au Sahara le 13 février 1960. De Gaulle refuse la dépendance envers le parapluie nucléaire américain et veut doter la France d'une capacité autonome de dissuasion tous azimuts. La crise de Cuba (1962) a renforcé la conviction gaullienne.
Texte officiel consolidé
Vérifié le 10 octobre 2026- Identifiant Légifrance
- JORFTEXT000000693653
- Publication au JORF
- 01 janvier 1963
Chaîne d'impact
Réforme
Force de frappe
janvier 1963
Promesse d'origine
« De Gaulle a fait de la force de frappe le fondement de l'indépendance nationale dès son retour au pouvoir. »
Source : Discours du 3 novembre 1959 à l'École militaire
Écart entre promesse et réalisation
Le programme est mené conformément aux engagements, malgré son coût considérable.
Effets mesurés
Effets positifs
1La France devient la troisième puissance nucléaire occidentale, dotée d'une capacité de dissuasion crédible
Effets négatifs
1Coût considérable pesant sur le budget conventionnel de la défense et sur les finances publiques
Part du budget défense consacrée au nucléaireFiabilité hauteMesure : 1965-12-31Revue Défense Nationale (cahiers) — Histoire des Lois de programmation militaire (LPM)
Effets de bord
1Conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires au Sahara et en Polynésie
Fiabilité hauteMesure : 2010-12-31Christian Bataille, Henri Revol — Les incidences environnementales et sanitaires des essais nucléaires effectués par la France entre 1960 et 1996 et éléments de comparaison avec les essais des autres puissances nucléaires agent en recherche
Analyses contradictoires
Pour
La force de dissuasion nucléaire a garanti l'indépendance stratégique de la France et lui confère un statut de grande puissance militaire, avec un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU appuyé par une capacité militaire crédible.
Contre
La force de frappe a été un gouffre financier qui a affaibli les forces conventionnelles françaises et n'a jamais constitué une dissuasion crédible face à l'arsenal soviétique, seul le parapluie américain étant réellement dissuasif.
Sources
- [1]
Lucien Poirier — Des stratégies nucléaires — Hachette, 1977, 393 p. · ISBN 978-2-01-003644-6 référence bibliographique
Source académiqueLucien Poirier - [2]
La dissuasion nucléaire française
Source officielleBiais : institutionnel
Source de vérification : Légifrance — Voir le texte officiel
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